L'Énigme Denervaud

Je n'avais pas tué souvent — mon métier consistait à enfermer les gens, pas à m'ériger en juge et jury — et ceux à qui j'avais pris leur vie, généralement en légitime défense, je les avais liquidés avec une arme quelconque. Je n'avais jamais tué à mains nues, bien qu'en cet instant précis, il n'y eût rien au monde que je désirais davantage.
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samedi 27 février

Contenu

Roman - Policier

L'Énigme Denervaud

Énigme - Assassinat MAJ samedi 28 août 2010

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

Bernard Peitrequin
Vevey : L'Aire, mai 2010
138 p. ; 21 x 13 cm
ISBN 978-2-88108-931-2

La douceâtre torpeur des rives du lac Léman

Une vieille dame toute seule dans sa grande maison retrouvée morte en bas des escaliers. Accident ? Crime ? Un commissaire au bord de la retraite et un journaliste entre un amour local et un rêve d'évasion sexuelle dans les pays baltes, vont tourner autour des suspects possibles.
Le récit se déroule en Suisse. Est-ce l'influence alémanique de Maigret sous prozac ou d'un inspecteur Derrick, mais toujours est-il que l'intrigue policière reste cantonnée au second plan. Outre les deux "enquêteurs" le roman tourne autour des aventures d'un chauffeur de taxi, et d'une ancienne cosmonaute qui est tombé enceinte dans l'espace (!). De nombreuses fois, le lecteur sent une piste qui commence puis tout se délite et l'on part vers un autre personnage, un suspect.
Le texte s'ouvre avec un mystère : une jeune femme revient de l'espace et elle est enceinte, sans que cela soit possible. Le bébé se révèle être surdoué... Puis ces personnages disparaissent et ne reviennent qu'au milieu du roman, uniquement comme propriétaires d'une maison achetée au fils de la morte. Et tout est à l'encan.
Si le roman dépassait les six cents pages, s'installant dans le soin du détail d'une vie provinciale suisse et donc calme, dans les accrocs qui existent entre la volonté d'une vraie vie et ces faux-semblants, cela pourrait avoir un intérêt pour le lecteur appréciant les exercices littéraires et les volontés de renouveler le genre. Mais Bernard Peitrequin n'a pas fait ce choix malgré des apartés inexistants et un style qui aurait pu éclairer cette possibilité. L'ensemble est voulu, et nous sommes plongés dans l'atmosphère de flou et de doute dans lequel se noient les policiers, dans la douceâtre torpeur des rives du lac Léman, dans les brumes qui cachent les turpitudes des familles bourgeoises helvétiques, dans ces demie-teintes qui ressemblent tellement à la neutralité de nos chers voisins, entre le gris clair et le gris foncé, à l'instar d'un Toutes peines confondues, film lui aussi situé en Suisse.

Citation

Depuis son enfance passée entre cultures maraichères, pépinières, jardins et vergers, le commissaire Chamorel était sensible à toute forme de végétation.

Rédacteur: Laurent Greusard mardi 24 août 2010
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