ChériBibi nº2

Comment pouvait-on confondre le monde de cape et d'épée de la CIA avec quelques types qui pondent des slogans accrocheurs pour des laxatifs et des céréales ?
Toby Barlow - Babayaga
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Coup de coeur

Sang chaud
Voilà un étonnant roman de gangsters à la sauce coréenne. L'action se déroule à Guam, un quartier por...
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vendredi 24 janvier

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ChériBibi n°2

Revue

MAJ mercredi 10 mars 2010
Visuel de la revue ChériBibi n°
Pays : France





Prix: 5,00 €
ChériBibi n°2
octobre 2007
Parution aléatoire
90 p. : 21.00 x 26.00 cm
ISSN 1957-4592
Comment se procurer la revue ?

On y va
Adresse : BP 17, 94201 cedex Ivry-sur-Seine, France
E-mail : asso.onyva@gmail.com; contact@cheribibi.net
Site : http://www.cheribibi.net

Ce qu'il faut savoir sur la revue
Le nom semble suggérer une référence à l'âge d'or du roman-feuilleton, à un auteur, à un personnage, à une certaine tonalité romanesque... L'on s'aperçoit pourtant bien vite que le contenu amène assez loin du XIXe siècle et que ce n'est pas la littérature feuilletonesque qui a la vedette. On est en présence d'un magazine à large spectre en matière de domaines abordés (beaucoup de musique tendance reggae punk, du cinéma couleur bis, des chroniques littéraires et "fanzinatiques" de même nuance, un soupçon de théâtre...) mais d'une grande unité visuelle et tonale.
Côté maquette et mise en page, la densité - l'extrême densité devrait-on écrire - règne : les caractères sont petits, les pages contiennent en moyenne trois colonnes de texte et sont abondamment illustrées de dessins ou de photographies - de manière harmonieuse quoique fort ramassée... Quant au ton d'ensemble il est direct, plein d'humour - l'incitation à l'abonnement est à cet égard assez représentatif - et l'on note qu'une large place est donnée aux "causeries" (c'est un peu comme une interview ou un entretien, mais l'on y sent davantage d'amitié, de chaleur). Conformément à cette convivialité, le registre est à la relâche : on cause pas le petit doigt en l'air, mais ça ne veut pas dire qu'on traite la langue par-dessus la jambe (sans jeu de mot et sans allusion cachée) : en exergue de chaque édito est cité un mot suivi de la définition qu'en donne le Larousse et, dans sa familiarité, l'écriture reste de bonne tenue. À noter également que dans chaque numéro un petit espace est dédié à la création : on découvre une nouvelle inédite, un "strip" de quatre cases Bébert, l'as du hold-up et deux épisodes d'un feuilleton en BD, Verminax, le gredin de l'ombre. C'est une évidence : on a entre les mains une revue pas conformiste qui fleure la vigueur libertaire - vigueur dont on a envie de dire qu'elle est bienvenue dans un monde où prévalent mollesses consensuelles et indignations bien-pensantes.
Si vous êtes du genre très prudent, voire un peu méfiant, vous aurez un premier contact avec la revue des plus édifiants en visitant son site internet, le Chéribiblog. On y trouve, en guise de présentation, une reproduction de l'éditorial du number ouane, véritable régal d'écriture qui n'en est pas moins clair quant à la "ligne" suivie. On y lit notamment cet heureux "self portrait" : Zonard curieux (ou curieux zonard ?), le ChériBibi dérive dans les recoins malfamés où ne s’aventure guère la lumière blafarde des lampadaires médiatiques.
Ces recoins laissés pour compte relèvent de ce que l'on appelle communément la "culture populaire" - avec ce rien de condescendance dont les plus snobs voilent leur profond mépris. Le ChériBibi, lui, a pour ambition de réhabiliter la culture populaire, et ce dans toutes ses formes d'expression - musique, images, films, livres... - et à travers tous lieux, toutes époques - dans les champs de coton plutôt que dans les salons, dans les faubourgs de Kingston en 1969 ou à Roubaix le mois dernier. - regardant avec autant d'intérêt le graffiti tracé à la hâte sur un mur lépreux de banlieue que les œuvres des pionniers du roman-feuilleton.

