Fairhill, petite ville calme et tranquille de l’État américain du Vermont. Brewer est une mère dont le mari est parti et qui travaille de nuit. Elle a l’habitude de laisser sa fille, Diana, à la maison quand elle part au travail. Mais un jour, alors qu’elle est rentrée et s’est directement couchée, elle découvre à son réveil que sa fille n’est plus là. Quand la police sonne à sa porte, c’est pour annoncer que Diana a été retrouvée morte dans un champ. Les premières heures de l’enquête font apparaître des suspects potentiels : tout d’abord le petit ami, un garçon un peu nerveux et violent, qui n’avait peut-être pas supporté que sa copine décide de faire ses études loin de lui et même de le plaquer s’il s’entêtait à vouloir surveiller et contrôler sa vie. Comme en plus, son alibi est mince, qu’il a été vu tard dans la soirée tourner autour de la maison de la victime, il fait un suspect acceptable. Tout comme un homme, un marginal qui vit dans une caravane à l’extérieur de la ville, qui avait harcelé la jeune fille pendant son travail de caissière et dont l’alibi est bancal car il aurait été avec un autre marginal qui lui doit beaucoup. Lorsque la police découvre que le corps a été récupéré dans un champ qui appartient à une famille, dont la fille est en train de préparer son mariage, et que le futur marié n’est autre qu’un professeur de sport du lycée où Diana était scolarisée et qu’elle avait eu des problèmes avec lui l’accusant de harcèlement, ce dernier fait un nouveau suspect sans alibi qui arrive au grand jour.
Shari Lapena nous offre un roman classique qui va mélanger les différents protagonistes du drame – la mère éplorée, la famille du petit ami de Diana, une professeure du lycée, le proviseur qui a masqué les « déviances » d’un collègue, le dit collègue qui tente de renouer avec sa fiancée, cette dernière, le marginal et ses activités suspectes, les forces de police -, dans une suite de chapîtres qui permettent de varier l’intrigue et de déplacer les pistes, rendant le livre éminemment lisible et agréable. Le tout en restant sage et traditionnel dans son évocation d’une petite ville américaine soudain confrontée à la violence et la peur. À partir de tous ces thèmes classiques du roman noir, Shari Lapena nous propose, avec Une jeune fille sans histoires, une partition efficace et agréable.