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Contenu

Roman - Policier

Art et décès

Humoristique - Huis-clos - Artistique MAJ vendredi 19 avril 2019

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18,5 €

Sophie Hénaff
Paris : Albin Michel, mars 2019
316 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-226-44102-7
Coll. "Thrillers"

Et pourtant elle tourne

Le principe de base est simple : pour diverses raisons, afin de faire apparaître les statistiques de la police sous un jour plus favorable, les policiers les plus problématiques sont regroupés dans une brigade particulière qui sera surnommée les poulets grillés (d'où le titre générique de la série concoctée par Sophie Hénaff qui en est ici à son troisième volet). Anne Capestan est normalement à la tête de cette unité mais elle est actuellement en congé maternité. Il lui tarde pourtant de reprendre du service et l'enquête qui s'annonce va lui permettre de remettre le pied à l'étrier. En effet, l'une des principales suspectes du meurtre qui vient d'être perpétré n'est autre qu'Eva Rosière, l'une de ses adjointes, qui alterne le métier de policière avec celui de romancière et scénariste (là où c'est pénible pour ses supérieurs, c'est que tout le monde se reconnaît dans les portraits d'inspecteurs ou de chefs qu'elle décrit dans ses romans). C'est d'ailleurs autour du cinéma que va tourner cette intrigue. Eva s'est disputée avec le metteur en scène du film tourné d'après son scénario et, lorsqu'il est retrouvé mort dans sa loge, c'est forcément vers elle que les soupçons se dirigent. Pourtant, peu à peu, au vu des différents indices et mobiles possibles, les coupables potentiels se multiplient : acteurs qui voudraient casser leur contrat, techniciens exploités ou en conflit, producteurs associés démoralisés, etc. À tel point que finalement, sans même se rendre compte que ce sont eux les personnages sources du film, les policiers vont remplacer les comédiens pour que, sous la houlette d'Eva devenue réalisatrice, le film se tourne. Comme le titre du roman et le titre générique de la série le soulignent, Art et décès veut se situer dans la ligne humoristique de la littérature policière, illustrée en France par d'anciens auteurs comme Charles Exbrayat. Sophie Hénaff joue de façon savoureuse sur les différents registres du comique  : comique de situations (les policiers qui jouent un film dont ils sont l'adaptation sans s'en rendre compte), comique sur les stéréotypes du genre et des personnages (le producteur avare, la star bimbo qui est en fait intelligente, l'ingénieur du son sourd), comique de répétition (la commissaire mène l'enquête avec son bébé qui rampe sur les lieux et essaie de manger les indices). En s'appuyant sur ces formes du comique et sur un crime en vase clos avec une multiplicité de suspects, dans une enquête qui, malgré les meurtres, reste bon enfant, Art et décès continue la série de Sophie Hénaff dans la même veine que les deux précédents. C'est agréable, et ça change des romans du genre même si, il faut l'avouer, ça ronronne quand même un peu.

Citation

Tom Dicale en resta comme deux ronds de flan et Saint-lô saisit l'occasion de se ruer sur lui, de le jeter au sol et de le menotter. Une expression de mâle victoire au front, il rabattit sa chevelure de mousquetaire et se lissa la moustache.

Rédacteur: Laurent Greusard vendredi 19 avril 2019
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