Le Violoniste

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Roman - Policier

Le Violoniste

Politique - Historique - Chantage MAJ mercredi 09 août 2023

Note accordée au livre: 3 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 7,7 €

Mechtild Borrmann
Der Geiger - 2012
Traduit de l'allemand par Sylvie Roussel
Le Livre de poche, janvier 2016
308 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-253-09289-6
Coll. "Thriller", 32767

Une journée ordinaire dans la vie des Grenko

Sacha Grenko travaille pour une agence de détectives privés en Allemagne. Sa vie est plutôt calme jusqu'à ce qu'il reçoive un jour une lettre de sa sœur qu'il a perdu de vue depuis des années. À peine l'a-t-il retrouvée qu'elle est assassinée et qu'il risque d'être accusé. Pendant que son patron essaie de trouver des solutions, Grenko part enquêter de son côté à la recherche d'une vérité sans doute cachée dans le passé soviétique de la Russie, vers laquelle tous les fils de cette histoire convergent.

Mechtild Borrman nous propose dans ce récit une histoire avec un petit "h" et également avec un grand "H". Le roman se constitue de trois parties, dont la partie contemporaine est sans doute la moins épaisse. Car l'ensemble de l'intrigue remonte en 1948. Par jalousie, un musicien classique en dénonce un autre, Ilja Grenko. Ce dernier est enlevé et va disparaître dans les goulags. Sa femme, condamnée elle aussi, est alors envoyée dans des camps de travail où elle passera des années. Le ressort de l'intrigue est un brin machiavélique : deux personnes, aujourd'hui, pour des raisons diverses, n'ont pas envie que l'aventure survenue à Ilja Grenko, symbolisée par la possession de son stradivarius, soit connue du grand public. L'une d'elles, ne voulant pas se salir les mains, envoie donc des informations sur un chantage possible à l'autre, en faisant croire qu'elle vient de la propre famille de Grenko, obligeant l'autre à liquider les membres de cette famille. Mis à part cette idée forte, la partie contemporaine est une suite de chassé-croisés assez convenus, avec des rebondissements qui relancent l'intrigue sans lui donner vraiment un air de suspense. On sent bien que l'intérêt de l'auteure réside dans la longue évocation de l'atmosphère étouffante de la répression stalinienne : l'arrestation, la disparition, la vie dans les camps et, en parallèle, les mesures de représailles exercées même contre la famille. La chape de plomb et la volonté de silence, les solidarités qui se jouent et la façon dont l'amour peut se détruire ou perdurer malgré les déchéances. Pour ceux qui n'auraient aucune connaissance d'un univers concentrationnaire, peut-être moins médiatisé que celui des nazis, mais qui fut autant destructeur de vies, de manière directe ou indirecte, et qui a donné lieu aux mêmes abjections ou solidarités humaines, c'est cet arrière-fond historique qui devient en fait le premier plan derrière lequel on regarde des personnages s'agiter qui est très intéressant. La trajectoire du violoniste Grenko dans cet univers si éloigné des arpèges de la musique classique y est édifiante et permet de continuer la lecture par cet aspect individuel d'un homme pris dans la tourmente de l'Histoire. Et Mechtild Borrman réussit habilement à bien faire revivre ce passé.

Citation

Comme un mantra, il se répétait mentalement : une erreur. Dans quelques heures, le cauchemar serait terminé.

Rédacteur: Laurent Greusard mercredi 09 août 2023
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