Ce qui reste de candeur

L'été, ça ne révolte pas grand-monde que les SDF dorment sur le trottoir. Mais quand les températures chutent, on déclenche des plans d'urgence à la hâte. Parce qu'un type — ou une nana — surgelé sur le pavé, ça la fout mal. Ça donne mauvaise conscience à ceux qui vont honnêtement gagner leur vie.
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samedi 04 juillet

Contenu

Roman - Noir

Ce qui reste de candeur

Huis-clos - Trahison - Cavale MAJ mercredi 12 février 2020

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 17,5 €

Thierry Brun
Paris : Jigal, février 2020
192 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-37722-094-6
Coll. "Polar"

Balance et émois

Thomas Boral aurait pu avoir une trajectoire rectiligne, mais il en a décidé autrement. Il a accepté d'être le bras droit de Franck Miller, un personnage de l'ombre, aux confins du monde politique, de la finance et des affaires louches, un de ces hommes dont on voit parfois le nom lors d'un scandale d'État. Mais la police a réussi à coincer cet homme, du moins à permettre qu'il soit jugé. Et Miller a disparu pendant que Boral doit se cacher en attendant un procès au cours duquel il dénoncera son chef et évitera ainsi la prison, pouvant même jouir de l'argent qu'il aura récupéré. Donc, Boral s'est réfugié dans une petite maison et attend, surveillant ses arrières. Mais c'est compter sans Delphine, la femme d'un voisin garagiste, une belle plante aux jupes virevoltantes et à la cuisse légère. Boral se laisse tenter, mais le mari est jaloux, l'épouse volage et, en se dévoilant, Boral risque d'attirer l'attention de Miller qui pourrait chercher à se débarrasser d'un témoin plus que gênant à son futur procès, s'il sait où le trouver. À l'inverse, le policier qui a en charge la surveillance de Boral se dit que l'occasion est belle de piéger Miller s'il s'approche de trop près. Et à côté des "affreux" (policiers ou truands), les honnêtes gens comme Delphine ou son mari ont peut-être des idées derrière la tête...
Voilà donc un récit court de Thierry Brun sur un thème que l'on peut qualifier de classique avec un personnage qui doit témoigner contre son chef et se cache en attendant le procès. Tout est un piège potentiel, une mort prévisible. Chaque porte qui s'entrouvre pourrait être celle qui laissera passer un revolver. S'appuyant sur cette atmosphère pesante, le personnage central doit également composer avec des histoires de cœur et de cul complexes, des policiers pas forcément francs du collier, et des gendarmes qui ont du mal à supporter ce gangster qu'ils sont obligés de protéger même s'il déroge à la loi. Tout est donc tension, violence sous-jacente, rendue avec soin et force par un auteur qui écrit au millimètre, montre la fatigue des corps, la difficulté à se débarrasser d'un corps, la mort peu glorieuse. Dès les premières lignes, Thierry Brun joue avec le cliché en présentant son personnage prêt à se suicider, comme un prélude à cette mort annoncée de la "balance", et parvient très bien à maintenir la distance de cette intrigue noire où chaque pas pour y échapper renvoie les personnages vers une issue fatale, comme un poisson qui se débat au bout de l'hameçon.

Citation

À genoux contre la baignoire, le menton posé sur le rebord glacé, je m'étais essayé à faire le vide, à ne pas visualiser cette balle, à quelques centimètres de mon cerveau, qui allait subir une percussion, briser l'os de mon crâne et tout détruire sur son passage.

Rédacteur: Laurent Greusard mercredi 12 février 2020
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