Corde à gauche

Sur la prostitution à Milan, tu en sais beaucoup plus que nous. Tu es un véritable expert, tu pourrais même aller à un jeu télévisé : 'Quel est le quartier de Milan où travaillent le plus de femmes de mauvais vie ?' et toi tu donnes la bonne réponse parce que tu es parfaitement au courant, tu es le phénix du vice de Milan.
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mercredi 25 novembre

Contenu

Roman - Noir

Corde à gauche

Psychologique - Social MAJ mercredi 21 avril 2010

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 15 €

Vanessa Fuks
Paris : Les Contrebandiers, mars 2010
192 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-915438-43-7
Coll. "Petite noire"

Dans les doux replis d'un espoir fragile

Adam Ruffler est milliardaire. Il s'occupe surtout de son haras. Un jour, il est victime d'un accident de la route et se réveille amnésique, totalement amnésique. Sa femme, une mannequin, continue à vivre la grande vie, ne s'occupant plus de lui. Son associé, Marc, vient le voir une fois par mois pour lui faire signer des papiers. Il traine sa fatigue et son ennui auprès d'Eirinn, une Irlandaise.
Voilà le point de départ d'un polar qui pourrait être d'une facture classique noir-rose avec des questions genre : Adam Ruffler va-t-il rencontrer l'amour auprès de la belle Irlandaise peu causante ? Déjouera-t-il le complot qui se cache derrière cet accident de voiture ? Marc et sa femme sont-ils amants ? Y a-t-il un rapport avec des courses truquées de chevaux ? Mais Vanessa Fuks balaie toutes ces hypothèses de lecture d'un revers de main. Elle se concentre quasiment exclusivement sur les pensées, sur le long monologue de cet homme qui doit revenir à la vie. L'ensemble du roman tient d'ailleurs sur cette lente et mélancolique envolée, au rythme des chevaux au pas ou de balades dans la campagne irlandaise.
Pour ce genre de récit, soit on choisit la voie courte ce qu'a fait Vanessa Fuks, soit on écrit des milliers de feuilles et l'on rentre en "Pléiade", mais nul doute que les 192 pages de l'auteur remplissent leur fonction de bien belle façon pour un texte atypique, marque de fabrique de l'éditeur. Régulièrement, elle ouvre une piste comme pour se lancer dans une intrigue policière puis s'arrête et revient à son personnage, trop fatigué, cabossé par la vie pour trouver de l'énergie autre que celle de subsister. À cet égard une rencontre avec son épouse qui le regarde comme un meuble, se déshabillant devant lui sans susciter du désir, se contentant de lui téléphoner de temps en temps depuis ses villégiatures mondaines où elle se gave de gigolos sonne comme un nœud central. L'amateur de littérature policière attend à chaque page une explosion, un événement qui va créer du suspense, et c'est justement cet horizon d'attente qui crée le suspense.

Citation

En fait, ces lieux existent toujours, la vie qui a été la mienne continue sans moi, hantés par un fantôme qui n'existe pas.

Rédacteur: Laurent Greusard mercredi 21 avril 2010
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