Le premier numéro est sorti en avril 2007, et l'équipe - la trime team chéribibine... - prévoyait alors une périodicité semestrielle. L'intention semble avoir connu quelques cahots : le numéro 2 sortait en été 2007, le 3 au printemps 2008... et le 4 au printemps 2009.
Un numéro coûte 5 euros - frais de port compris si vous vous le faites envoyer. On peut s'abonner (trois formules au choix) via le Chéribiblog ou bien aller chercher son numéro là où la revue est distribuée - officines dont vous trouverez la liste exhaustive sur le Chéribiblog à la rubrique "Nos dealers".
I. Roche/k-libre

SOMMAIRE
Chéribibeat (musique populaire) :
Causerie avec The Slits. "Du son des oubliettes" : Witches Valley. "Chanson populaire" : Summertime Blues. Chroniques disques, skeuds, galettes chouettes. "Reggaemotion" : Reggae western. Causerie avec Dave Baker, George Dekker & Dennis Alcapone. "Mondo Punk" : Texas punk 1979-1985.
Chéribibis (cinéma populaire) : Le western Zapata. "Bobines chéries" : Kovilpatti Veeralakshnmi.
Théâtre populaire : Le théâtre jamaïcain.
Chéribibli (littérature, BD & illustration populaire) : Verminax, le gredin de l'ombre. Une histoire de Riri. Bébert, l'as du hold-up. Fatalitas ! Chéri-Bibi, le bagnard terrible de Gaston Leroux. "Les hérauts du peuple sont immortels" : Serge, dessinateur-reporter méconnu. "Chérie noire" : Sur la brèche, une nouvelle en français de Steve Goodman. Chroniques bouquinzines.
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Petit décryptage

Est éclectique "ce qui adopte, dans plusieurs opinions ou dans divers genres, ce qui lui paraît bon", dit le Larousse millésime 1982. Reprenant en exergue cette citation, le deuxième numéro du ChériBibi, loin de remettre en cause cet éclectisme que d’aucuns semble-t-il ont reproché au numéro précédent, le brandit tel un étendard et offre à nouveau à ses lecteurs un contenu foisonnant, toujours organisé cependant en rubriques bien définies.
Au-delà de quelques évidences k-libristes – le riche dossier abondamment illustré que DPC consacre au célèbre forçat victime de la fatalitas créé par Gaston Leroux, et Sur la brèche, nouvelle inédite que l’Anglais Steve Goodman a écrite tout exprès pour le ChériBibi (qui est aussi sa toute première œuvre traduite en français) – cela vaut la peine de fouiller un peu dans la matière profuse de la revue : on y trouve des perles bien noires qu’aucun aficionado de k-libre ne saurait bouder. Par exemple la rubrique "Bobines chéries", où il est question d’un film indien ayant pour héroïne une jeune femme issue de la caste des Intouchables (les dalits) qui prend les armes pour venger les outrages sans cesse infligés aux siens – un long métrage de plus de trois heures tourné en langue tamoule qui, pour le chroniqueur (DPC), "s’inscrit entre [ses] deux films culte, Orange mécanique et The Harder They Come". Et dans la rubrique "Chroniques bouquinzines", on remarquera les articles traitant de L’Homme qui s’évada (Actes Sud BD), un album signé Laurent Maffre qui transpose le livre qu’Albert Londres écrivit sur l’anarchiste Eugène Dieudonné, et du roman d’Abdel-Hafed Benotman Les Poteaux de torture (Rivages Noir). En outre, deux contributions mentionnent l'une la parution du centième numéro de 813, et l'autre la première livraison d’Amer, édité par Les Âmes d’Atala, à l’esprit très "dandy décadent".
Sans oublier la suite des Aventures de Verminax, le gredin de l’ombre
I. Roche/k-libre

Comité de rédaction : Daniel Paris-Clavel

Auteurs traités : Gaston Leroux (Article)
mercredi 10 mars 2010

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