Le Dessinateur 1 - Caroline

Au moment de quitter le commiseriat, une seule chose m'intriguait : pourquoi chaque fois que quelqu'un était persuadé qu'il y avait une explication naturelle à toute cette histoire, j'avançais un peu plus dans la conviction que ce n'était pas le cas ?
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lundi 26 août

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Bande dessinée - Noir

Le Dessinateur 1 - Caroline

Vengeance - Assassinat MAJ lundi 23 août 2010

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 12,9 €

Erroc & François Dimberton (scénario), Jean Trolley (dessin)
Camille W. De Prévaux (coloriste)
Charney-les-Macon : Bamboo, septembre 2008
48 p. ; illustrations en couleur ; 32 x 24 cm
ISBN 978-2-35078-274-4
Coll. "Grand angle"

Quand la vengeance prend les rênes...

Faire justice seul est un sujet qui a déjà fait l'objet de nombreux récits de fiction. Erroc et François Dimberton, qui œuvrent surtout dans les scénarios humoristiques, abordent le récit dramatique et proposent une rédaction très différente de la vengeance personnelle.
Le personnage principal, qui est également le narrateur, est un homme à la cinquantaine alerte. Il fréquente, depuis plus de trente ans, les tribunaux pour dessiner les criminels. Il vient de perdre Caroline, sa fille, qui s'est suicidée après un viol commis par trois voyous. En revenant de son enterrement, il apprend que Simon le Boucher sort de prison. Cette nouvelle le révolte. Comment ce criminel peut-il être vivant, libre... alors que sa fille est morte ? Il prend sa décision et ressort un pistolet ayant appartenu à son oncle. C'est une arme de salaud pour tuer des salauds. Elle ira parfaitement pour venger sa fille !
Les scénaristes placent leur intrigue dans un univers sombre. Ils détaillent un monde où la misère, tant morale que physique, est saisissante. Ils décrivent un cadre où il faut un caractère bien trempé pour ne pas être déstabilisé par cette accumulation de noirceur humaine. Ils mettent en scène un homme qui, en perdant sa fille, a perdu sa raison de vivre.
Ils dressent pour ce héros anonyme (il n'a ni nom, ni prénom) un profil psychologique prenant en compte sa révolte, son chagrin et sa solitude. Ils interrogent également sur l'usure de l'individu en prise directe avec la misère la plus sordide.
Malgré cette noirceur, Erroc et François Dimberton laissent pointer l'espoir. Ils organisent la rencontre d'une femme avec qui le dessinateur reprend goût à la vie au point …de penser à abandonner sa vengeance ! Mais les auteurs ne tombent-ils pas dans la surenchère scénaristique en faisant de cette femme, commissaire de police, celle qui est chargée de mener l'enquête sur le meurtrier des meurtriers ? L'histoire est fort bien menée et on se laisse emporter par le sujet. On est pris par l'atmosphère de ce récit, par la succession des actions et des péripéties.
Jean Trolley réalise un travail graphique superbe. Il donne des planches qui reflètent parfaitement le climat sombre de cette histoire en favorisant les à-plats noirs. Chaque vignette est minutieusement construite avec un soin particulier pour les seconds plans. Comme on n'est jamais si bien servi que par soi-même, Jean Trolley a donné son visage et sa silhouette à son personnage.
Caroline est un premier tome qui dévoile une histoire captivante, prenante, le début d'un diptyque de haute tenue.

Citation

L'arme qui est dans ma poche a déjà tué. Une arme qui a tué, c'est une arme qui tuera encore, facilement.

Rédacteur: Serge Perraud samedi 14 août 2010
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