Souvenirs d'un détective à vapeur

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Nouvelle - Policier

Souvenirs d'un détective à vapeur

Enquête littéraire - Victorien - Uchronie MAJ mercredi 08 janvier 2020

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 16 €

Olav Koulikov & Viat
Bordeaux : Moltinus, décembre 2019
240 p. ; 21 x 15 cm
ISBN 978-2-490972-02-9
Coll. "Les Saisons de l'étrange"

Investigations rétrofuturistes

Londres, 3030, la perle de l'Empire anglo-russe. Jan Marcus Bodichiev, le détective le plus aguerri de la ville, démêle les affaires les plus improbables de l'Empire, et même de la France solidariste, accompagné de son fidèle assistant et biographe Viat Koulikov. Composés à partir des carnets retrouvés par Olav Koulikov après le décès de son père, dont il ignorait totalement l'activité de détective dans ses jeunes années ces Souvenirs d'un détective à vapeur (qui font suite aux Mémoires d'un détective à vapeur) nous entraînent dans l'intimité du grand détective à travers certaines de ses enquêtes les moins connues mais également de moments plus personnels.
Vous l'aurez compris à la lecture de ce résumé, on est ici en présence d'un jeu littéraire permettant de rendre hommage, de manière décalée, à tout un pan de la littérature d'investigation, mais pas uniquement. Reprenant la structure des aventures de Sherlock Holmes, auxquelles il fait d'ailleurs souvent référence, Olav Koulikov (alias André-François Ruaud), endosse le rôle d'un Conan Doyle, tandis que son père fictif prend la place d'un Watson juvénile et facétieux, auprès d'un Jan Marcus Bodichie qui, loin de se limiter à être une simple copie de Holmes, comme il en existe tant, emprunte aussi à Maigret dont il a la bonhomie, à Nero Wolfe, pour l'embonpoint, mais aussi sans doute à Sexton Blake, Harry Dickson, Blake & Mortimer, et autres détectives de l'âge d'or des fictions populaires.
Les enquêtes de Bodichiev, présentées ici sous formes de nouvelles complètes ou de simples fragments retrouvés dans une malle (les amateurs de folklore holmésien apprécieront), le conduisent de Londres à Bordeaux, Biarritz, dans la campagne anglaise ou même Saint-Francisbourg, dans un univers qui, sans être steampunk, exhale un savoureux parfum d'uchronie rétrofuturiste, où l'Empire anglo-russe domine la majeure partie du monde depuis le mariage de la Reine Victoria et de l'Empereur Constantin, tandis que subsistent des poches de contestation socialisantes comme la France, l'Italie ou le Mexique, tout ce contexte apparaissant par petites touches impressionnistes au fil des nouvelles, les colorant sans jamais prendre la place centrale. Débonnaire, Bodichiev aime se promener, observer le paysage et l'architecture, et c'est souvent à travers ses passions personnelles que lui arrivent ses missions, qu'elles l'amènent à chercher l'origine de mystérieux poissons velus dans un lac de montagne au pays de Giono, à enquêter sur une série de meurtres dans un quartier de Saint-Francisbourg construit selon les principes de Frank Lloyd Wright ou à aider Jacques Tati(chiev) à retrouver un brevet envolé.
Dépaysantes et joyeuses, les aventures de Bodichiev sont une lecture savoureuse entre deux ouvrages plus noirs, où le contexte compte souvent plus que l'intrigue elle-même, certains des fragments présentés ici entre les nouvelles étant purement atmosphériques, des moments de vie quotidienne dans l'Empire aux côtés de personnages attachants qu'on prend plaisir à suivre.

NdR - Le recueil comporte les nouvelles suivantes : "L'Affaire du lac et des poissons", "L'Affaire des menus larcins", "L'Affaire du vieil emmerdeur", La Forme d'une ville", "Le Cas de la pluie de sang", Les Trafiquants de couleur" & "Notes et fragments".

Citation

Si Bodichiev s'était contenté de laisser parler ses interlocuteurs, sans s'exprimer lui-même sur les mérites d'un régime politique plutôt que d'un autre ; il voyait amusé, du coin de l'œil, que Viat ne faisait pas montre de la même retenue. Pas mécontent d'abandonner sa lecture d'un rébarbatif essai théosophique, Viat avait lui aussi réuni une cour de marchands français. Et comme il était notoirement dépourvu de flegme, le ton y avait été nettement plus polémique. On gesticulait au milieu des sièges, on argumentait en mauvais anglo-russe et en français hésitant, on prêchait qui pour le solidarisme, qui pour le capitalisme impérial.

Rédacteur: Jean-François Micard mercredi 08 janvier 2020
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