Silence

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dimanche 24 mars

Contenu

Roman - Thriller

Silence

Vengeance MAJ mercredi 28 juillet 2010

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 23 €

Thomas Perry
Silence - 2007
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Marie-France de Paloméra
Paris : Le Seuil, juin 2010
560 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-02-097473-8
Coll. "Thriller"

Cache-cache sanglant

Wendy Harper est la compagne et l'associée d'Eric Fuller. Elle a vu quelque chose qu'elle ne devait pas voir et un tueur a bien failli avoir sa peau devant chez elle. Horrifiée, elle a réussi à fuir en suivant les conseils de Jack Till, un détective privé. Six ans ont passé. On met à jour des indices qui accusent Fuller de la tentative de meurtre sur Wendy. Jack qui sait la vérité doit la retrouver mais il se doute que si les indices ont réapparu, c'est que le coupable veut faire revenir Wendy. Une recherche étrange s'engage.
Thomas Perry sait mener un suspense : lorsqu'il sent que le lecteur va se lasser, il part vers un autre personnage, puis fait bifurquer encore son intrigue pour amener peu à peu les révélations en se faufilant, de manière aussi feutrée que ses tueurs reptiliens. Du coup, des personnages que l'on croyait secondaires, comme le couple de tueurs qui poursuivent la jeune femme, arrivent en pleine lumière et se révélent des personnages aussi captivants, sinon plus que le couple central. Puis la focale se déplace sur le commanditaire de tous ces drames, aux mobiles si futiles par rapport à la masse de meurtres qu'ils vont engendrer.
Évidemment, et c'est le thème qui veut cela, le détective et la belle fuyarde ne peuvent s'empêcher d'avoir une liaison, mais cela se décrit à travers des regards, des remords (car ils ont laissé filer six ans et la vie a continué) et au sein d'une histoire qui alterne les moments de calme suspendu et les courses-poursuites. Il est bien évident qu'il serait trop simple que le lecteur assiste à une course-poursuite, même haletante entre la victime et les tueurs (cela avait fait les beaux jours d'un vieux film de Clint Eastwood) mais le lecteur assiste en direct à une sorte de partie d'échecs grandeur nature où le chasseur et la proie, ayant été chacun dans les deux rôles, anticipent les anticipations de l'autre, ce qui rend particulièrement intelligent le développement de toute l'histoire.
De même alors que l'ensemble s'achève et que Thomas Perry pourrait conclure, il nous offre une dernière série de petits rebondissements qui renversent (un peu) les perspectives, font apparaître une dernière fois les personnages sous un jour légèrement différent, et replacent le couple de tueurs dans leur rôle, glaçant, de prédateurs à sang-froid.
Le décor, la description des personnages, les arrières-plans décrits avec soin, les seconds couteaux restitués de telle sorte que le lecteur les imagine, l'adjonction des éléments appris auprès de professionnels pour accentuer le réel insérés avec délicatesse dans la trame de l'histoire, montrent qu'à défaut d'être un novateur de génie, Thomas Perry est de la classe de ces grandioses artisans qui tissent une œuvre de qualité, qui ne déméritent pas et écrivent sans se moquer une seule seconde de leur public.


On en parle : Carnet de la Noir'Rôde n°44

Citation

Je ne peux pas fournir de pronostic médical en béton à partir du viseur d'une carabine. Tout ce que je peux faire, c'est la toucher avec une .308 et la rayer de mon agenda en cas d'enterrement.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 26 juillet 2010
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