Ceux de la nuit

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dimanche 16 décembre

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Roman - Noir

Ceux de la nuit

MAJ samedi 20 février 2010

Note accordée au livre: 5 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 9 €

David Goodis
Night Squad - 1961
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Christophe Mercier
Paris : Rivages, janvier 2010
326 p. ; 17 x 11 cm
ISBN 978-2-7436-2043-1
Coll. "Noir", 760

Obsessions barbares

"À un moment donné ça n'a plus d'importance", déclare à un moment donné du roman Corey Bradford, un poivrot renvoyé de la police pour avoir touché des pots-de-vin. Et c'est justement parce qu'il pense exactement ce qu'il dit, que, d'un coup, ça requiert de l'importance.
Alors qu'il assiste à une partie de cartes chez Walter Grogan, le parrain du coin, il n'hésite pas à s'interposer lorsque deux caïds, armés, viennent chercher Grogan pour lui faire cracher où il a caché son magot. Et là, la roue tourne. C'est d'abord Grogan qui engage Bradford, pour savoir qui veut le doubler avec quinze mille dollars à la clé. Puis c'est McDermott, de la Night Squad qui lui remet un insigne de police pour coincer… Grogan !
Planent alors les ombres de deux femmes. Son ex, qui ne supportait pas l'alcool et qui pourtant plonge dedans à plein nez alors qu'elle s'est remise à la colle avec un ancien taulard repenti. La maîtresse de Grogan, ensuite, qui ne cesse de remonter sa jupe et d'exciter Bradford qui, alors, ne réfléchit plus qu'en "termes de blonde platine et d'yeux vert sombre".
Bradford va essayer de jouer sur tous les tableaux. Les coups de feu vont se multiplier, les coups de pompes aussi. La gnole va couler à flot, et il va falloir patauger dans des marais qui ont la fâcheuse habitude d'engloutir ceux qui osent les traverser. Et le Chinois dans tout ça, qui c'est ?

Les éditions Rivages nous proposent cet excellent roman de David Goodis dans une nouvelle traduction – dépoussiérée, donc. On pourrait regretter le titre original, Night Squad, beaucoup plus évocateur d'une histoire qui reprend essentiellement les thèmes de Rue Barbare (1952). La rue, l'importance de chaque geste, l'impression d'être toujours épié, de ne rien pouvoir faire en cachette, la fatalité, la soumission et les seuls moyens d'évasion que sont l'alcool, le jeu et les cigarettes autant de vices que cultive Corey Bradford. Lui, c'est un anti-héros de première qui joue double-jeu, qui se retrouve avec des problèmes de conscience plus ou moins dus à un héritage paternel : son père était un flic honnête et héroïque, bêtement mort en service. Il le porte comme une chape de plomb car on pardonne beaucoup moins à un rejeton de héros… Mais s'il s'enfonce (voir plus haut : la région est plein de marais), il reprend aussi souffle et accepte de ne pas céder à la fatalité. Un roman moins sombre que ses prédécesseurs chez Goodis mais toujours aussi noir...

Citation

Il réfléchissait en termes de blonde platine et d'yeux vert sombre.

Rédacteur: Julien Védrenne lundi 15 février 2010
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