Les Enfants de la Terreur

La vallée de la Vologne est toujours aussi animée, mais ses habitants beaucoup plus agressifs. Les premiers pèlerins commencent à défiler devant les tombes de Laroche et de Grégory. Certains brûlent des cierges, d'autres vont jeter des sous dans la Vologne. Les organisateurs d'excursion font le crochet.
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Roman - Policier

Les Enfants de la Terreur

Enlèvement - Urbain - Uchronie MAJ jeudi 21 juillet 2022

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19,9 €

Johan Heliot
Nantes : L'Atalante, mars 2022
302 p. ; 20 x 15 cm
ISBN 979-10-360-0087-4

Sanglante Révolution

En l'An Sept de la Révolution, les idéaux humanistes des sans-culottes ont fait long feu. Sous l'égide de Robespierre et du Comité de Salut Public, la Terreur règne sur la France. Partout, les opposants au nouveau régime sont traqués et enfermés, entre prisons et camps sommaires, tandis que les armées révolutionnaires, dirigées par un certain Bonaparte, se lancent à la conquête de l'Angleterre. Alors que, revenant de son exil londonien, Charles Geneviève d'Éon de Beaumont, le célèbre épéiste, espère servir les chefs de la Révolution, le Marquis de Sade, devenu simplement Louis Sade, survit dans une relative disgrâce en tentant de faire oublier ses excès passés. Face à ces deux figures d'une autre époque un mystère se dresse : où disparaissent donc les enfants du pavé parisien, les gamins de la bande de La Gigue, raflés au petit matin ?

Ancien professeur d'histoire-géographie, Johan Heliot a le don de triturer l'Histoire, de chercher dans ses replis les événements qu'il peut, discrètement, détourner, réorienter pour donner naissance à des uchronies subtiles, comme sa trilogie du Grand Siècle qui lançait Louis XIV à la conquête de l'espace ou celle de la Lune qui préfigura le steampunk à la française. L'exercice est poussé encore plus loin avec Les Enfants de la Terreur, au point que l'on ne sait jamais vraiment, au-delà de quelques souvenirs scolaires (ah bon, la France n'a pas envahi l'Angleterre ?), si on est dans l'uchronie ou dans le roman historique. Autour d'une galerie de personnages presque totalement constituée de figures réelles (Sade et le Chevalier d'Éon, mais aussi Robespierre, Bonaparte, Saint Just, Séguin ou Fouché) et de gamins des rues croqués avec vivacité, Johan Heliot déroule une histoire de crimes, de répression brutale et de complot qui éclaire d'une lueur à la fois franche et trompeuse cette période de l'Histoire de France. Car si on célèbre, chaque année, à grand renfort de pétarades, l'acte de naissance symbolique de la Révolution, on tend à occulter le lot de massacres, d'exécutions, de complots et d'abus qu'elle a engendrés. Et si "l'Incorruptible" Robespierre prônait l'abolition de la peine de mort et de l'esclavage, l'égalité des droits et le suffrage universel, il sera également le principal artisan de la Terreur et de ses sanglants abus. Dans un roman sans temps morts, Johan Heliot se fait ainsi le chroniqueur de ces temps troublés, nous entraînant à la suite de son inimitable duo de héros vieillissants dans un Paris vivant et populaire, celui des petites gens et des crève-la-faim, pour qui la survie au quotidien passe bien avant les affaires de l'État, tout en distillant petit à petit des préoccupations plus contemporaines qu'on se gardera bien de dévoiler de peur d'en amoindrir l'effet. Avec ses personnages attachants, ses mystères et ce sentiment diffus d'égarement (où est la vérité ? Où est l'invention ? Où se cachent les mensonges ?), il réussit à rendre à cette période à la fois cruelle et décisive toute sa force narrative. Réinventons l'Histoire, elle ne s'en portera que mieux !

Citation

Paris, ville arsenal, cœur battant de la République conquérante, attirait de toute la France et de ses territoires fraîchement annexés du nord, de l'est comme du sud de l'Europe, pléthore de populaces avides de cette liberté et de cette égalité qu'on leur avait vantées, et qui se réduisaient le plus souvent à une place d'ouvrier dans des manufactures poussées comme des champignons après l'averse afin de pourvoir à l'équipement de la grande armée révolutionnaire.

Rédacteur: Jean-François Micard jeudi 21 juillet 2022
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