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vendredi 12 août

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Roman - Policier

Sous les cendres

Braquage/Cambriolage - Assassinat - Cold case MAJ jeudi 21 juillet 2022

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22,9 €

Christoffer Carlsson
Järtecken : en roman om ett brott - 2019
Traduit du suédois par Carine Bruy
Paris : Pygmalion, juin 2022
544 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-7564-3184-0
Coll. "Policiers"

Le feu sur la glace

En novembre 1994, au milieu de la nuit, dans la commune de Marbäck, une maison brûle. Lorsqu'on parvient à éteindre l'incendie, on découvre le corps d'une jeune femme, assassinée, et il ne fait alors aucun doute que le coupable a mis volontairement le feu pour faire disparaître toutes les traces qui pourraient l'incriminer. Vidar Järgensson, policier débutant, commence l'enquête, et tous les indices poussent vers Edvard, un amoureux de la jeune femme, mais aussi un garçon violent. Même si les preuves formellent manquent, tout le village est sûr de sa culpabilité et il sera finalement condamné, laissant un neveu, Isaak Nyqvist, désemparé. Les années passent et Isaak grandit. Un peu par atavisme, un peu parce que la malédiction des origines pèse sur lui, il est à son tour mal vu et accusé de violence. Il essaie de s'en sortir mais c'est extrêmement compliqué. De son côté, le temps passant, Vidar Järgensson est de plus en plus inquiet. Sa compagne aimerait qu'il arrête son travail de policier pour être plus avec elle et leur fille. Il y songe sérieusement, mais, des doutes de plus en plus importants sur les résultats de son enquête se font jour. En effet, des cambrioleurs ont plusieurs fois agi dans le coin il y a des années (et dans un autre endroit du pays), mais l'affaire était passée inaperçue. Selon un même mode opératoire, ils ont tué une victime et mis le feu à sa maison pour faire disparaitre les traces...

Le roman de Christoffer Carlsson se déroule sur de nombreuses années, sur la façon dont l'enquête va revenir, s'évaporer puis ressurgir, réveiller des peurs villageoises et des doutes. La tout avec en toile de fond deux questions d'importance. Premièrement : est-on condamné à être mauvais quand on vient d'une famille où le mal existe ? Deuxièmement : peut-on être content de son travail de policier lorsque les doutes vous prennent et que vous avez peut-être agi en vous appuyant sur des lieux communs plutôt que d'avoir cherché des indices ? L'auteur nous offre ainsi un récit complexe qui s'appuie sur de longues descriptions psychologiques des différents protagonistes, et sur le temps qui passe et transforme les événements. Le poids de la vie villageoise, du qu'en-dira-t-on, des remords, des non-dits, sont au cœur d'un roman noir qui ressemble aux films suédois, ou a minima nordiques. Une enquête est incrustée dans l'histoire et on observe l'ensemble des remous qu'elle provoque pour ceux qui doivent graviter autour, qui doivent chercher malgré tout à s'en sortir, à dépasser le poids de la vie pour survivre. Du classique, mené avec soin, pour une lecture qui joue à la fois sur le suspense et sur l'attention extrême porté aux personnages.

Citation

Cependant, il n'a pas revêtu son uniforme. Il le porte depuis quatre ans et il a été témoin de beaucoup de choses pendant cette période. De ce point de vue, l'uniforme est important, car il fait office de bouclier. Ou d'armure. Ce à quoi on est confronté y reste enfermé.

Rédacteur: Laurent Greusard jeudi 21 juillet 2022
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