Code Phénix

Le système pyramidal de redistribution des encaissements divers liés à la fonction de policier est tel que j'en profite largement, c'est vrai, cependant je n'en participe en rien, sauf peut-être en fermant les yeux sur la provenance de ces sommes d'argent.
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Roman - Policier

Code Phénix

Procédure MAJ lundi 12 avril 2010

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

John Connor
Phoenix - 2003
Traduit de l'anglais par Michèle Garène
Paris : Jean-Claude Lattès, avril 2010
356 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-7096-3314-7

De la cervelle dans la jelly

Karen Sharpe est une policière venue depuis quelques mois s'installer dans le Yorkshire. Un soir, Phil Leach, son coéquipier, doit retrouver dans la campagne Fiona, son indic et sa maîtresse. Karen qui a trop arrosé la soirée préfère ne pas y aller ce qui arrange Phil car il compte bien profiter de l'intimité de la voiture... Il y a juste un problème : Fiona est également la compagne de l'homme qu'elle trahit, Coates, un dealer. Coates, qui a peut-être reçu des photos de la trahison.
Au petit matin, on découvre les cadavres de Phil et de Fiona en pleine campagne. Si les premiers indices laissent penser que Coates et son homme de main, Varley, sont coupables, Karen a des doutes... Et elle a raison car l'enquête va s'avérer bien plus compliquée.
Il existe réellement un modèle du roman policier à l'anglaise dans sa version contemporaine : les policiers sont soudés entre eux, mus par la violence et la vengeance, et ils n'hésitent pas à fricoter avec les truands pour arriver à leurs fins. Ils fricotent d'ailleurs à un tel point que l'on ne sait s'ils ne sont pas leurs complices. Dans Code phénix, Karen arpente les couloirs d'une salle de gym où tous se croisent, où les indices sont cachés dans les casiers sportifs, où chaque information sur un truand ou un policier se monnaye, où des représentants de l'ordre font des heures supplémentaires pour photocopier les dossiers de leurs collègues pour leurs amis truands. Dans le roman policier anglais, il y a également une dose importante consacrée à la description du travail policier : les minutieuses déductions sur les terrains de crime avec la police scientifique, les recoupements d'enquêtes de proximité et le long épluchage des caméras vidéo qui parsèment la ville. Tout cet aspect est longuement, avec soin et qualité, dépeint par John Connor qui, ancien avocat, y compris pour l'accusation, connaît évidemment bien les méthodes. Il y a également dans une enquête policière anglaise la description de cette dichotomie entre une Angleterre rurale (représentée par les scènes de crime en plein milieu de nulle part et une chasse aux indices dans les marais boueux) et des villes gangrenées par la violence (y compris dans les rapports sexuels consentis) et le chômage, représentée par le bras droit de Coates qui passe son temps à donner des coups dans les gens et les murs, ou Karen qui utilise les méthodes de l'IRA pour faire parler un suspect...
À ces éléments classiques mais bien présentés, John Connor ajoute une description intelligente des personnages centraux, plus particulièrement de son héroïne qui est une non-conformiste agissante, aux limites de la légalité : elle n'hésite pas à emboutir la voiture de quelqu'un qui la file puis à menacer de ne pas appeler les secours tant que son suiveur n'a pas dit ce qu'elle voulait. À ses côtés, il y a un chef qui veut rester honnête et un coupable qui a utilisé un plan machiavélique pour parvenir à ses fins. John Connor sait alterner les scènes intimistes, les méthodes policières d'investigation et les scènes d'action pure. Son final qui nous laisse dans le brouillard (anglais) est prélude à une série annoncée passionnante.

Citation

- Je vous crois. Vous êtes complétement givrée. Je vous crois.
- Pas givrée, Liam, corrigea-t-elle en se rasseyant. C'est comme ça que sont les gens sains d'esprit en Irlande.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 12 avril 2010
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