Les Violents de l'automne

Je ne suis pas en sécurité avec les flics mais je crois que je les préfère.
David Michôd - Animal Kingdom, une famille de criminels
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mardi 18 mai

Contenu

Roman - Policier

Les Violents de l'automne

Politique - Historique - Vengeance - Assassinat - Faits divers MAJ jeudi 05 juillet 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18,5 €

Philippe Georget
Paris : Jigal, mai 2012
342 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-914704-88-5
Coll. "Polar"

Actualités

  • 16/05 Édition: Parutions de la semaine - 16 mai
  • 18/10 Édition: Parutions de la semaine - 18 octobre
    Quelques valeurs sures au programme de cette semaine de parutions à commencer par un nouveau roman de Ken Bruen, Sur ta tombe. Alors que L'Espion qui venait du froid célèbre ses cinquante ans, John Le Carré n'en finit pas de reverdir au Seuil et nous revient avec Une vérité si délicate. Les éditions Rivages font le forcing sur Dave Zeltserman avec une réédition poche (qui est loin d'être exceptionnelle) et Trouver la faille, en grand format.
    En poche justement figure une fois n'est pas coutume un roman qui attire tout spécialement notre attention. Je veux parler du Roi fou du Népal, un "SAS" de Gérard de Villiers. À n'en pas douter l'un des tous derniers de la série, puisque l'auteur est mort dans la semaine. Sinon, les amoureux de romans policiers historiques ne seront pas à la peine entre deux habitués du genre : Boris Akounine et Peter Tremayne chez 10-18. Enfin, ceux qui les ont ratés en grand format pourront apprécier la version poche des romans de trois auteurs Jigal, Philippe Georget, Maurice Gouiran et Gilles Vincent.
    Pas grand-chose à se mettre sous la dent ou sous la couette en bandes dessinées et littératures jeunesse hormis peut-être une nouvelle revisitation d'Alib Baba et les quarante voleurs, et un roman qui flirte avec le fantastique de Renaud Mahric.
    Les documents sont multiples et variés, mais signalons Dans le ventre de la bête, de Jack Henry Abbott (Ring) et Le Gang des souris vertes, de Imen Ghouali (Hors collection), une histoire fort éloignée de la bibliothèque de la même couleur...

    Fictions adulte grand format :
    Rompre le silence, de Mechtild Borrmann (Le Masque, "Grands formats")
    Basse tension, de Jérémy Bouquin (du Lamantin, "Le Lamantin des profondeurs")
    Sur ta tombe, de Ken Bruen (Fayard, "Noir")
    L'Écorchée, de Donato Carrisi (Calmann-Lévy)
    Revanche, de Cat Clark (Robert Laffont, "R")
    Ligne de feu, de Jeffery Deaver (Les 2 terres)
    Le Printemps des enfants perdus, de Béatrice Égémar (Presses de la Cité, "Romans Terres de France")
    JDTV : jamais devant, toujours vivant, de Claude d'Elendi (Domus)
    L'Exquise nouvelle. La saison Mix and Match 3, Les aventures du concierge masqué, collectif (Exquise)
    L'Écharpe verte, de Michèle Fourquet (L'Harmattan, "Écritures")
    Un si gentil garçon, de Javier Gutiérrez (Autrement, "Litératures")
    Une vérité si délicate, de John Le Carré (Le Seuil, "Cadre vert")
    De certaines façons de mourir... 1, Les Années flétries, de Rafael Menjívar Ochoa (Cénomane, "& littérature")
    Le Testament Néfertiti, de Xavier Milan (City, "Thriller")
    Sous l'œil de Judas, de Régis Moreau (Les Nouveaux auteurs)
    Psycho Killer (Sonatine)
    Veuve noire, de Michel Quint (Archipel, "Cœur noir")
    Annecu ! mort en roue libre, de Gérald Richard (Cabédita, "Espace et horizon")
    Trouver la faille, de Dave Zeltserman (Rivages, "Thriller")

