Les Amis du crime parfait

La fraude est un vol, exactement comme si elle était commise en plein jour et qu'on vous pointe un couteau sous la gorge. Certes, il n'y a pas de peur physique, mais on oublie ou on néglige le sentiment de choc et de trahison.
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mercredi 19 décembre

Contenu

Roman - Policier

Les Amis du crime parfait

Social - Pastiche MAJ vendredi 18 décembre 2009

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21,5 €

Andrés Trapiello
Los Amigos del crimen perfecto - 2003
Traduit de l'espagnol par Caroline Lepage
Paris : Quai Voltaire, octobre 2009
364 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-7103-3149-0

Madrid, un 23 février 1981

Les Amis du crime parfait est le nom d'une curieuse association. À Madrid, dans un café, se réunissent en effet des hommes, des femmes, qui se sont appropriés l'identité d'un détective privé de fiction pour discuter et surtout s'évader d'un monde bancal. Nous sommes le 23 février 1981. L'Espagne est en ébullition. Le jeune Juan Carlos, voit son trône menacé. L'ombre de Franco, six ans après sa mort, continue de planer. Et elle va faire une victime de taille : les Amis du crime parfait ou ACP. Car chacun va alors suivre des voies différentes.
Paco Cortes, l'âme des ACP, a pour "nom de code" Sam Spade. À l'origine, c'est un écrivain de romans policiers populaires. De ceux qu'on paie à la ligne. Mais, dès le début de cette histoire, il se fâche avec son coquin d'éditeur et décide de ne plus écrire. Paco Cortes aimerait vivre à nouveau avec sa femme et son enfant, mais Paco Cortes, coureur de jupon, est du genre franc du collier et l'a mortellement blessée et plus encore mortellement trahie. Il va se retrouver mêlé au meurtre de son beau-père, un flic, un vrai de vrai au passé trouble autant que zélé à l'époque du franquisme, et au sang chaud. Ainsi, le beau-père avait juré sur la place publique qu'il ferait la peau à son infidèle de gendre.
Si Paco Cortes veut s'en sortir, alors Sam Spade doit enquêter. Se posent alors les éternelles questions du pourquoi et du comment. Et la source du mal se trouve bien normalement dans les blessures du passé.

Andrès Trapiello n'est pas un auteur de romans policiers. Avec Les Amis du crime parfait, il réalise un pastiche à l'écriture stylée, brillant hommage à ses lectures. On y retrouve non seulement des détectives, mais aussi des écrivains. D'ailleurs, un des ACP se surnomme Poe. Et que dire de De Quincey cité malheureusement à l'occasion de la crémation d'une association "qui avait essayé d'établir en Espagne les premiers principes scientifiques du crime parfait, c'est à dire la prolongation d'une branche des beaux-arts, pour nommer la chose avec l'ironie de De Quincey".
Une écriture fluide, possédée par le passé proche de l'Espagne, empreinte de la culpabilité d'une scission de plusieurs décennies entre Franquistes et Républicains, et ce besoin irrépressible de faire le deuil, de sentir l'imploration du pardon dans le regard des bourreaux d'hier que l'on se retrouve à côtoyer au quotidien. Et, au milieu, des pans de vie des fois beaux souvent moches. Un livre complexe et simple à la fois. Comme la vie.

Nominations :
Prix Arsène Lupin 2010

Citation

Un crime était plus naturel que la manière qu'on avait d'enterrer les morts, il était bien plus inhumain de faire disparaitre un cadavre que de mettre fin à une vie.

Rédacteur: Julien Védrenne mardi 15 décembre 2009
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