Salty

Finalement, je reposai la pipe et sortis de l'un des tiroirs de mon bureau une cigarette électronique achetées la veille. Généralement, on essayait d'arrêter de fumer à une période propice. Mais la vie d'un détective privé n'était, à proprement parlé, jamais propice à entamer le moindre sacrifice.
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mardi 19 novembre

Contenu

Roman - Noir

Salty

Musique - Enlèvement MAJ samedi 01 mai 2010

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

Mark Haskell Smith
Salty - 2007
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Julien Guérif
Paris : Rivages, avril 2010
288 p. ; 24 x 16 cm
ISBN 978-2-7436-2086-8
Coll. "Thriller"

Actualités

  • 20/06 Édition: Parutions de la semaine - 20 juin
  • 22/11 Radio: La rentrée d'Ondes noires
    La onzième saison d'Ondes noires - l'émission animée sur Agora FM Côte-d'Azur par Corinne Naidet et Jacques Lerognon de l'association La Noir'rôde - compte déjà trois épisodes, disponibles en baladodiffusion ou bien que l'on peut écouter en direct. Voici un bref survol de ce que Jacques et Corinne ont repéré en ces mois d'automne...

    Épisode 1 - 6 octobre
    La saison s'inaugure avec un nouveau générique : "Intro", un morceau interprété par deux anciens guitaristes de Lou Reed, Steve Hunter et Dick Wagner. Sur la première partie plane l'ombre de Raymond Chandler puisque les trois romans évoqués ont tous un rapport avec le romancier - soit avec son écriture, soit avec son héros Philip Marlowe :
    - Signé Mountain, de Peter Corris (traduit par Catherine Cheval. "Rivages noir")
    - Coup de sang, de Declan Hugues (traduit par Aurélie Tronchet. Gallimard "Série Noire")
    - Le Roi des ordures, de Jean Vautrin (Rivages noir).
    Pour la seconde partie, Jacques et Corinne mettent leurs coups de cœur littéraires au diapason du slogan qu'ils ont choisi pour leurs "ondes noires" ("L'émission polar la plus rock de la bande FM") :
    - Phil Spector, une biographie de Mick Brown traduite par Nicolas Richard (Sonatine)
    - Salty, de Mark Haskell Smith (traduit par Julien Guérif. "Rivages noir")
    Cette seconde partie est marquée par un hommage rendu à Michèle Witta, bibliothécaire à la BiLiPo dont on a maintes fois croisé le nom ici même quand il fallait signaler l'une ou l'autre des nombreuses conférences qu'elle a données dans tel ou tel festival noir et qui est décédée le 29 septembre. Mais il y a aussi une note réjouissante : un entretien avec Marc Heim, un libraire assez particulier qui a imaginé d'ouvrir une librairie-coutellerie... histoire d'assouvir simultanément deux de ses passions, la lecture et les couteaux de collection. Et si l'on vous dit qu'en plus, sa littérature de prédilection est noire et policière... L'endroit est suffisamment intriguant pour que nous ayons choisi en guise d'illustration non pas le logo de la Noir'rôde mais l'enseigne de ladite librairie : Enquêtes et bizarreries - 5 rue Barberis, 06300 Nice. Tél. : 04.93.26.98.77.

    Épisode 2 - 20 octobre
    Une petite note italienne pour cette émission, avec tout d'abord l'évocation d'un roman "mafieux" d'Arturo Buongiovanni - un avocat rompu à la défense des repentis de la mafia : Repenti (traduit par Patrick Vighetti. La Fosse aux ours). La virée italienne se poursuit de façon... internationale avec The American (de Martin Booth, éditions Florent Massot), écrit par un Anglais et dont le personnage principal est un autre Anglais - mais qui se déroule en Italie (quand même !) Et Jacques de mentionner au passage un de ces mystères de la traduction qui font sourire : le titre anglais de l'édition française n'a rien à voir avec le titre original, A Very Private Gentleman... On quitte l'Italie gastronomiquement - parce qu'en pensant "Italie" on a souvent l'eau à la bouche...), avec un livre de cuisine préparé par Claire Dixsaut (éditions Agnès Viénot), A table avec les Tontons : des "recettes de bistrots" tirées de quelques fameux (!) films noirs, dont Les Tontons flingueurs.
    La seconde partie de l'émission est tout entière occupée par un entretien téléphonique avec Marc Villard qui présente quelques-uns de ses livres, notamment Zigzag, un recueil de nouvelles écrit avec Jean-Bernard Pouy sur le principe suivant : chacun des auteurs a établi une liste de dix thèmes récurrents dans ses romans qu'ils se sont échangés, et Marc Villard d'écrire dix nouvelles à partir des thèmes de JBP... et vice versa.