    Fictions adulte poche :
    L'Attrapeur de libellules, de Boris Akounine (10-18, "Grands détectives")
    Le Glaucome de Picardie, de Daniel Auna (Ravet-Anceau, "Polars en Nord")
    Les Ombres de Calais, d'Estele Brichet & Richard Brichet (Ravet-Anceau, "Polars en Nord")
    Les Talons hauts rapprochent les filles du ciel, d'Olivier Gay (Le Masque, "Poche contemporain")
    Les Violents de l'automne, de Philippe Georget (Jigal, "Poche polar")
    Putains de pauvres !, de Maurice Gouiran (Jigal, "Poche polar")
    L'Horreur au cœur de la nuit, de Russell H. Greenan (Rivages, "Noir")
    La Séance, de John Harwood (Pocket, "Best")
    So much pretty, de Cara Hoffman (10-18, "Domaine policier")
    Le Dandy mourant, de Mari Jungstedt (Le Livre de poche, "Thriller")
    Impact, de Philip Kerr (Le Masque, "Poche contemporain")
    Le Dernier amour d'Arsène Lupin, de Maurice Leblanc (Le Livre de poche)
    Les Plus belles aventures d'Arsène Lupin, de Maurice Leblanc (Le Livre de poche, "Majuscules")
    Et si c'était lui ?, de Gerald Messadié (Archipoche, "Archipoche")
    Petit oiseau du ciel, de Joyce Carol Oates (Points)
    L'Orgueil du diable : un serial killer dans le Vieux-Nice, de Brigitte Rico (Baie des anges, "Noir Méditerranée")
    Célébrité du crime, de Nora Roberts (J'ai lu, "Littérature générale. Roman")
    La Honte leur appartient, de Maud Tabachnik (Le Masque, "Poche contemporain")
    Les Enquêtes de l'inspecteur Ian Rutledge de Scotland Yard, de Charles Todd (J'ai lu, "Thriller")
    Le Cavalier blanc, de Peter Tremayne (10-18, "Grands détectives")
    Le Roi fou du Népal, de Gérard de Villiers (Gérard de Villiers, "SAS")
    Parjures, de Gilles Vincent (Jigal, "Poche polar")
    La Main noire, de Robert Vincent (Ravet-Anceau, "Polars en Nord")
    Crimes sans importance, de Dave Zeltserman (Rivages, "Noir")

    Fictions adulte grands caractères :
    La Veuve noire de Pornic, de Jean-Pierre Bathany (Corps 16, "Police")
    Le Coup de filet, d'Andrea Camilleri (Corps 16, "Littera")
    Une chanson douce, de Mary Higgins Clark (VDB)
    Ça chauffe à Marseille, d'Alain Couprie (Corps 16, "Police")
    Une invitée indésirable, de Louise Douglas (VDB)
    Mauvais sort dans le Trégor, de Bernard Enjolras (Corps 16, "Police")
    La Sœur de l'ombre, de Patricia J. MacDonald (VDB)
    Une amitié assassine, d'Alex Marwood (VDB)

    Bandes dessinées :
    Crépuscule, de Roberto Aguirre-Sacasa & Mike Perkins (Delcourt, "Contrebande")
    Disparitions au stade, de Bruno Bertin (P'tit Louis)
    New Moscow. 2, de Corbeyran & Nicolas Otéro (Glénat, "Grafica")
    Lies Pieds nickelés s'en vont en guerre, de Louis Forton (La Librairie Vuibert
    Je suis légion : l'intégrale, de Fabien Nury & John Cassady (Humanoïdes associés, "Humanoids")
    Dark country, de Thomas Ott (Apocalypse)
    Durango : intégrale. 4, de Yves Swolfs & Thierry Girod (Soleil)

    Littérature de jeunesse (éveil) :
    Les Enquêtes du Père Noël, de Corinne Boutry & Nathalie Janer (Clochettes)
    Les Enquêtes du Bonhomme de neige, de Nathalie Janer (Clochettes)
    Marcel, de Claire Juarez & Chiara Arsego (Marmaille et compagnie)

    Fictions jeunesse :
    Arthur Bayard et les maîtres du temps, de Laurent Bettoni (Don Quichotte)
    Ali-Baba et les quarante voleurs, de Madeleine Brunelet (Père Cator-Flammarion, "Les Classiques du Père Castor")
    Fugueuses, de Sylvie Deshors (Le Rouergue, "DoAdo")
    L'Énigme de l'homme masqué, de Emma Kennedy (Casterman, "Roman")
    L'Attaque du Pizz'Raptor, de Renaud Marhic (P'tit Louis, "Roman jeunesse")
    Nom de code Pompidou, de Véronique Massenot & Frédéric Sochard (L'Élan vert, "Pont des arts")
    Big easy, de Ruta Sepetys (Gallimard jeunesse, "Scripto")

