La Guerre fantôme

La barre de fer siffla à quelques centimètres de sa tête. Gutxi s'était baissé juste à temps, alerté par une ombre soudaine à la surface de l'eau. À une seconde près, son crâne aurait pu exploser sous le choc.
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mardi 19 novembre

Contenu

Roman - Espionnage

La Guerre fantôme

Terrorisme MAJ jeudi 06 mai 2010

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21,5 €

Alex Berenson
The Ghost War - 2008
Traduit de l'anglais par Marie-France de Paloméra
Paris : Le Seuil, avril 2010
426 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-02-098307-5
Coll. "Thriller"

Le Grand Jeu continue avec de nouveaux joueurs

John Wells est un espion qui a infiltré les Talibans pendant dix ans. Il vient de revenir au pays, éprouvé par ce qu'il a vécu. Pourtant, des informations vont le pousser à retourner voir pourquoi les Talibans deviennent meilleurs guerriers. En parallèle, un de ses amis, vient de mourir dans les eaux chinoises en tentant d'exfiltrer un opposant. Y aurait-il un traitre dans l'Agence ? C'est ce que semble confirmer un Chinois passé à l'Ouest. Mais y a-t-il un rapport entre ces affaires ?
Alex Berenson ne se perd dans des détails et des sous-intrigues éloignées, mais se concentre sur quelques personnages représentant les camps opposés avec justesse. John Wells, espion américain, vit surtout tourmenté par ce qu'il a vu et commis lorsqu'il était Taliban et il a du mal à reprendre une vie normale surtout que ceux de son camp le considèrent comme un héros. Ensuite, il présente un Chinois crédible, aux motivations passionnantes et qui a créé un plan tortueux à souhait mais relativement réaliste qui s'appuie sur les réalités contemporaines. Le tout se déroule au sein d'une intrigue où l'auteur sait rendre vivant une scène d'action (une fuite en bateau ou une angoissante plongée dans les cavernes afghanes) et décrire de manière physique une scène de torture.
Ses personnages secondaires - le commandant d'un bâtiment de guerre, le chef de la mission d'exfiltration, les deux officiers chinois qui trahissent leur pays - sont montrés eux aussi dans leur complexité. L'auteur montre cependant aussi que lorsque l'on combat pour des valeurs (quelles que soient ces valeurs), la finalité, la mort ne sont pas les mêmes : ainsi les Talibans et le général chinois meurent de manière digne. À l'opposé, la taupe finit misérablement, rattrapée par ses démons intérieurs. Alex Berenson nous offre également un point de vue interne, intelligent sur cette taupe justement, qui est infiltrée au sein du système américain et, même si lui ne va pas au bout de l'histoire, il nous montre quand même qu'il reste à écrire un grand roman d'espionnage sur la figure du traitre, mais vu de l'intérieur. Évidemment dans cette histoire, la morale reste sauve puisque les "gentils" gagnent et les "méchants" perdent.
Il devient difficile d'écrire un roman d'espionnage car la disparition de l'U.R.S.S. a laissé un vide, et les Talibans et autres Chinois, aussi méchants soient-ils, sont parfois peu faciles à appréhender pour un esprit occidental. Alex Berenson qui revient avec son personnage esquissé dans L'Espion fidèle, sait contourner cet écueil en prenant une tangente bienvenue.

Citation

Mais combien de temps me faudra-t-il pour ne plus rêver que je taille des hommes en pièces, que je les éviscère comme des poissons ?

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 03 mai 2010
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