Rosine, une criminelle ordinaire

Ben a la conviction que répondre à la violence par la violence ne génère que plus de violence alors que Chon croit fermement que répondre à la violence par la non-violence ne génère que plus de violence, avec, pour preuve à l'appui, toute l'histoire de l'humanité.
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Roman - Noir

Rosine, une criminelle ordinaire

Procédure - Faits divers - Domestique MAJ mardi 26 janvier 2021

Note accordée au livre: 3 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 0 €

Sandrine Cohen
Saint-Étienne : Le Caïman, novembre 2020
232 p. ; 19 x 12 cm
ISBN 978-2-919066-86-5
Coll. "Polars", 31

Elle s'appelait fait divers

Tous les soirs, dans la salle de bains de sa famille parfaite, Rosine donne le bain à ses deux filles Chloé et Manon, quatre et six ans. Sauf ce soir-là. Ce soir-là, Rosine leur a tenu la tête sous l'eau pendant six longues minutes, d'abord Chloé, puis Manon qui a vu mourir sa sœur. Rosine alors comme en transe, et qui, au retour de son mari Nicolas, est revenue à la réalité. Pour l'enquêteuse de personnalité Clélia, qui se remet mal du suicide d'un de ses clients qu'elle prend pour un échec personnel, il n'y a pas de doutes : Rosine a tué ses filles, leur tenant la tête six longues minutes sous l'eau. Rosine qui refuse toute défense, et se traite elle-même de monstre. Rosine qui, pourtant, aimait ses enfants, tout le démontre. Qu'est-ce qui a pu la faire disjoncter ainsi ? Que cachait ce vernis de petite famille idéale ? Y aurait-il un traumatisme lointain ? Pour Clélia, avant le procès, il ne s'agit pas d'excuser l'inexcusable, mais de comprendre...
Le titre donne la couleur de ce premier roman de Sandrine Cohen : si enquête il y a, il s'agit moins d'un polar que de la dissection minutieuse d'un de ces faits divers tel qu'il y en a tous les jours et qui ont droit à leur quart d'heure d'indignation médiatique avant de retomber dans l'oubli. Il serait aussi tentant d'y voir la doxa présente dans le monde judiciaire qui veut qu'une mère qui tue ses enfants (ou enferme sa fille pendant deux ans dans un coffre de voiture, selon un autre fait divers récent) soit forcément une pauvre petite victime qu'il faut plaindre et qui, avec un peu de chance, aura droit à son biopic... mais on se tromperait. De même, si on attend l'inévitable moment où tout est de la faute du père ou du mari (celui-ci a droit à moins de compassion, mais peut-être pour ne pas alourdir le récit), forcément coupable comme tous ces gens-là, conformément à l'autre doxa actuelle, on s'est trompé de roman... On sent que Sandrine Cohen veut surtout nous faire toucher du doigt le fait que derrière un fait divers, aussi sordide soit-il, il y a des êtres humains et toute une chaîne de circonstances menant au drame. Même l'enquêtrice mal embouchée, aux détestations vivaces, n'est nullement jugée, l'auteure laissant ce soin au lecteur (s'il le veut). Inutile donc d'attendre les grandes orgues du thriller industriel, on est plutôt dans les minutes de l'affaire comme il y a les minutes d'un procès, un passage saisissant concernant la toilette mortuaire des deux filles. La sincérité de la démarche fait passer un style manquant encore un peu de maturité avec quelques écueils du premier roman (passer à la ligne de temps en temps rend la lecture plus digeste...). On attendra donc la suite avec curiosité !

Citation

C'est comme ça, la mort survient n'importe où et même à la maison.

Rédacteur: Thomas Bauduret mardi 26 janvier 2021
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