Les Figurants

Une cliente examinait un lot de robes suspendues à un portant. La cinquantaine, archétype de la grande bourgeoise persuadée de faire partie d'une élite, et qui n'avait que deux buts dans la vie, dépenser son fric et repousser l'inéluctable travail du temps sur son corps jusqu'aux frontières du possible. Malgré sa robe à mille boules, ses crèmes, son régime vegan, son aqua-gym et ses injections régulières de botox, la sénescence poursuivait son œuvre. Des ridules persistaient au coin des lèvres et aux plis de ses yeux, ses cheveux perdaient de leur éclat, sa peau tirait vers le bas, et ses yeux, jadis en amande, n'étaient plus que deux fentes rougies par la fatigue. Mais pas question de lâcher prise, de s'avouer vaincue, elle s'accrochait.
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dimanche 23 février

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Nouvelle - Noir

Les Figurants

Historique - Tueur en série MAJ jeudi 10 juin 2010

Note accordée au livre: 2 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 2 €

Didier Daeninckx
Mako (illustrateur)
Paris : Librio, avril 2002
92 p. ; illustrations en noir & blanc ; 21 x 13 cm
ISBN 978-2-290-32099-4
Coll. "Noir", 243

Une sale bobine

Valère Notermans est un cas. Cinéphile averti, il s'est spécialisé dans les festivals improbables, les rétrospectives au fin fond de la France, du style Images de l'ouvrier dans le cinéma mondial, au Creusot. Venu assister aux États généraux du cinéma nordiste, à Lens, un ami lui fait part d'une découverte récente : la bande d'un vieux film inédit, jamais montré. Les images sont somptueuses, les décors expressionnistes sublimes. L'histoire est celle d'un assassin, d'un tueur en série de l'entre-deux-guerres. Devant la beauté brutale et poignante de l'œuvre, Valère décide d'enquêter pour identifier l'auteur de ce film oublié et magnifique.
Didier Daeninckx est Didier Daeninckx… Sa restitution poignante des ambiances grises, ses descriptions toujours réussies, sa peinture sans concession ni misérabilisme des modestes et des humbles. On retrouve cette marque de fabrique, toujours aussi efficace dans ce texte.
Et pourtant, Les Figurants souffre d'un défaut d'équilibre. Sans parler du dénouement (que l'on a deviné avant même que Valère ait fini de visionner le film mystérieux). Ce texte est – au choix – une grosse nouvelle ou un petit roman. Sans doute aurait-il fallu trancher plus clairement en faveur d'un texte plus court. L'exposition est trop longue. Comme s'il fallait remplir un nombre imposé de signes. Daeninckx use et abuse de références et de procédés cinématographiques, jusqu'à l'indigestion, en élève consciencieux qui s'est bien documenté. Du coup, la découverte de la bobine et la résolution de l'énigme n'interviennent qu'à la moitié du récit.
Le résultat se laisse lire avec plaisir, bien sûr, mais on se plaît à penser que dans ce texte hommage au 7e Art, quelques scènes auraient pu être coupées au montage.

Citation

Les travellings vertigineux de Mean Streets furent directement suivis, à l'affiche, par Profession suceuse qui ne valait que par la netteté de ses gros plans.

Rédacteur: Maxime Gillio jeudi 18 mars 2010
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