ChériBibi nº1

J'ai toujours prétendu qu'il fallait accorder un crédit plus que mitigé aux aveux spontanés des repentis du terrorisme... dit-il ; ils sont trop pressés de se faire pardonner pour être honnêtes !
Jean-Hugues Oppel - Barjot !
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vendredi 13 décembre

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ChériBibi n°1

Revue

MAJ mercredi 10 mars 2010
Visuel de la revue ChériBibi n°
Pays : France





Prix: 5,00 €
ChériBibi n°1
mars 2007
Parution aléatoire
90 p. : 21.00 x 26.00 cm
ISSN en cours
Comment se procurer la revue ?

On y va
Adresse : BP 17, 94201 cedex Ivry-sur-Seine, France
E-mail : asso.onyva@gmail.com; contact@cheribibi.net
Site : http://www.cheribibi.net

Ce qu'il faut savoir sur la revue
Le nom semble suggérer une référence à l'âge d'or du roman-feuilleton, à un auteur, à un personnage, à une certaine tonalité romanesque... L'on s'aperçoit pourtant bien vite que le contenu amène assez loin du XIXe siècle et que ce n'est pas la littérature feuilletonesque qui a la vedette. On est en présence d'un magazine à large spectre en matière de domaines abordés (beaucoup de musique tendance reggae punk, du cinéma couleur bis, des chroniques littéraires et "fanzinatiques" de même nuance, un soupçon de théâtre...) mais d'une grande unité visuelle et tonale.
Côté maquette et mise en page, la densité - l'extrême densité devrait-on écrire - règne : les caractères sont petits, les pages contiennent en moyenne trois colonnes de texte et sont abondamment illustrées de dessins ou de photographies - de manière harmonieuse quoique fort ramassée... Quant au ton d'ensemble il est direct, plein d'humour - l'incitation à l'abonnement est à cet égard assez représentatif - et l'on note qu'une large place est donnée aux "causeries" (c'est un peu comme une interview ou un entretien, mais l'on y sent davantage d'amitié, de chaleur). Conformément à cette convivialité, le registre est à la relâche : on cause pas le petit doigt en l'air, mais ça ne veut pas dire qu'on traite la langue par-dessus la jambe (sans jeu de mot et sans allusion cachée) : en exergue de chaque édito est cité un mot suivi de la définition qu'en donne le Larousse et, dans sa familiarité, l'écriture reste de bonne tenue. À noter également que dans chaque numéro un petit espace est dédié à la création : on découvre une nouvelle inédite, un "strip" de quatre cases Bébert, l'as du hold-up et deux épisodes d'un feuilleton en BD, Verminax, le gredin de l'ombre. C'est une évidence : on a entre les mains une revue pas conformiste qui fleure la vigueur libertaire - vigueur dont on a envie de dire qu'elle est bienvenue dans un monde où prévalent mollesses consensuelles et indignations bien-pensantes.
Si vous êtes du genre très prudent, voire un peu méfiant, vous aurez un premier contact avec la revue des plus édifiants en visitant son site internet, le Chéribiblog. On y trouve, en guise de présentation, une reproduction de l'éditorial du number ouane, véritable régal d'écriture qui n'en est pas moins clair quant à la "ligne" suivie. On y lit notamment cet heureux "self portrait" : Zonard curieux (ou curieux zonard ?), le ChériBibi dérive dans les recoins malfamés où ne s’aventure guère la lumière blafarde des lampadaires médiatiques.
Ces recoins laissés pour compte relèvent de ce que l'on appelle communément la "culture populaire" - avec ce rien de condescendance dont les plus snobs voilent leur profond mépris. Le ChériBibi, lui, a pour ambition de réhabiliter la culture populaire, et ce dans toutes ses formes d'expression - musique, images, films, livres... - et à travers tous lieux, toutes époques - dans les champs de coton plutôt que dans les salons, dans les faubourgs de Kingston en 1969 ou à Roubaix le mois dernier. - regardant avec autant d'intérêt le graffiti tracé à la hâte sur un mur lépreux de banlieue que les œuvres des pionniers du roman-feuilleton.

