Pommes

De Gaby Mornet, il ne resterait rien d'autre que le souvenir d'un homme qui, sa vie durant, n'avait fait que passer, sur la pointe des pieds, quêtant désespérément une sorte de reconnaissance qui jamais n'était venue et jamais n'aurait pu venir. Jamais.
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Roman - Noir

Pommes

Drogue - Urbain MAJ vendredi 07 mai 2010

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18 €

Milward
Apples - 2006
Traduit de l'anglais par Audrey Coussy
Paris : Asphalte, mai 2010
256 p. ; 18 x 12 cm
ISBN 978-2-918767-01-5

Le ver est dans le fruit

Ève a seize ans. Issue de la middle class de Middlesbrough, elle fait comme toutes les Anglaises de son âge quand arrive le week-end : elle picole, avale des ecstas, picole, sniffe du poppers, picole, couche avec ses potes, et picole encore. Mais elle a tout de même une morale : elle ne fume pas. Il faut dire que sa mère est en train de crever d'un cancer des poumons.
Adam a le même âge et fréquente le même lycée qu'Ève. Il fantasme sur sa belle condisciple, mais a un sérieux problème : il est puceau, complexé limite autiste et souffre de TOCS. Alors il écoute les Beatles en boucle, picole, vole les revues porno de son père, picole, et se tape quelques branlettes.
Tous les copains d'Adam et Ève sont du même acabit : oublié, le paradis perdu. Leurs préoccupations ? Se défoncer à mort, baiser sans joie et surtout oublier ces quartiers pourris de l'Angleterre industrieuse. Des fois, il y a des accidents : des comas éthyliques, des grossesses non désirées, du sang et des larmes. Pommes, c'est Trainspotting version teenagers. Et ça fait encore plus peur.
Ça a l'air déprimant ? C'est encore en-dessous de la réalité. Il s'agit d'un livre choc, coup de poing, vu à travers les yeux et les mots de cette jeunesse désabusée, à l'horizon aussi noir que la fumée des usines du Yorkshire. L'écriture est crue, orale, directe, sans fioritures.
Mais le plus fort, c'est l'absence totale de compassion. L'auteur nous décrit cette jeunesse perdue sans aucun manichéisme. Le déterminisme social (le chômage, l'absence de repères parentaux, l'alcool...) est bien présent, mais il n'excuse pas tout. Au fil des pages, tous ces petits branleurs qui se détruisent à petit feu ont tellement l'air de se complaire dans leurs schémas autodestructeurs que notre main tendue est prête à se transformer en main dans la gueule. En ce sens, la fin du livre résume parfaitement la philosophie du roman, d'un rare cynisme.

NdR - Les éditions Asphalte ont été lancées par deux collaboratrices de k-libre, mais ce n'est pas une raison pour ne pas en parler. Alors bien sûr cette chronique peut être taxée de subjective. Et si ce n'était pas vrai ?

Citation

Je mettrais 'She's a Rainbow' des Stones ou 'Let's Spend the Night Together', et elle ne le prendrait pas mal, même si l'arc-en-ciel de la chanson fait référence à la position où le mec se prend du sang menstruel dans la bouche et la nana du sperme dans la sienne avant de s'embrasser.

Rédacteur: Maxime Gillio mercredi 14 avril 2010
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