    Cinéma, télévision & radio :
    The Godfather family album, par Paul Duncan (Taschen)
    Psycho : la leçon d'iconologie d'Alfred Hitchcock, de Luc Vancheri (Vrin, "Philosophie et cinéma")

    Criminologie & prison :
    Dans le ventre de la bête, de Jack Henry Abbot (Ring)
    Officines : les cabinets noirs de Jacques Chirac, de Frédéric Charpier (Le Seuil, "Essai")
    Le Gang des souris vertes : l'histoire de quatre Arsène Lupin des temps modernes qui ont dévalisé les transports de fonds..., de Imen Ghouali (Hors collection)
    Tapie, le scandale d'État, de Laurent Mauduit (Stock, "Stock document")
    Rançons : enquête sur le business des otages, de Dorothée Moisan (Fayard, "Documents")
    Les Liens du sang : deux frères flics & truands, de Bruno Papet & Michel Papet (J'ai lu, "Document")
    Minuit en Sicile, de Peter Robb (Nevicata)
    Pour une poignée de cerises : itinéraire d'un voyou pas comme les autres, de Edmond Vidal & Edgar Marie (J'ai lu, "Document")

    Problèmes sociaux & sécurité publique :
    La Police de l'écriture : l'invention de la délinquance graphique : 1852-1945, de Philippe Artières (La Découverte, "Sciences humaines et sociales")
    Devenir gendarme, de Christophe Dubois (ETAI, "Profession")
    Devenir sapeur-pompier, de Christophe Dubois (ETAI, "Profession")
    Raisons d'État : police et renseignement, de Roger Marion (La Martinière)
    Terorismes : histoire et droit, sous la direction de Mireille Delmas-Marty & Henry Laurens (CNRS, "Biblis")
    Liens : Impact |Le Coup de filet |Arthus Bayard et les maîtres du temps |Sur ta tombe |Basse tension |Veuve noire |Trouver la faille |Ken Bruen |Donato Carrisi |Jeffery Deaver |John Le Carré |Michel Quint |Boris Akounine |Olivier Gay |Philippe Georget |Maurice Gouiran |Mari Jungstedt |Philip Kerr |Maurice Leblanc |Joyce Carol Oates |Maud Tabachnik |Peter Tremayne |Gilles Vincent |Éric Corbeyran |Fabien Nury |Laurent Bettoni |Sylvie Deshors |Renaud Marhic |Jean-Pierre Bathany |Bernard Enjolras |Patricia McDonald

  • 03/05 Prix littéraire: Sélection 2013 des Ancres noires
  • 15/01 Prix littéraire: Prix Virtuel du polar 2012 - suite
  • 06/01 Prix littéraire: Prix Virtuel du polar 2012
  • 22/11 Prix littéraire: Sélection Olives noires 2012
  • 25/07 Prix littéraire: Sélection Interpol'art 2012

