Le Village perdu

Écoute ça. Il [Gauguin] écrit qu'il est venu aux îles Marquises car on peut y trouver des modèles pour une poignée de bonbons. Des gamines sans défense, des filles toujours plus jeunes qu'il entraîne à l'étage de sa case entièrement tapissée de photos porno pour leur faire l'amour. Quel porc ! Quand tu sais qu'en plus il était syphilitique et qu'il avait le corps couvert de plaies...
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mardi 13 avril

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Roman - Thriller

Le Village perdu

Énigme - Disparition - Urbain MAJ lundi 08 mars 2021

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21,9 €

Camilla Sten
Staden - 2019
Traduit du suédois par Anna Postel
Paris : Le Seuil, octobre 2020
430 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-02-142652-6
Coll. "Seuil thrillers"

Disparitions de masse

19 août 1959. Deux policiers sont appelés à Silvertjär, une petite ville éloignée de tout. Un étrange spectacle les y attend : la bourgade est déserte, ses neuf cents habitants disparus sans laisser de traces en abandonnant leurs maisons. Ils ne trouvent qu'un cadavre lapidé, attaché à un pieu, et... un bébé abandonné. Nul n'a jamais su ce qui s'était passé en ce jour d'été. De nos jours... Alice Lindstedt, dont la grand-mère a grandi à Silvertjärn, même si elle n'y habitait plus au moment des faits, projette de réaliser un documentaire à financement participatif sur ce qui reste le seul village fantôme de Suède. Une petite équipe investit les lieux restés intacts depuis 1959 pour préparer le tournage. Alice ne connaît les lieux que par les lettres de sa grand-mère qui y raconte la catastrophe que fut la fermeture de la mine qui faisait vivre toute la ville, laissant les hommes désœuvrés. Mais aussi de cette femme qu'on surnommait Birgitta-la-simplette, celle qu'on a retrouvée assassinée sur le poteau planté en plein cœur du village. Mais aussi de Mattias, le nouveau pasteur charismatique au charme troublant, qui développe chez ces gens frustes un véritable culte de la personnalité. Mais alors qu'une exploration du village met à jour de nouveaux documents susceptibles de donner la clé des événements, il apparaît vite que les apprentis cinéastes ne sont pas seuls dans cette ville-fantôme...
Le syndrome Mary Higgins Clark a encore frappé, puisque Camilla Sten est la fille de la romancière-Valium Viveca Sten avec qui elle a déjà co-écrit certains de ses livres. Elle a dû apprendre de sa mère l'art de noircir page après page sans qu'il se passe quoi que ce soit... Mais au moins, contrairement à la mère, il y a un véritable point de vue, celui de la narratrice qui donne au récit une tonalité étrangement mélancolique qui change du thriller industriel de base. Vu qu'il se passe trois cents pages avant que l'aspect policier ne démarre pour de bon à part quelques sursauts faciles à peine dignes d'un Annabelle 24 cinématographique, on pimente avec les habituels flashbacks désormais de rigueur. Par contre, la résolution serait vite éventée sans ce procédé aux limites de la rétention d'information, si bien que les événements se bousculent vers la fin. Une conclusion qui pose quelques problèmes de logique : en soixante ans, personne n'a eu la curiosité de venir dans ce village désert, au point qu'on y trouve encore des boîtes de conserve d'époque (!) ? Il y a aussi, entre autres, un léger problème de chronologie puisque l'action semble se passer de nos jours, soixante ans après les faits donc, et qu'il est facile de calculer l'âge canonique que devrait avoir un personnage, ce qui étire une fois de plus la crédibilité. Reste, outre cette ambiance mélancolique, une écriture sensible et travaillée, qu'on imagine servie par une traduction inspirée. Léger avantage de la fille sur la mère, donc, mais on revenait de loin.

Citation

Les bâtiments évoquent des squelettes accusateurs dont les fenêtres vides nous observent sans ciller. La plupart d'entre eux sont des maisons de ville simples, peintes en blanc, jaune ou rouge. Comme les fantômes des rêves de l'État-providence à la suédoise.

Rédacteur: Thomas Bauduret lundi 08 mars 2021
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