k-libre - événement

Alors j'ai serré Michael dans mes bras et je lui ai chanté une chanson. J'espérais que ça allait passer et qu'ensuite il irait mieux. Elle leva sur nous son visage ruisselant de larmes Mais ça n'a pas passé.
James Patterson & Maxine Paetro - Le 7e ciel
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Coup de coeur

G.A.V.
Nous sommes dans un commissariat français. La nuit arrive. Il y a eu dans la cité voisine deux coups de f...
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lundi 25 octobre

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La plume et le marteau

La plume et le marteau Par tous les côtés, par-dessus tous les bords littéraires, le franc-parler a dessalé et penser semble désormais un superflu dont on peut se passer pour écrire. Prendre la plume pour l’ouvrir et cogiter au marteau sur l’existence ou son époque, voilà qui paraît aujourd’hui fort présomptueux, presque ringard. Je ne crois pas que le roman noir et le polar échappent à ce polissage mou. La critique sociale ou l’indépendance d’esprit ne peuvent s’instituer en genre littéraire. Nombre des poèmes ou essais qu’il m’arrive de lire, notamment dans la revue Le Grognard, où je sévis également, me semblent davantage mériter le qualificatif de noir, de franc-parler et de critique, que nombre de romans policiers actuels. Mais je n’ignore pas que le roman noir et le polar ont endossé, et endossent encore, espérons-le, la grogne que la littérature et la philosophie politique ont refoulé de leur goulot. J’en suis si bien persuadé que je suis parti, via l’école de Missoula, sur les traces de Ed. Abbey et du John Barleycorn de Jack London, et visiter Ceux de Falesa de Stevenson. Et là, mes k-libres, ça cause ! Et Hammett, dans Le Crime en jaune, ne se montre pas simplement d’une précision sociale et politique très rude, il développe également une véritable philosophie pratique, une philosophie praticable. Mais là encore, cette chronique, le cabaret de la dernière chance… dont je suis le tenancier, au Grognard, me paraîtrait inconsistante sans le contre-point de American Rebels, chronique où Mitch Abidor croque les trombines d’anarchistes et d’anarcho-syndicalistes étaZuniens, (R. Tucker, Jerry Farber, Voltairine De Cleyre, Clarence Darrow, Lucy Parsons), des femmes et des hommes qui ne faisaient pas de littérature mais ne mâchaient pasleurs mots et tenaient ferme la rampe de leur critique sociale. Mais quelle saveur et quel sens aurait la lutte de ces zigs-là eux-même, sans la célébration tragique de l’existence d’un Brueghel, d’un Rubens ou d’un Delaroche , dénichés du Louvre par Patrice Locmant, autre chroniqueur inactuel du Grognard ? Bref, on a coutume de dire que le noir contient toutes les couleurs et s’anime de toutes les nuances, j’aime à retrouver cette couleur et savourer ces nuances dans toutes les formes d’expression.

Et au Grognard, revue individualiste s’il en est, je ne semble pas le seul ! En 2009, sortait son premier livre, Georges Palante ou la génération honnie, (sous la direction de Goulven Le Brech et Stéphane Beau). Le Grognard commencera l’année 2010 avec un second livre, Motus, de Frédéric Saenen, recueil de nouvelles "noires", s’il en est, mêlant critique sociale et tranches parfois très saignantes de vie quotidienne.
Il arrivera près de chez vous en mars 2010 ! Mais Motus

Stéphane Prat.
(Le Grognard Manchot)

* Le Grognard, revue trimestrielle et résolument inactuelle, entend renouer avec le franc-parler et l’élégance des feuilles littéraires, individualistes, voire anarchistes, de la fin du XIXe, début XXe, telles La Revue Blanche, Le Mercure de France, L’En-dehors, La Mêlée… Au Grognard, on aime bien le jeu achronique entre les cogitations présentes et les voix critiques devancières, dénichées dans les divers greniers de l’insoumission et autres repaires de francs-parleurs : Stig Dagerman (G. n°2), Edward Carpenter (G. n°5), Jules Lequier (G. n°10), Henri Jossot (G n°11) en-dehors du troupeau lui aussi… Une telle compagnie a séduit quelques plumes d'aujourd'hui très diverses : Anne-Lou Steininger, Denis Grozdanovitch, Thomas Vinau, Alain Nadaud, Marc Villemain, Patrice Maltaverne, Guy Darol, Goulven Le Brech, et bien sûr Stéphane Beau, le créateur concepteur sourcier de la feuille, aphoriste contingent, romancier bovaryste. Le tout est illustré à la diable, mêlant lettrines, illustrations rétros et créations contemporaines. Môssieur Daniel Maja s’est même joint à nous, Tanguy Dohollau, Sophie Atek et Gérard Bertrand sont des habitués.

NdR. Si vous souhaitez retrouver les grognons du Grognard, il vous suffit de :
- surfer sur le blog du grognard
- contacter le Grognard
Par La Rédaction




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