La Fille électrique

Je suis bien incapable de donner une explication. Je sais seulement que nous sommes des quantités de réfractaires, partout, et à toutes les époques. Des emmerdeurs, en somme. Ou bien des bêtes, oui, comme le saumon qui se crève à remonter la rivière pour aller pondre en eau pure. On est faits comme ça, c'est tout. Et il n'y aucune raison de nous classer chez les dingues parce qu'on est faits pour nager à contre-courant. Il ne s'agit pas tellement d'illumination ou de message. Au fond, on n'a presque rien à dire. Dès qu'on se met à 'vouloir ' dire quelque chose, c'est qu'on se laisse emporter par le courant. Alors on devient feignasse, on fait la bonne glisse sur les mots, ça n'a plus aucune importance. Je me fais comprendre ?
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samedi 26 septembre

Contenu

Roman - Noir

La Fille électrique

Gang - Procédure MAJ samedi 27 mars 2010

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 23 €

Giampaolo Simi
Rosa Elettrica - 2007
Traduit de l'italien par Samuel Sfez
Paris : Le Serpent à plumes, mars 2010
374 p. ; 21 x 13 cm
ISBN 978-2-268-06910-4
Coll. "Serpent noir"

Un thème classique transcendé pour une étude psychologique bien actuelle !

La policière Rosa, fraîchement affectée à la Crime italienne, doit protéger Daniele Mastronero dit Cochise, au casier déjà chargé malgré ses dix-huit ans. A-t-il vraiment tué deux fillettes ? Il se retrouve en situation de témoin pouvant faire tomber un caïd prêt à tout pour le faire taire.
Le poncif ultra-classique du témoin à protéger rappelle les vieux "Spécial Police" des années 1970. Certes, mais avec un thème archétypal, c'est la substantifique moelle que lui donne l'auteur et sa capacité à transcender les clichés qui importe. Giampaolo Simi y parvient à travers les personnages, tous vivants et crédibles à l'instar de sa narratrice ; et si le début est un brin laborieux, le roman décolle ensuite avec le portrait de ce caïd vieilli avant l'âge, à la fois odieux et attachant, bourreau victime de son milieu sans que l'auteur tombe dans le travers de l'angélisme. La conclusion même en demi-teinte est glaçante et a un impact impressionnant. Qu'on y ajoute une narration électrique, toute en tension sous-jacente qui se décharge dans de rares explosions de violence plus choquantes que complaisantes, avec un récit fluide et une jolie plume qu'on présume excellemment traduite, et on obtient un petit bijou. Après Camilleri, le polar italien ne cesse de renaître de ses cendres, et on ne peut que s'en féliciter.

Citation

Je dois avoir vraiment touché le fond, pour qu¹un trans se permette de me donner des leçons de féminité.

Rédacteur: Thomas Bauduret jeudi 25 mars 2010
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