Le Dessinateur 2 - Abbesses

Tu te rends compte de tout ce qui est arrivé uniquement parce que ces gens-là s'imaginent travailler dans les hautes sphères et pensent que le plus important dans la vie est de se taire.
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Bande dessinée - Noir

Le Dessinateur 2 - Abbesses

Vengeance - Assassinat MAJ samedi 21 août 2010

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 12,9 €

Erroc & François Dimberton (scénario), Jean Trolley (dessin)
Camille W. De Prévaux (coloriste)
Charney-les-Macon : Bamboo, mai 2010
48 p. ; illustrations en couleur ; 32 x 24 cm
ISBN 978-2-35078-842-5
Coll. "Grand angle"

Mais quand la vengeance tourne court...

Le héros est dessinateur judiciaire depuis trente ans. Il a suivi les procès d'assassins aux crimes les plus horribles. L'amour pour Caroline, sa fille, lui permet de tenir dans toute cette noirceur. Quand, après avoir été violée dans un train de banlieue, elle se suicide, il ne reste au dessinateur que des assassins. Des assassins qui sortent de prison ! Il est choqué de voir que ces individus sont libres alors que Caroline est morte. Il décide de les exécuter. Tout se "passe bien" pour régler leur compte à deux assassins, mais le troisième survit. Il doit le faire taire avant d'être dénoncé, car il lui faut être libre pour continuer sa mission. Il veut s'occuper du Samouraï, un dingue libéré récemment, qui utilise le sabre comme arme. Dans la chambre de l'hôpital, le dessinateur arrive trop tard. Sous ses yeux, il voit un homme abattre le blessé et s'en aller d'un pas tranquille. Le dessinateur quitte rapidement les lieux et attend l'arrivée de Léa, la commissaire de police en charge de l'affaire, son amie d'enfance devenue son amante. Celle-ci, bien qu'étonnée de le trouver là, lui présente son adjoint. Celui-ci n'est autre que l'homme qui a abattu le blessé il y a quelques minutes ! Mais, le Samouraï est à l'affût. Il a compris qui est l'homme qui exécute ceux qui sortent de prison...
La vengeance, la tentation de faire soi-même ce que d'autres, dont c'est la mission, ne font pas pour de multiples raisons, est une constante parmi les victimes. Les scénaristes partent de ce constat. Ils décrivent, pour ce faire, un homme que le chagrin étouffe et qui trouve cet exutoire à sa peine, qui combat sa mort intérieure en ayant l'impression de donner un dernier sens à sa vie. Ce personnage, sans identité pour mieux marquer son universalité, trouve cependant, dans la rencontre d'une femme, une nouvelle raison de croire au futur... Mais, dès que l'espoir renaît, celui-ci est étouffé par des circonstances nouvelles qui condamnent à nouveau l'avenir. Les auteurs signent une histoire très sombre où les possibilités d'échappatoire semblent inexistantes. Mais il faut donner un grand coup de chapeau aux deux auteurs pour la construction d'une intrigue aux qualités multiples, dont l'intérêt croit au fil des pages pour un final éblouissant.
Le goût de Jean Trolley pour un dessin réaliste le pousse à se fondre dans son héros et à prendre des amis pour modèles de personnages. Il réalise des pages de très belle facture où le noir domine par de larges à-plats. La mise en couleurs de Camille W. de Prévaux restitue parfaitement l'ambiance sombre de l'histoire.
"Le Dessinateur" est un remarquable diptyque tant par la qualité de son scénario que par son graphisme réaliste.

Citation

Je ne fais que tuer des assassins. Pourquoi la chance me quitterait-elle ?

Rédacteur: Serge Perraud dimanche 15 août 2010
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