En attendant Boulez

La machine a cela de merveilleux : elle ne se met pas en colère lorsqu'elle répète pour la troisième fois, tournez à droite, sa voix égale, sans émotion, arrive au bout du compte toujours à retrouver la direction et à vaincre toutes les résistances. Elle ne juge pas, elle guide. C'est ce que je lui demande. Si nous pouvions prendre modèle sur cette neutralité bienveillante pour éduquer nos jeunes.
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lundi 23 septembre

Contenu

Roman - Policier

En attendant Boulez

Social - Scientifique - Artistique MAJ mercredi 21 août 2019

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19 €

Yann Ollivier
Paris : Plon, mai 2019
382 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-259-27784-6

La musique adoucit les meurtres

Grande nouvelle dans le monde des arts. Une multinationale vient de mettre au point un programme informatique intelligent qui peut créer des symphonies, des opéras, des oratorios, etc., le tout simplement à la demande. Nommé Chopart, car il conjugue les talents de Chopin et Mozart, ce programme va voir sa première interprétation lors d'un concert à la Philharmonie de Paris. Tout le monde s'angoisse entre les manifestations des pro et des anti. La tension monte lorsque, à quelques minutes du concert, on s'aperçoit que la pianiste chinoise, une nouvelle prodige, n'apparaît pas pour jouer la partition. Heureusement, une jeune femme, Camille, qui connait la partition, la remplace au pied levé. Ce pourrait n'être qu'une péripétie sans gravité si on ne retrouvait pas dans le cocktail qui suit au milieu du gigantesque pain surprise la tête de la concertiste chinoise. Camille pourrait faire une suspecte de premier choix, mais elle est si fragile et jolie... Fan de musique et première sur les lieux, Jade Valois se trouve chargée de l'enquête au côté de Brana, son supérieur, un homme un peu obtus et macho, aux méthodes rudes. Diverses pistes s'offrent à eux, mais les choses se compliquent lorsque d'autres meurtres interviennent et semblent montrer que le tueur en veut à ce système informatique et à ses œuvres. Tout devient encore plus complexe quand les services secrets chinois se mêlent de l'affaire et que Brana disparaît mystérieusement après avoir essayé de s'introduire dans un de leurs locaux.
Les connaisseurs discerneront peut-être quelques clés dans les personnages de ce roman qui tourne autour des milieux assez fermés de la musique classique, entre compositeurs contemporains, amateurs éclairés qui se croisent dans les studios de France Musique et cocktails mondains, où surgissent des happening de peinture. Des références à Gaston Leroux et son Fantôme de l'Opéra ponctuent ce roman qui décrit, à partir d'une situation de base claire (le remplacement à venir des activités artistiques par les programmes informatiques) en offrant une histoire policière classique. Cette idée de départ et la description d'un milieu que l'auteur connaît bien prend un peu le pas sur la partie policière, sauvée par un détective privé particulièrement nul et des Chinois plus angoissants que ceux qui passent leur temps à mourir dans Les Barbouzes. Le personnage de l'inspectrice, coincée entre son goût de la musique qui lui fait parfois plus s'intéresser aux compositions qu'à la recherche de la vérité et dont les émois amoureux contrecarrent parfois la surveillance des suspects, constitue un contrepoint drôlatique à une intrigue légère mais troussée comme un aria déroulé de bonne façon.

Citation

Et cette tête se balançait comme un pendule sous la main de l'agent d'artistes qui en serrait convulsivement une grande mèche de cheveux d'un noir ténébreux.

Rédacteur: Laurent Greusard mercredi 21 août 2019
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