Sous une pluie de flammes

Je me retrouvais seul avec les quatre statues [du palais de Justice] : la force, avec une colonne dans la main, prête à intervenir ; la tempérance avec sa carafe de vin en guise de consolation quand le procès était perdu en dernière instance et qu'il n'y avait plus aucun raison d'être abstinent ; la justice, avec sa balance et son glaive, la balance dans laquelle les avocats mesuraient leurs contributions en pièces d'or et le glaive avec lequel ils frappaient ceux qui osaient contester leurs calculs ; et, tout à l'est, la sagesse, avec un serpent et un livre, empoisonnée par la connaissance, manifestement.
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lundi 23 septembre

Contenu

Roman - Policier

Sous une pluie de flammes

Social - Disparition MAJ dimanche 28 février 2010

Note accordée au livre: 3 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 6,5 €

Michael Nava
The Burning Plain - 1997
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Pascal Loubet
Paris : Le Masque, janvier 2010
440 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-7024-3482-6
Coll. "Masque jaune", 2525

Du sang sur les ors d'Hollywood

Henry Rios est un avocat homosexuel installé sur la côte Ouest des États-Unis. Son ami atteint du Sida vient de mourir et une bataille juridique s'est engagée avec la famille pour savoir qui aurait le corps. Henry y use toutes ses ressources morales et financières, toute son énergie.

Un jour, pour une affaire d'agression homosexuelle que la police refuse de reconnaître, il fait la connaissance d'un jeune homme qu'il ramène chez lui et avec qui il couche. Mais le jeune homme se moque de son ami défunt et Henry le frappe. Le jeune homme appelle un taxi et disparaît. Au matin, Henry est appelé par la police car on a découvert le cadavre du jeune. Son corps était recouvert d'inscriptions homophobes mais Gaitan, le policier, soupçonne Henry. Visiblement Gaitan fait une fixation contre les homosexuels. Un deuxième cadavre, dans des conditions similaires, vient relancer l'enquête et Henry est à présent éloigné de tous soupçons.

Quelques jours plus tard, Henry reçoit un coup de fil : il est engagé par les studios de cinéma du terrible Asuras. En fait, un des techniciens est accusé à son tour des crimes homophobes. Même s'il nie, Gaitan semble avoir accumulé suffisamment de preuves contre lui. Les studios ont besoin que le technicien soit disculpé, pour ne pas écorner leur image. Henry mène l'enquête et découvre que la co-locataire du premier mort a, elle aussi, disparu...

Michael Nava qui commence à faire son trou en France alors qu'il n'écrit plus aux États-Unis, grâce aux éditions du Masque, poursuit dans la veine initiée par Joseph Hansen. Ses romans mettent en scène la communauté homosexuelle, sans cacher ses côtés pervers : certains profitent des jeunes "innocents" qui cherchent à faire leur place à Hollywood, d'autres utilisent leur pouvoir comme arme de chantage. Face à eux, Nava décrit une société (et pourtant la côte Ouest semble être plus tolérante que le centre des États-Unis) coincée sur ses valeurs (où l'on peut encore utiliser les électrochocs pour remettre dans le droit chemin), où les policiers manipulent les indices et les preuves sans remords, où l'on entraine les avocats au fond des déserts, où l'on viole des innocents pour mettre la pression sur leurs protecteurs, où tout n'est que politique et communication. C'est cet aspect lourd et pesant d'une société un peu bloquée qui retient l'attention, plus qu'une intrigue, de bonne facture mais un peu convenue et qui aurait peut-être gagnée à être plus resserrée.

Citation

Richie avait le Sida - 'mais, chéri, tous les gens bien l'ont' se plaisait-il à dire.

Rédacteur: Laurent Greusard mercredi 24 février 2010
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