    Épisode 3 - 3 novembre
    Une émission 100 % chroniques cette fois - une première partie "toute BD", et une seconde, elle, 100 % romans.
    Les albums
    - Le Kid de l'Oklahoma, d'après un roman d'Elmore Leonard, dessiné par Oliier Berlion (Rivages/Casterman)
    - Dernière station avant l'autoroute, d'après un roman de Hugues Pagan scénarisé par Didier Daeninckx, dessiné par Mako (Rivages/Casterman)
    - Blacksad tome 4 : "L'enfer, le silence" (Guarnido & Canales, Dargaud) - on se souvient que le dessinateur était il y a peu au micro de Nathalie Piolé sur TSF Jazz...
    Les romans
    - En premier lieu, un livre qui justement n'est pas un roman mais une étude sur un romancier, Paco Ignacio Taibo II parue aux éditions L'Atinoir : Lénine à Disneyland. L'ouvrage, en fait une réécriture de sa thèse universitaire, est signé Sébastien Rutès.
    - La Rivière de sang, de Jim Tenuto (traduit par Jacques Mailhos. Éditions Gallmeister)
    - Nager sans se mouiller, de Carlos Salem (traduit par Danielle Schamm. Actes Sud "Actes noirs").
    Liens : Phil Spector, le mur de son |Signé Mountain |Coup de sang |Dernière station avant l'autoroute |La Rivière de sang |Nager sans se mouiller |Mick Brown |Peter Corris |Declan Hugues |Marc Villard |Jean-Bernard Pouy |Elmore Leonard |Didier Daeninckx |Paco Ignacio Taibo II |Sébastien Rutés |Jim Tenuto |Carlos Salem |Mark Haskell Smith |La Noir'Rôde

Sea, sex and sun version Metallica

Turk est le bassiste d'un grand groupe de métal qui vient de se séparer. Marié à une mannequin, il se trouve à Pukhet pour regarder la mer, boire des bières et relancer sa carrière. Un pirate local vient de perdre son bateau. Pour se renflouer il a décidé de kidnapper des touristes et de demander une rançon. Il capture évidemment la jolie mannequin et en tombe bêtement amoureux... Pour compliquer le tout, si Turk veut bien payer la rançon, un agent secret aimerait bien récupérer l'argent pour lui.

Mark Haskell Smith est un nouveau venu dans le monde du polar mais a su convaincre les lecteurs en trois romans. Il s'est installé dans le monde restreint des auteurs qui ont décidé de critiquer le monde, le modèle américain, avec une démarche humoristique. Il y a bien évidement Carl Hiassen qui n'hésite jamais dans la démesure ou des gens comme Greenan ou Marc Behm qui avaient contribué à créer un univers très particulier, mais à l'intérieur de ce comité réduit Mark Haskell Smith a, mine de rien, trouvé sa place.
Dès le départ il choisit un thème où il pourra laisser éclater son humour : une rock star has been, obsédée de sexe, et qui doit repenser sa vie pour devenir fidèle. Son épouse pour gérer cette crise l'entraîne au cœur de la région du tourisme sexuel mondial ! (Eh oui, elle a un projet secret : voir des éléphants...).

Sans user de grosses ficelles, en parvenant à décrire en deux lignes un personnage et à le rendre crédible, Mark Haskell Smith réussit à trouver le détail qui va obliger le lecteur à le suivre. Il parvient ainsi à rendre touchant ses personnages avec une ironie bienveillante, sans s'en moquer ouvertement. Plongés dans la moiteur des jungles thaïlandaises, dans une civilisation qui semble inciter à la débauche, hommes et femmes découvrent leurs vraies natures. En quelques lignes, l'auteur passe allègrement de la description de l'action aux pensées intérieures qui révèlent les personnages comme cet impresario qui vient aider Turk mais mise sur le kidnapping pour relancer sa carrière. Même les morts violentes qui ponctuent Salty sont racontées dans le fil narratif comme des événements anecdotiques qui ne méritent pas une attention particulière, comme une façon assez élégante de se débarrasser des problèmes. La plongée des personnages dans l'action va les transformer de manière profonde, sans que l'intrigue ne perde en crédibilité, montrant que, par delà l'humour de situations, Mark Haskell Smith sait faire preuve d'un humanisme et d'une certaine empathie pour les marionnettes.

Citation

S'il gérait bien le coup, il pouvait se faire un nom et se forger une réputation au sein du Department of Homeland Security. Il serait peut-être promu. On l'enverrait peut-être dans un pays où l'eau était potable.

Rédacteur: Laurent Greusard samedi 01 mai 2010
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