Chant des âmes sans repos

Un homme comme Julio Chesma ne pouvait se satisfaire d'une mère névrosée telle que la veuve, ou d'une partenaire de tennis telle que Teresa Marsé. Il avait besoin de quelqu'un qui fût en pleine communion avec la révolte que clamait son tatouage. Le tatouage de Julio Chesma s'adressait à quelqu'un qui avait pris sa vie au sérieux.
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Contenu

Roman - Thriller

Chant des âmes sans repos

Psychologique - Social - Domestique MAJ jeudi 16 mars 2023

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 23,5 €

Tove Alsterdal
Vänd dig inte om - 2016
Traduit du suédois par Johanna Brock, Erwan Le Bihan
Rodez : Le Rouergue, avril 2019
456 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-8126-1790-4
Coll. "Noir"

Mélancolie nordique

Eva n'arrive pas à se faire à l'idée que Svante, son mari, enfin ex-mari, s'est fait la malle avec une plus jeune que lui. Aussi, elle le relance régulièrement, le suit, l'espionne. La situation lui a tellement échappé que même son fils ne veut plus lui parler et a attaqué un tour d'Europe pour s'essayer aux nouvelles pratiques écolo-bobos-gauchistes. Un soir, alors qu'elle se promène justement à proximité de la nouvelle maison de Svante, elle le voit quitter la maison pour aller faire des courses. À la sortie du supermarché, il la repère et l'interpelle pour qu'elle disparaisse. Mais elle est assommée et, en se réveillant à l'hôpital, elle apprend que son divorcé de mari a été tué. Bizarrement rien n'a été volé, sauf une vieille montre. La police soupçonne Eva qui n'a comme seul alibi, peut-être, que la présence sur les lieux du crime d'une mendiante tzigane. Par malheur, celle-ci a disparu de la circulation et les réseaux d'aide aux mendiants lui font comprendre qu'elle est sans doute retournée dans son pays. Pendant ce temps, devant la mort de Svante, le quartier où il vit, construit autour (et en servant de ) des bâtiments d'un ancien hôpital psychiatrique, a organisé des rondes pour surveiller et protéger les citoyens. C'est alors qu'un des parents "vigilants" découvre que son fils jouait dans les bâtiments désaffectés et en a ramené un crâne... L'inquiétude s'empare de ce petit coin de ville : serait-on sur le territoire de chasse d'un tueur en série qui enterre ses victimes ? Y a-t-il un rapport avec cette silhouette qui certains croient apercevoir parfois dans les bosquets ?

Nous allons suivre en parallèle les deux intrigues qui de fait se soutiennent sans se toucher. Plus que l'enquête, d'ailleurs, c'est le personnage d'Eva qui est au centre de l'histoire, de ses relations avec son ex-mari, avec son fils, de la façon dont Svante gère sa vie, ce qui expliquera d'ailleurs sa mort. Le voyage vers l'Europe de l'Est et les terres où survivent les tziganes est aussi l'occasion de donner à Eva une autre vision de ses proches et d'essayer de changer. Le roman de Tove Alderstal se base sur un style classique pour raconter une histoire policière en demi-teintes. Ce qui importe plus à l'auteur c'est la création d'une atmosphère, la description de personnages et de leurs actions ou réactions, le tout sur un arrière-plan de critique sociale (ici, la mendicité, le sort réservé aux populations nomades et aux aliénés). Il y aura bien une résolution des différentes énigmes, mais le lecteur sent bien que ce n'est pas forcément là qu'est le plus important. Reste à trouver un intérêt suffisant dans cet aspect, peut-être dans la personnalité de l'héroïne qui essaie de continuer une passion disparue, dans le portrait en creux de Svante ou dans la description ironique du fils.

Citation

Avant ce soir-là, un soir de la fin août, au moment d'abandonner le sentier goudronné pour se glisser dans un bosquet derrière la maison où vivait Svante, Eva Leander-Olofsson n'avait jamais vraiment pris conscience de ses limites et encore moins de ce qu'elle était susceptible de mettre en œuvre pour les dépasser.

Rédacteur: Laurent Greusard jeudi 16 mars 2023
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