Silhouettes de mort sous la lune blanche

J'aurais donné n'importe quoi pour être un glaïeul. Gagner l'étape. Avoir la peau à neuf vies. Être Jack London. Sucer du Pulitzer. Ou faire la pige à Ring Lardner. J'étais doué d'une personnalité assez entreprenante en somme. J'étais plutôt teigneux sur le métier. Rien ne me rebutait.
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Roman - Noir

Silhouettes de mort sous la lune blanche

Braquage/Cambriolage - Vengeance - Cavale MAJ jeudi 21 janvier 2021

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 8,9 €

Kââ
Paris : La Table ronde, 0000
286 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 979-10-371-0605-6
Coll. "La Petite Vermillon"

Cavale fatale

Suite à un braquage qui tourne mal, un gangster dont on ne saura jamais le nom se retrouve contraint à la fuite, avec un de ses complices grièvement blessé et un paquet d'argent. Face à lui, l'ancien cerveau de la bande, dont il a descendu le frère, quantité d'anciens complices et de traîtres à la petite semaine prêts à tout pour récupérer le butin. Flanqué d'un tireur d'élite, d'une veuve prompte à la gâchette et d'un chat errant, il va se lancer dans une cavale sanglante à travers la France, un périple jonché de cadavres, de vins rares et de bons gueuletons, avec une irrémédiable vengeance à la clé.
Initialement paru en 1984 dans la collection "Spécial-Police" du Fleuve Noir, ce premier roman de la trilogie consacrée à un tueur sans nom, adepte de bonne chair autant que d'armes à feu et de philosophie, est une petite bombe méconnue du "néo-polar", tendance tragédie grecque. Car on tue beaucoup et souvent dans l'œuvre de ce prof de philosophie, et ses personnages, mus par un destin aussi fatal qu'irréversible, avancent consciencieusement jusqu'à l'abattoir. Sur les routes de campagne ou dans des petites villes provinciales assoupies, cette improbable bande de malfaiteurs laisse derrière elle son lot de cadavres : par vengeance, pour rester vivant, par ennui tout simplement. Disparu en 2002, Kââ, alias Pascal Marignac, est aujourd'hui bien oublié des lecteurs de polar alors qu'on vit à l'époque en lui un nouveau Jean-Patrick Manchette. Un héritage certes encombrant, mais qui n'est pas usurpé, les deux auteurs partageant la même désespérance teintée d'ironie, le même goût pour une violence sèche, brute et sans fioritures. Dans une écriture précise et dépouillée, Silhouettes de mort sous la lune blanche illustre ce que le polar pouvait produire de mieux dans les années 1980, quand son statut de littérature populaire et donc mineure permettait des textes à la misanthropie affichée. Une bien belle redécouverte qui sera, espérons-le, suivie de celle des autres romans de Kââ.

Citation

Je décidai également d'ouvrir un Léoville Las Cases 1958 pour aller avec le confit. Mon seul regret était de n'avoir pas tué Joël Vila suffisamment vite.

Rédacteur: Jean-François Micard samedi 19 décembre 2020
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