ChériBibi nº4

Voyez-vous, cher docteur, dans la police, on est de vrais fouineurs. On adore creuser comme des rats dans la vie des gens pour y découvrir des secrets qu'ils auraient bien voulu garder ensevelis à dix pieds sous terre, au fin fond d'une forêt déserte...
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mercredi 12 août

Contenu

ChériBibi n°4

Revue

MAJ mercredi 10 mars 2010
Visuel de la revue ChériBibi n°
Pays : France





Prix: 5,00 €
ChériBibi n°4
printemps 2009
semestrielle (ou à peu près)
90 p. : 21.00 x 26.00 cm
ISSN 1957-4592
Comment se procurer la revue ?

On y va
Adresse : BP 17, 94201 cedex Ivry-sur-Seine, France
E-mail : asso.onyva@gmail.com; contact@cheribibi.net
Site : http://www.cheribibi.net

Ce qu'il faut savoir sur la revue
Le nom semble suggérer une référence à l'âge d'or du roman-feuilleton, à un auteur, à un personnage, à une certaine tonalité romanesque... L'on s'aperçoit pourtant bien vite que le contenu amène assez loin du XIXe siècle et que ce n'est pas la littérature feuilletonesque qui a la vedette. On est en présence d'un magazine à large spectre en matière de domaines abordés (beaucoup de musique tendance reggae punk, du cinéma couleur bis, des chroniques littéraires et "fanzinatiques" de même nuance, un soupçon de théâtre...) mais d'une grande unité visuelle et tonale.
Côté maquette et mise en page, la densité - l'extrême densité devrait-on écrire - règne : les caractères sont petits, les pages contiennent en moyenne trois colonnes de texte et sont abondamment illustrées de dessins ou de photographies - de manière harmonieuse quoique fort ramassée... Quant au ton d'ensemble il est direct, plein d'humour - l'incitation à l'abonnement est à cet égard assez représentatif - et l'on note qu'une large place est donnée aux "causeries" (c'est un peu comme une interview ou un entretien, mais l'on y sent davantage d'amitié, de chaleur). Conformément à cette convivialité, le registre est à la relâche : on cause pas le petit doigt en l'air, mais ça ne veut pas dire qu'on traite la langue par-dessus la jambe (sans jeu de mot et sans allusion cachée) : en exergue de chaque édito est cité un mot suivi de la définition qu'en donne le Larousse et, dans sa familiarité, l'écriture reste de bonne tenue. À noter également que dans chaque numéro un petit espace est dédié à la création : on découvre une nouvelle inédite, un "strip" de quatre cases Bébert, l'as du hold-up et deux épisodes d'un feuilleton en BD, Verminax, le gredin de l'ombre. C'est une évidence : on a entre les mains une revue pas conformiste qui fleure la vigueur libertaire - vigueur dont on a envie de dire qu'elle est bienvenue dans un monde où prévalent mollesses consensuelles et indignations bien-pensantes.
Si vous êtes du genre très prudent, voire un peu méfiant, vous aurez un premier contact avec la revue des plus édifiants en visitant son site internet, le Chéribiblog. On y trouve, en guise de présentation, une reproduction de l'éditorial du number ouane, véritable régal d'écriture qui n'en est pas moins clair quant à la "ligne" suivie. On y lit notamment cet heureux "self portrait" : Zonard curieux (ou curieux zonard ?), le ChériBibi dérive dans les recoins malfamés où ne s’aventure guère la lumière blafarde des lampadaires médiatiques.
Ces recoins laissés pour compte relèvent de ce que l'on appelle communément la "culture populaire" - avec ce rien de condescendance dont les plus snobs voilent leur profond mépris. Le ChériBibi, lui, a pour ambition de réhabiliter la culture populaire, et ce dans toutes ses formes d'expression - musique, images, films, livres... - et à travers tous lieux, toutes époques - dans les champs de coton plutôt que dans les salons, dans les faubourgs de Kingston en 1969 ou à Roubaix le mois dernier. - regardant avec autant d'intérêt le graffiti tracé à la hâte sur un mur lépreux de banlieue que les œuvres des pionniers du roman-feuilleton.

Le premier numéro est sorti en avril 2007, et l'équipe - la trime team chéribibine... - prévoyait alors une périodicité semestrielle. L'intention semble avoir connu quelques cahots : le numéro 2 sortait en été 2007, le 3 au printemps 2008... et le 4 au printemps 2009.
Un numéro coûte 5 euros - frais de port compris si vous vous le faites envoyer. On peut s'abonner (trois formules au choix) via le Chéribiblog ou bien aller chercher son numéro là où la revue est distribuée - officines dont vous trouverez la liste exhaustive sur le Chéribiblog à la rubrique "Nos dealers".
I. Roche/k-libre

SOMMAIRE
Chéribibeat (musique populaire) :
Causerie avec Inner Terrestrials. Sur un air de panthère : l'univers musical des Black Panthers. Causerie avec The Last Poets. Rap Panthers : fight the power! "Du son des oubliettes" : Mickaël Franti. "Chanson populaire" : Street fightin' man. Chroniques disques, skeuds, galettes chouettes. "Reggaemotion" : BlaXreggae, la Jamaïque à l'heure de la blaxploitation. "Modo Punk" : Indo punk. "Les hérauts du peuple sont immortels" : dernière causerie avec Alton Ellis.
Chéribibis (cinéma populaire) : BlaXpanthers : le lynchage de l'Oncle Tom in a blaxploitation style. Causerie avec Melvin Van Peebles. "Bobines Chéries" : Mister Freedom.
Chéribibli (BD, illustrations & littérature populaire) : Verminax, le gredin de l'ombre, le grand feuilleton à suivre de Tôma. Panthères littéraires : y a-t-il une littérature Black Panthers ? "Bibillustr'" : Emory Douglas. Bébert l'as du hold-up. "Chérie noire" : Constat d'échec, une nouvelle inédite de Fred le Râleur. Chroniques bouquins.
Abonnez-vous ou on lâche les fauves !

Petit décryptage

S'il n'y a rien dans ce numéro qui se rapporte strictement aux domaines auxquels s'attache en première instance la rédaction de k-libre, l'on se sent néanmoins en proche cousinage avec l'ensemble du contenu par la dimension toujours très sociale qui le caractérise ; à travers chroniques musicales et cinématographiques émerge tout un monde que l'on sait être l'humus de nombre de polars - en pages ou en bobines, par exemple l'univers des punks indonésiens, ou les diverses contributions traitant de la blaxploitation.
À lire en particulier, côté fiction, la nouvelle de Fred le Râleur qui prolonge l'incursion chez les punks indonésiens et, sur le ton de la parodie cette fois, les deux épisodes de Verminax et les quatre cases de Bébert l'as du hold-up. Parmi les livres chroniqués on repère un "Folio Policier", L'Agneau de Christopher Moore mais, en dépit de sa collection de parution, cet ouvrage n'a manifestement rien d'un polar.
I. Roche/k-libre

Comité de rédaction : Daniel Paris-Clavel
mercredi 10 mars 2010

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