La Marquise de Brinvilliers

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Essai - Policier

La Marquise de Brinvilliers

Historique MAJ mercredi 23 juin 2010

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

Agnès Walch
Paris : Perrin, mars 2010
264 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-262-0312-3

Une biographie riche en révélations !

La marquise de Brinvilliers est devenue une criminelle célèbre à qui des historiens, des romanciers, et autres créateurs de fiction, prêtent un nombre impressionnant d'empoisonnements. Mais qui est cette femme menue qui, comme le relate Mme de Sévigné : " (...) est morte comme elle avait vécu, résolument" ?
Marie-Madeleine d'Aubray, l'aînée de cinq enfants, fait partie d'une famille dont les membres se sont élevés, en un siècle, du statut de commerçant à celui de grand serviteur de l'État. Son père préside le plus grand tribunal du royaume. Elle est mariée, à vingt et un ans, à Antoine Gobelin, le fils du président de la Chambre des comptes, qui deviendra le marquis de Brinvilliers. Le jeune ménage, entre héritage et dot, dispose d'énormément d'argent. Antoine a choisi le métier des armes plutôt que la magistrature. Le bonheur conjugal se concrétise par la naissance de deux filles, mais sera de courte durée. En campagne, Antoine renoue vite avec une vie de débauche et Marie-Madeleine mène une vie mondaine très active.
Il faut attendre huit ans pour que le couple donne naissance à l'héritier. C'est à cette époque qu'Antoine introduit Jean-Baptiste Gaudin, seigneur de Sainte-Croix, chez lui. Ils se sont connus à l'armée et sont faits pour s'entendre, ce sont des libertins qui aiment la vie facile. Gaudin fait la cour à Marie-Madeleine, qui résiste quelque peu, prévient son mari des assiduités de Sainte-Croix à son égard. Jean-Baptiste ferme les yeux et semble, au contraire favoriser cette situation pour cautionner ses propres frasques. Elle devient la maîtresse de Sainte-Croix. Celui-ci vit, alors, à ses crochets.
Le président d'Aubray découvre une situation qui l'horrifie. Non seulement son gendre dilapide sa fortune, mais sa fille fait de même avec son amant, le gigolo qu'elle entretient. Il fait embastiller Sainte-Croix. C'est là que ce dernier se lie avec Exili, un Italien, alchimiste de la reine Christine de Suède, en prison pour des raisons politiques. Sainte-Croix se lance dans des activités occultes. Et les décès se multiplient autour de Marie-Madeleine : son père, ses deux frères...

Agnès Walch dresse un portrait, tout en nuances, de cette femme qui entrera dans l'Histoire comme une empoisonneuse en série. À partir d'une compilation exhaustive des pièces, elle cherche à cerner la personnalité de Marie-Madeleine qui, sous des dehors déterminés sera une éternelle indécise, influençable et dominée par les hommes. C'est d'abord son père, puis son mari (quelque temps), et surtout Sainte-Croix, son mentor diabolique, dont elle sera la maîtresse pendant une douzaine d'années.
Mais, à travers le portrait saisissant de vérité de cette meurtrière, l'auteur dépeint l'atmosphère de cette époque, la "folie" qui gagne la société et qui atteindra son summum quelques années après avec l'affaire des Poisons. Elle soulève, également, des interrogations sur le déroulement d'un procès mené uniquement à charge et sur les défaillances de certaines procédures. En effet, derrière cette affaire, se trouve impliqué un personnage considérable à l'époque le sieur Pennautier, issu d'une famille de grands financiers, il est l'un des hommes les plus riches de son temps. Elle évoque également l'antagonisme des deux grands ministres de Louis XIV que sont Colbert et Louvois.
Agnès Walch décrit aussi la frénésie de l'argent, l'accession à des places devenues libres fort opportunément. La médecine et la police ne disposent pas des moyens de détection nécessaires pour déterminer si la mort est naturelle ou la conséquence d'un empoisonnement criminel. Elle détaille la structure même de la société qui amène à ce genre d'excès.
Alors, il est vrai que le travail conséquent d'Agnès Walch donne un éclairage différent, une vision nouvelle de cette marquise de Brinvilliers, multi-empoisonneuse au regard de l'Histoire. L'auteur signe, en fait, la première véritable biographie de Marie-madeleine, une biographie qui se dévore comme un excellent thriller.

Citation

Le couple, financièrement, est au bord du gouffre. À plusieurs reprises, Marie-Madeleine a cru qu'elle s'en sortirait. En vain.

Rédacteur: Serge Perraud samedi 19 juin 2010
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