L'Affaire Domissini

Je me retrouvais seul avec les quatre statues [du palais de Justice] : la force, avec une colonne dans la main, prête à intervenir ; la tempérance avec sa carafe de vin en guise de consolation quand le procès était perdu en dernière instance et qu'il n'y avait plus aucun raison d'être abstinent ; la justice, avec sa balance et son glaive, la balance dans laquelle les avocats mesuraient leurs contributions en pièces d'or et le glaive avec lequel ils frappaient ceux qui osaient contester leurs calculs ; et, tout à l'est, la sagesse, avec un serpent et un livre, empoisonnée par la connaissance, manifestement.
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Contenu

Roman - Policier

L'Affaire Domissini

Enquête littéraire - Assassinat - Faits divers MAJ lundi 09 décembre 2019

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18,5 €

Jacques Hiron
Paris : L'Harmattan, octobre 2019
182 p. ; illustrations en noir & blanc ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-343-18554-5
Coll. "Noir"

André Héléna détective

C'est un roman tout à fait spécial que nous livre Jacques Hiron. Spécialiste de la région de Leucate, il a connu le célèbre auteur de romans populaires André Héléna. "Né à Narbonne, il habitait à Paris mais passait chaque été à Leucate, dans l'Aude, le pays de sa mère." Là, il avait sa table au café à cinquante mètres de chez lui, où il pouvait poser sa machine à écrire et surtout siroter les (très très) nombreux pastis avec ses potes du coin. En 1954, une femme est trouvée noyée dans l'étang de Leucate, une très vaste étendue avec des hauts fonds importants. On conclut au suicide mais André Héléna n'y croit pas. Il mène sa petite enquête et publie deux articles argumentés dans le quotidien L'Indépendant, le 31 juillet 1954 puis le 2 août. À partir de cette affaire authentique avec les articles reproduits, Jacques Hiron imagine l'enquête d'André Héléna débouchant sur le passage d'une bande de tueurs en lien avec des contrebandiers de cigarettes. La femme noyée aurait entendu des propos compromettants, deux ans auparavant, propos pouvant faire lien avec l'Affaire Gaston Domissini ! L'auteur prend ses précautions en déformant à peine le nom de Gaston Dominici, paysan de Lurs dans les Alpes-de-Haute-Provence, accusé d'avoir tué le savant Drummond (ici Drewmond), sa femme et sa fille de huit ans qui faisaient du camping sur ses terres. Ce changement de nom indique que nous sommes dans une fiction. De fait, parmi les nombreuses hypothèses énoncées lors de cette affaire, celle d'un complot politique était présente. Tout ceci donne une certaine chair à ce roman qui commence un peu comme un guide local. Il y a aussi des détails savoureux sur André Héléna, comme les tournées de pastis et le voyage à Paris pour se faire payer son dernier manuscrit par son éditeur escroc (authentique). Hélas, tous les dialogues sont en italiques ce qui est très perturbant pour le lecteur. De plus, ces dialogues s'obstinent à jouer sur l'argot et le popu ce qui est une faiblesse. Autre faiblesse, la résolution de l'enquête proprement dite est apportée sur un plateau d'argent à André Héléna par un contact qui rédige une longue confession (dix-sept pages !) avant de s'embarquer pour le Venezuela. Reste le personnage d'André Héléna très attachant quand même.

Citation

C'était l'heure de l'apéro, une institution à laquelle ils étaient fidèles.

Rédacteur: Michel Amelin lundi 09 décembre 2019
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