Le Jour où Kennedy n'est pas mort

Les gitans ont le droit de voler, de chiner, de dire la bonne aventure, de tuer, de mentir, tout ça devant Dieu, mais julot, ça c'est infamant.
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Roman - Noir

Le Jour où Kennedy n'est pas mort

Politique - Assassinat - Complot MAJ lundi 15 juin 2020

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

Roger Jon Ellory
Three Bullets - 2019
Traduit de l'anglais par Fabrice Pointeau
Paris : Sonatine, juin 2020
438 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-35584-795-0

Où étiez-vous à ce moment-là ?

Régulièrement, un écrivain ou l'autre, un essayiste ou l'autre, est tenté de revenir sur le mystère de la mort de John Fitzgerald Kennedy, sur le complot qui a été fomenté et qui a scellé le destin du Président américain, et sur ce qui pourrait se cacher derrière, voire sur des "intrigues annexes", comme par exemple le décès de Marylin Monroe. C'est donc au tour de Roger Jon Ellory, le plus américain des auteurs anglais, de s'y pencher, mais il va le faire avec un décalage subtil et intelligent. Tout part justement de Dallas en novembre 1963. Lee Harvey Oswald est arrêté deux secondes dans la rue par une jeune journaliste, Jean et, du coup, il se retrouve bloqué et ne peut regagner son poste de tir que trop tard. La voiture du président est déjà passée. De fait, c'est bien ce point de départ qui va constituer le lien avec l'affaire en soi.
Le Jour où Kennedy n'est pas mort nous plonge en juillet 1964. La campagne démocrate pour l'investiture se déroule et Robert Kennedy est inquiet car son frère John continue, malgré sa santé flageolante, à multiplier les incartades amoureuses. Cela risque de lui coûter son élection à la convention, d'autant plus que les attaques des républicains sur la façon dont il aurait truqué l'élection présidentielle se précisent. Pourtant John, entre ses médicaments qui alternent sa perception des choses et la croyance en sa propre immunité, veut se représenter. C'est dans cette situation que va intervenir Mitch Newman, un journaliste free-lance, désespéré depuis des années de sa séparation d'avec Jean, qui n'a pas supporté qu'il s'engage comme photographe lors de la guerre de Corée. Contacté par la mère de cette même Jean, il apprend son suicide apparent. Mais elle doute. Mitch Newman commence une enquête et découvre bien des surprises : des policiers inconnus de la police (!), viennent saisir les documents de la jeune défunte, et des pressions arrivent rapidement pour qu'il interrompe ses investigations. Il s'entête et se rend à Dallas où il va rencontrer un policier qui lui conseille de se taire. Peu à peu, il va tourner autour, s'approcher de la vérité, sans bien la comprendre, mais le lecteur, lui, qui dispose d'autres scènes mettant en place les autres acteurs de cette crise, comprendra quel complot se cache derrière le suicide de la journaliste.
En décalant son intrigue temporellement, ce qui permet aussi de montrer que derrière l'image de jeune premier de Kennedy se cache un personnage plus glauque et mesquin (ce que dévoilait déjà en partie James Ellroy et de nombreux autres journalistes et écrivains), et en le plongeant dans un contexte politique plus défavorable - en 1964, pas sûr qu'il aurait été réélu -, et en situant le complot dans une optique nouvelle (intéressante et aussi logique que les autres), Roger Jon Ellory réussit son coup : dynamique, prenant, la paranoïa des grands romans ou films autour de l'affaire reviennent en force. L'auteur se permet même quelques clins d'œil, centrés en même temps sur la "défaite personnelle" de Mitch Newman, qui s'enfonce dans une quête où il apprend beaucoup sur son ex-fiancée.
Le Jour où Kennedy n'est pas mort est une très bonne surprise.

Citation

Et toi, tu fais beaucoup trop confiance. S'ils se mettent à abroger les lois raciales et à accorder aux personnes de couleur les mêmes opportunités professionnelles qu'aux blancs, c'est que ça va rapporter beaucoup d'argent à quelqu'un, crois-moi.

Rédacteur: Laurent Greusard vendredi 01 mai 2020
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