Les Suicidés de Pierrefendre

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Roman - Policier

Les Suicidés de Pierrefendre

Social - Énigme - Rural MAJ mercredi 04 novembre 2020

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 16 €

Gilbert Vincent-Caboud
Grenoble : Brandon, juillet 2020
142 p. ; 21 x 15 cm
ISBN 979-10-92375-25-1
Coll. "Collection Brandillon"

Au magasin des suicidés

Voici donc le retour de Rimbe, le retraité ex-enseignant, rimailleur, amateur de polars, psychologue amateur et enquêteur par vocation – même s'il se demande si fouiller dans la vie des autres n'est pas une façon de sublimer son incapacité à écrire lui-même un roman. Cette fois, ce sont les affaires qui viennent le trouver en la personne de Jacques Estressin : celui-ci se remet mal - et on le comprend -, du double décès de son père Nestor Estressin, qui s'est suicidé après avoir tué son épouse, mère de Jacques donc, avec le même revolver. Plus que tout, Jacques veut savoir ce qui a entraîné ce geste fatal pour pouvoir enfin faire son deuil – et propose même à Rimbe un défraiement non négligeable. Car ce suicide est incompréhensible : son septuagénaire de père n'avait pas de problèmes de santé, pas plus que sa mère. Faute d'avoir trouvé le moindre indice dans le château familial, Jacques enjoint Rimbe de fouiller dans l'histoire de la ville de Pierrefendre. En effet, non seulement il y est né, mais le destin de Nestor Estressin est intimement lié à celui de cette bourgade : il possédait une usine de tissage employant une partie des riverains et fut maire et conseiller municipal. Quant à sa mère, avec l'appui de la municipalité, elle entendait suivre la voie du tourisme en entamant la rénovation du château de famille. Pas vraiment le profil de désespérés... Comme le suicide ne fait aucun doute, il lui faut chercher une explication et non un coupable. Et pourtant, d'autres suicides tout aussi surprenants attirent son attention. Y aurait-il un mystérieux corbeau qui, appuyé sur les secrets de la ville, pousse ces gens à l'acte fatal ? Mais peut-on qualifier d'assassin quelqu'un qui ne tue pas de ses mains ?
Les Suicidés de Pierrefendre est laroisième aventure de l'épicurien Rimbe, amateur d'art et de bonne chère qui pourrait être un lointain cousin du Pepe Carvalho de Manuel Vásquez Montalbán. Point ici de grandes orgues du thriller industriel, on est plus proche de Georges Simenon : dès le départ, on ne cherche pas un coupable (même si celui-ci finit par apparaître), mais bien plus à plonger dans la vérité des êtres et de ce microcosme qu'est une petite ville de province. L'enquête assez fouillée dans un milieu rural donne une fois de plus à penser qu'elle aurait servi à merveille une aventure d'un certain Gabriel Lecouvreur... À ce personnage pas comme les autres, Gilbert Vincent-Caboud y rajoute son argument massue : un vrai style travaillé et poétique parfois à la limite du surécrit sans jamais y tomber. Et en ces temps où le syndrome du Livre Ventripotent™ frappe dur, à cent quarante et quelques pages, l'auteur n'étire pas son propos. Reposant...

Citation

Une telle ouverture d'esprit de la part de chacun d'eux contrariait l'idée de suicide, résultat de la constatation que toutes les issues sont bouchées, que tous les projets sont voués à l'échec et que plaisirs et désirs s'en sont allés à jamais. Je concevais difficilement que des êtres capables de lire ou de visionner autant d'œuvres, dont la trame fondamentale est la jubilation et la passion, puissent mettre fin à des jours qu'ils savaient potentiellement porteurs de délicieux instants.

Rédacteur: Thomas Bauduret mercredi 04 novembre 2020
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