Mémoires de la guerre d'Algérie

Polyarthrite rhumatoïde sévère... Pas facile de manier un flingue avec ces gibbosités. Heureusement, la cible n'est pas mieux lotie. Des vieux donc. Qui s'entretuent. Un Jour de colère. Tandis qu'à l'autre bout de la chaîne humaine, Séverine, treize ans, réalise ce que la mort a de définitif : son copain Mathieu vient d'être fauché, en scooter. Un accident. L'enquête a mis en cause le chauffeur tout désigné de la camionnette qui l'a renversé. Mais ce dernier prétend qu'il a été poussé à cet écart par le déboîtement fautif d'une mystérieuse petite voiture blanche que les témoins directs n'ont pas vue. Séverine demande à son flic de père de pousser l'enquête. Voilà donc Sebag projeté au milieu des pleurs, des bouffées déchirantes des familles, promettant à sa fille de jeter un œil sur cet accident de scooter. Sebag, un flic de la vieille école, cherchant sur le terrain les indices. Flairant, observant, touchant, relevant. Sa routine. Sebag, modeste dans ses ambitions, mais opiniâtre. Penché au dessus de l'autre victime, dubitatif. Un homme de soixante-dix-huit ans. Né à Alger en 1934. Avec sur la porte de son appartement, trois lettres jetées avec hargne : OAS. La guerre d'Algérie s'invite, au moment du cinquantième anniversaire de sa fin, bousculant l'intrigue d'un coup. Sebag enquête dans cette France qui persiste et signe ses vieilles rancœurs. Celles des rapatriés d'Algérie. Amers, toujours, clivés, toujours. Flash back. Alger, novembre 1961. Une ondine. Les commandos de l'OAS roulent vers ce cercle d'enfer qu'ils ont fini par tracer autour d'eux. Avec les gamins des rues d'Alger pour victimes collatérales. La guerre sauvage. L'OAS frappe, laisse à terre des femmes et des enfants. Et côté FLN, les représailles ne sont pas moins horribles. Sebag enquête donc sur ces anciens d'Algérie dont les plaies ne se sont pas refermées. Il prend note de l'existence d'un commando Babelo, dans les années 1950, auquel les victimes appartenaient. Toutes de l'OAS donc. Un règlement de compte ? Cinquante ans après ? Plausible, tant cette mémoire interdite de l'Algérie est vivace. Entretenue par la lâcheté de l'État français qui ne sait mettre fin aux rancunes, avouer ses fautes, comme ce bombardement au mortier d'un quartier musulman, le 25 mars 1962. Femmes et enfants déchiquetés. Des raisons à foison de vouloir venger les crimes de cette sale guerre. Sans doute, mais en tuant, cinquante ans plus tard ? Les indices s'accumulent. Sebag fouille, furète dans les cercles des combattants de l'OAS, interroge, nous précipite dans une France dont les plaies sont béantes. Tant au niveau des individus que des collectivités, qui dressent ici et là les monuments de la discorde. Stèle à la mémoire des combattants de l'Algérie française, mur des disparus, musée de la présence française en Algérie…

Sebag enquête et Philippe Georget nous livre au passage de magnifiques pages sur l'Algérie, saisie autant dans ses convulsions que dans l'époustouflante beauté de ses paysages, de ses populations. Sans complaisance, feuilletant un livre dont on n'a toujours pas posé le point final, l'ouvrant aux Pieds-Noirs qui ne peuvent pas ne pas souffrir encore et s'en expliquent pour confier à la fiction leur impossible identité martyre. Sans complaisance pour les commandos Delta ou ces barbouzes que la République crut bon d'envoyer pour les combattre en usant des mêmes méthodes crapuleuses. De vieux comptes jamais réglés donc, et qui ne cessent de fomenter leurs dommages collatéraux. L'Algérie ? Une guerre qui n'est pas finie. Qui est donc le tueur à la petite voiture blanche ? Mais cela a-t-il encore de l'importance, quand l'Histoire refuse de se clore autrement qu'en pelletant de nouvelles victimes ? Une histoire de trahison au final. Symboliquement, d'abord celle d'un État qui n'a cessé de trahir en s'enferrant dans le bourbier algérien dont il n'est jamais ressorti. C'est cela, la grande leçon du roman que Philippe Georget a pris le temps de poser. Un roman résolu, superbement mené. Un roman installé dans l'espace de vies routinières, lessivées au bout du compte. Et c'est ce qui frappe d'abord dans ce roman : l'absence de souffle de l'Histoire. Les couples y ont vieilli, s'aiment encore, mais l'élan n'y est plus. On sent monter partout une profonde lassitude. En Sebag d'abord, admirable personnage ébranlé par le renoncement. Il y a un peu du Gilles de Drieu la Rochelle dans ce personnage, feu follet tout en solitude et méditation circonspecte. Taraudé par un drame intérieur qui ne peut éclore. Et qui ne sait comment faire face à ce qu'il y a d'impitoyable dans la vie, quand justement, l'impitoyable est que rien n'y fasse vraiment jour. Et Sebag de réaliser, lui qui n'a qu'un amour dans sa vie, qu'il faut bien que cet amour soit grand...


On en parle : Carnet de la Noir'Rôde n°46

Nominations :
Olives noires 2012
Prix Virtuel du Polar 2012
Lion noir 2013
Prix des lecteurs Ancres noires 2013
Prix Interpol'Art "Roman" 2012

Citation

Le Pied-Noir porte en lui une blessure profonde et douloureuse qui est à la fois sa force, sa croix et son âme.

Rédacteur: Joël Jégouzo lundi 09 décembre 2013
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