Un goût de brouillard et de cendres

Tu es un pur produit de ton espèce. Un défaitiste qui n'a besoin de personne pour se haïr, répondit Dagr en raclant sa chaise par terre. Tu détestes tout le monde : les sunnites pour le meurtre d'Hassan, les chiites pour avoir brisé la communauté des croyants, les Américains pour leur côté indécrottable, les Palestiniens parce qu'ils font la manche, les Saoudiens pour leur lâcheté. Et au final, tu pisses sur ce que te dicte ta raison, à savoir ton intérêt personnel.
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vendredi 19 juillet

Contenu

Roman - Policier

Un goût de brouillard et de cendres

Énigme MAJ vendredi 30 décembre 2011

Note accordée au livre: 3 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 6,95 €

Voir plus d'infos sur le site polarmag.fr (nouvelle fenêtre)

Peter Robinson
Innocent grave - 1996
Traduit de l'anglais par Jean Esch
Paris : LGF, mars 2004
544 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 2-253-09024-7
Coll. "Policier", 32767
Les Enquêtes de l'inspecteur Banks, 8

Ce qu'il faut savoir sur la série

Las de la vie londonienne, l'inspecteur Alan Banks a demandé sa mutation à Eastvale, dans le Yorkshire. Marié à Sandra, il est père de deux adolescents, Brian et Tracy. Très intuitif, il n'hésite pas à braver la procédure pour mener ses enquêtes. Grand amateur de whisky de qualité, il aime aussi la bière "du cru". Mélomane, il goûte autant le classique que le pop-rock de sa jeunesse. Sa situation familiale évolue au fil de la série (il va divorcer, ses enfants vont quitter le bercail - Tracy ira à l'université, Brian intégrera un groupe de rock - et lui connaîtra diverses liaisons épisodiques...) D'un roman à l'autre, il incline de plus en plus à s'abandonner aux souvenirs et à la nostalgie...
Côté professionnel, il gagnera le galon d'inspecteur-chef; à ses côtés, on suit quelques-uns de ses collègues, personnages récurrents qui eux aussi évoluent - par exemple le superintendant Gristhorpe, avec qui il entretient une certaine amitié, partira à la retraite...

Richesse et inconvenances

Par une nuit de brouillard… et d'ivresse, Rebecca Charters, épouse du pasteur de l'église St Mary d'Eastvale, erre dans le cimetière et butte sur le cadavre d'une adolescente. La jeune fille porte encore l'uniforme de son collège ; une exploration rapide de son cartable révèle aux enquêteurs qu'elle se nomme Deborah Harrison et qu'elle appartient à l'une des familles les plus aisées de la ville. Bonne élève, membre du club d'Échecs de son école… Deborah est-elle vraiment une jeune fille si parfaite que cela ? 
Certes, le déroulement de l'enquête suit le cours un peu lent et si agréable auquel nous a habitués Peter Robinson. Mais cette affaire-ci a tout de même quelques relents convenus, tant en ce qui regarde le fond - les inévitables pressions hiérarchiques pour que soient épargnés de pénibles interrogatoires à Sir et Lady Harrison, l'adolescente-brillante-et-riche moins sage qu'il y paraît, etc. - que dans la construction, notamment avec un premier coupable arrêté qui n'est pas le bon (et que l'on mène jusqu'au procès, lequel occupe une très large part dans le roman) et une enquête qui "repart à zéro" exactement deux cents pages avant la fin…
Malgré tout la mécanique romanesque fonctionne à merveille et l'on suit jusqu'à son terme cette histoire plus tragique que sordide - nul doute que le charme puissant du Yorkshire, que Peter Robinson sait si bien transmettre à travers ses descriptions de paysages… et de pubs, y soit pour quelque chose...

Citation

Le brouillard a un goût de cendres, se dit l'inspecteur-chef Alan Banks en remontant le col de son imperméable...

Rédacteur: Isabelle Roche samedi 18 octobre 2008
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