La Gestapo Sadorski

Ils firent connaissance sur un site de rencontres pour divorcés. Il y affichait un profil plutôt banal - quarante-deux ans, divorcé, deux enfants, habite à Guivataïm -, et c'est ce qui la poussa à lui envoyer un message. Il avait évité les 'prêt à dévorer la vie' ou 'en pleine recherche intérieure, je compte sur toi pour me révéler à moi-même'. 1 m 77, profession libérale, bonne situation, ashkénaze. Opinions politiques néant, tout comme la plupart des autres rubriques.
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Contenu

Roman - Policier

La Gestapo Sadorski

Historique - Social - Guerre MAJ mardi 03 novembre 2020

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21 €

Romain Slocombe
Paris : Robert Laffont, octobre 2020
588 p. ; 23 x 15 cm
ISBN 978-2-221-24585-9
Coll. "La Bête noire"

À la guerre comme à la guerre

Léon Sadorski est une ordure, un salopard de la pire espèce. Inspecteur principal de la police parisienne en 1943, il traque sans scrupules pour le compte de la Gestapo juifs, résistants et terroristes. Tout en arnaquant quand il le peut ses patrons allemands pour son propre compte dès qu'il en a l'occasion. Nouvellement chargé d'une unité de policiers français gestapistes dédiésà la traque des résistants communistes, il n'hésite pas pour autant à s'inventer une identité de résistant pour pouvoir mettre dans son lit une lycéenne dont il a exécuté le frère, meilleure amie de la jeune juive qui, cachée dans l'appartement de Sadorski, attend secrètement son enfant. Jonglant entre magouilles et coups bas, Sadorski à tout prévu... Sauf que ses machinations lui retombent dessus. Quatrième volet des "aventures" de cet anti-héros que l'on adore haïr, La Gestapo Sadorski poursuit son exploration du Paris occupé à travers un de ses aspects les moins reluisants, la collaboration de la police française avec l'occupant allemand. Rouage essentiel du système, Sadorski arrête, torture, exploite, vole ses concitoyens en toute impunité, accompagnant les officiers nazis dans leurs exactions. Pour autant, ce personnage complexe tremble quotidiennement que ses maîtres n'apprennent qu'il cache chez lui une jeune juive enceinte qui attend son enfant et que sa femme, ignorant tout de la paternité de son mari, simule elle-même une grossesse. Dans une période où tout le monde est prêt à dénoncer et à trahir tout le monde, les subtiles manœuvres auxquelles doit se livrer Sadorski, personnage aussi mesquin que colérique, se révèlent jubilatoires. Spécialiste des années noires de l'Occupation, qu'il a déjà exploitées à de nombreuses reprises, Romain Slocombe évoque, mieux que personne, le quotidien de la population occupée, entre marché noir, privations, dénonciations anonymes et actes tout simple de résistance. On y croise des figures connues (Mireille Balin, star du cinéma sous l'Occupation qui paiera cher sa liaison avec un officier allemand, mais aussi le résistant Missak Manoukian) et quantité d'autres figures moins connues mais tout aussi réelles. Riche et documentée mais prenante comme un thriller, cette descente aux enfers de Sadorski, où les conséquences de ses actions des trois tomes précédents reviennent le hanter, s'achève par un monstrueux cliffhanger qui ne peut réclamer qu'une chose : la suite ! Vite !

Citation

Le chef du Rayon juif l'écoute à peine lorsqu'il lui parle. Entre-temps, la rumeur s'est répandue dans les couloirs et les bureaux que 'Sado', connu pour ses colères noires et même, d'après certains, pour avoir 'une case en moins', la terreur de ses subordonnés, haï par tout le service, est sur le point d'exploser

Rédacteur: Jean-François Micard mardi 03 novembre 2020
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