Fin de siècle

Ne tentez pas de fuir ou cet engin explosera. N'essayez pas de l'enlever. N'attirez pas l'attention. Je m'appelle Arturas.
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lundi 06 juillet

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Roman - Thriller

Fin de siècle

Social - Apocalyptique - Maritime MAJ mercredi 20 mai 2020

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19 €

Sébastien Gendron
Paris : Gallimard, mars 2020
240 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-07-286768-2
Coll. "Série noire"

Entre les requins de la finance et ceux de l'océan

À l'heure où nous avons peur d'une pandémie qui pourrait être une immense catastrophe et que l'on s'inquiète sur le côté invisible de cet ennemi, Sébastien Gendron sort, lui, un nouveau roman où l'ennemi est plus qu'apparent. En effet, pour une raison que l'on ignore une sorte de requins revenu des fins fonds de la préhistoire, le mégalodon, se répand dans les mers et il a faim. Très faim. Comme sa mâchoire est capable de croquer même des énormes vaisseaux, les mers se sont vidées de leurs humains. Comme pour le coronavirus, ce retour à une ambiance plus naturelle et écologique n'a pas empêché le capitalisme d'y trouver un nouveau moyen de s'enrichir. C'est ainsi que l'Europe a construit deux gigantesques barrières à ses deux extrémités (sur des fonds publics qui ont endetté les États), et les plus riches sont venus occuper les côtes méditerranéennes, les dernières où l'on peut encore se baigner. Mais les grands groupes capitalistes sont toujours les mêmes, et peu à peu la barrière a été privatisé et son entretien négligé. Les mégalodons vont donc pouvoir s'engouffrer dans cet espace protégé... Seule réaction, celle de la famille princière de Monaco qui veut en capturer un pour le mettre dans son musée océanographique !...
Sur cet arrière–plan, le récit va développer différents personnages, hauts en couleur, qui poursuivent leurs trajectoires comme si le danger ne les concernait pas. Sébastien Gendron raconte le tout avec légèreté, avec un humour distant et ironique qui fait passer toutes les "énormités" de son scénario digne d'un film catastrophe, car ce point de départ va voir arriver d'autres éléments tous plus catastrophiques les uns que les autres. Tout ça commençait dans le noir absolu avec un tueur en série, puis un artiste qui fait du contemporain en détruisant les œuvres d'autres auteurs contemporains (assez jouissif), puis des policiers, et ainsi de suite, bref toute une galerie qui fait rebondir l'histoire, offre différents points de vue d'un roman rapide, amusant, plus profond qu'il n'y parait et qui, sans le savoir sans doute, était d'une grande prémonition. Fin de siècle raconte comment l'Occident a décidé de foncer droit le mur et crie au manque de freins tout en appuyant sur la pédale d'accélération.
P.-S. : Comme dans les grands films comiques, il y a encore une scène après le générique final. Alors faites attention, ne refermez pas ce roman trop vite.

Citation

Alors qu'elle baisse la tête pour considérer le pot de Ben & Jerry's Blondie Brownie qui lui échappe des mains, Perdita baron a le temps d'apercevoir ce bout de lame crantée qui lui surgit du plexus.

Rédacteur: Laurent Greusard mercredi 20 mai 2020
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