Le premier numéro est sorti en avril 2007, et l'équipe - la trime team chéribibine... - prévoyait alors une périodicité semestrielle. L'intention semble avoir connu quelques cahots : le numéro 2 sortait en été 2007, le 3 au printemps 2008... et le 4 au printemps 2009.
Un numéro coûte 5 euros - frais de port compris si vous vous le faites envoyer. On peut s'abonner (trois formules au choix) via le Chéribiblog ou bien aller chercher son numéro là où la revue est distribuée - officines dont vous trouverez la liste exhaustive sur le Chéribiblog à la rubrique "Nos dealers".
I. Roche/k-libre

SOMMAIRE
Chéribibeat (musique populaire) :
Causerie avec le Ministère des Affaires populaires. Causerie avec Don Lefts. Punky reggae connexion. Causerie avec Mikey Dread. "Chanson populaire" : Guns of Brixton. "Les hérauts du peuple sont immortels" : Desmond Dekker. Causerie avec Cockney Rejects. Chroniques disques. "Du son des oubliettes" : Afro beat au Bénin.
Chéribibis (cinéma populaire) : Chroniques cinoche. "Bobines chéries" : La Souris qui rugissait. Cinéma Jamaïca. Causerie avec Cherine Anderson.
Théâtre populaire : Pascal Tourain.
Chéribibli (littérature et BD populaire) : Verminax, le gredin de l'ombre. Tchatchman ! un super héros à Gomé en 4 cases. Chroniques bouquins. La fresque en couleur des Fresquilleurs. L'histoire du monde et du parc de Tompkins Square, l'Amérique vue par Seth Tobocman. Causerie avec Seth Tobocman. Chroniques zines. "Chérie noire" : Série Z, une nouvelle inédite de Frank Michel.
Abonnez-vous !

Petit décryptage

Entre Afro beat et punky reggae connexion, ce premier pavé lancé haut à la gloire de la culture populaire ("Populaire : qui appartient au peuple, qui concerne le peuple, issu du peuple" - c'est écrit dans le Larousse et les Chéribibins mettent cette définition en exergue de leur édito inaugural) sonne plutôt "good vibrations" que frissons noirs. Pourtant, la rédaction de k-libre, qui ne pouvait pas laisser passer une revue portant le nom d'un personnage ô combien emblématique de l'univers qu'elle arpente et qui est vaste, ne s'est pas arrêtée aux sons et bien lui en a pris. Car il y a dans la matière profuse du "number one" du ChériBibi de petites perles propres à ravir un k-libriste. Tout d'abord - parce qu'il faut bien expliquer, quand on se lance, le pourquoi de son nom - un texte hors sommaire (comme on dirait "hors texte en couleurs") qui, sur le mode de la narration alternée, invite à assister à un combat de lucha libre à Mexico et à se poser au "Fauteuil hanté", restaurant de la rue Lepic tenu par l'arrière-petite-fille de Gaston Leroux qui l'a aménagé en véritable musée consacré à son aïeul et à ses œuvres. Parmi les livres chroniqués, on repère l'ouvrage d'Étienne Barillier publié en 2006 aux Moutons électriques, Les Nombreuses vies de Fantômas. Et comment rester insensible au clin d'œil qu'adresse à tous les bibliophiles noirs "Chérie noire", la rubrique accueillant la nouvelle inédite ? Ici Série Z, qui plonge dans le monde glauque des combats clandestins. Enfin, on se gardera d’oublier le lancement du feuilleton en BD Verminax, le gredin de l’ombre, mélange jubilatoire et parodique de références multiples – notamment au fameux Nick Carter devenu pour la circonstance "Nick Partner, le détective gentleman" !
I. Roche/k-libre

Comité de rédaction : Daniel Paris-Clavel

Auteurs traités : Gaston Leroux (Roman feuilleton)
Ouvrages chroniqués : Chéri-Bibi volume 1 : Les Cages flottantes
mercredi 10 mars 2010

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