Trouver l'enfant

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lundi 09 décembre

Contenu

Roman - Policier

Trouver l'enfant

Social - Enlèvement - Rural MAJ samedi 16 mars 2019

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21,8 €

Rene Denfeld
The Child Finder - 2017
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Pierre Bondil
Paris : Rivages, janvier 2019
298 p. ; 23 x 16 cm
ISBN 978-2-7436-4604-2
Coll. "Noir"

Blessures de l'enfance

Naomi Cottle a été kidnappée et ne se souvient pas de son enfance. Elle a été élevée avec un autre enfant perdu par une vieille dame qui meurt au milieu de ce livre. Mais cette enfance perturbée a décidé de sa vocation. Malgré une difficulté à se lier et à faire confiance aux autres, elle est devenue une "chercheuse d'enfants", une détective privée spécialisée dans le fait de retrouver, vivants ou morts, les enfants qui ont disparu. Au début de cette intrigue qui initie une série, elle est appelée par un couple désespéré qui vient de perdre sa petite Madison dans les montagnes enneigées de l'Oregon. Alors Naomi Cottle débarque et entame ses recherches avec l'aide du shérif local, même si elle se méfie de ce dernier. Mais tout est compliqué dans ce coin où l'habitat est très dispersé dans les montagnes, difficile d'accès, et où toutes les propriétés et cabanes ne sont pas forcément répertoriées. Cependant, la chercheuse d'enfants a la foi et l'espoir chevillés au corps, et malgré les fausses pistes elle est certaine d'arriver au but qu'elle s'est fixé.
Comme ce roman de Rene Denfeld se veut le début d'une série, en plus de l'intrigue proprement dite, elle en profite pour mettre en place des détails sur le personnage central, ses doutes et ses motivations, et ouvre des pistes pour les romans à venir. On découvre donc ses relations avec l'autre enfant qui a été adopté et est son compagnon d'enfance, la présence lors de son enlèvement d'une autre fille qui est peut-être sa sœur et dont des souvenirs lui reviennent par brides. Le roman n'est également pas linéaire, mais nous allons suivre en alternance la manière dont Naomi Cottle procède pour essayer de découvrir les enfants et la façon dont justement la petite Madison, coincée par son kidnappeur, tente de préserver sa santé mentale et se découvre des ressources insoupçonnées pour survivre. Quelques pages montrent également le ravisseur et ses propres pensées ainsi que son passé qui explique aussi la raison de son action. Trouver l'enfant choisit surtout un angle original. Certes, il y a une intrigue policière et un suspense pour savoir si l'enfant sera retrouvé, mais l'essentiel n'est pas dans une recherche des bas instincts. On comprend bien que Madison subit des traumatismes (et que son tortionnaire a lui-même été victime d'un autre prédateur sexuel), mais l'auteure considère que le lecteur sera capable de comprendre sans rien montrer, par petite allusions fines et discrètes, par des moments où l'on saisit l'horreur sans qu'aucun mot violent ni traumatisant ne soit prononcé. De ce point l'illustration de la couverture représente bien ce moment puisqu'il s'agit d'une petite fille, habillée d'un manteau rouge, et entourée de chiens de traîneau, presque de loups, comme si nous étions dans un conte pour enfants (d'ailleurs, pour s'en sortir, la petite fille se dédouble en personnage de contes de fées) et depuis Bruno Bettelheim on sait que les contes de fées sont à la fois sexués et essaient de prévenir contre les dangers justement de cette sexualité. Le récit oscille donc entre cette foncière obscénité possible de l'homme, entre sa prédation naturelle (présentée ici, quasiment dans son caractère naturel car l'essentiel du récit se déroule au milieu des paysans et des trappeurs d'une région encore profondément rurale et agricole) et l'empathie nécessaire pour former un lien, pour fonder une société que les hommes ont inventée (vue à travers le portrait d'un policier, d'une famille vivant dans les bois, d'un épicier perdu avec son magasin au milieu de la forêt) pour créer un univers attachant et une série dont on suivra avec bienveillance et curiosité la suite.

Citation

Cela s'était passé en un rien de temps, lui avaient-ils raconté. Une minute Madison Culver était là, la suivante elle avait disparu.

Rédacteur: Laurent Greusard samedi 16 mars 2019
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