Un léger bruit dans le moteur

Une cliente examinait un lot de robes suspendues à un portant. La cinquantaine, archétype de la grande bourgeoise persuadée de faire partie d'une élite, et qui n'avait que deux buts dans la vie, dépenser son fric et repousser l'inéluctable travail du temps sur son corps jusqu'aux frontières du possible. Malgré sa robe à mille boules, ses crèmes, son régime vegan, son aqua-gym et ses injections régulières de botox, la sénescence poursuivait son œuvre. Des ridules persistaient au coin des lèvres et aux plis de ses yeux, ses cheveux perdaient de leur éclat, sa peau tirait vers le bas, et ses yeux, jadis en amande, n'étaient plus que deux fentes rougies par la fatigue. Mais pas question de lâcher prise, de s'avouer vaincue, elle s'accrochait.
Philippe Hauret - Je suis un guépard
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Mordew
Avec Alex Pheby et son roman Mordew, nous sommes dans un univers particulier avec un monde médiéval à ce ...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

dimanche 27 novembre

Contenu

Roman - Noir

Un léger bruit dans le moteur

Tueur en série MAJ vendredi 13 juillet 2012

Note accordée au livre: 3 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 7 €

Jean-Luc Luciani
Marseille : L'Écailler, mai 2012
80 p. ; 17 x 11 cm
ISBN 978-2-36476-013-4
Coll. "Le Petit écailler"

Murder Ballad

Dans "The Curse of Millhaven, sur l'excellent album Murder Ballads, Nick Cave chante l'histoire très romanesque d'une charmante jeune fille occupée à massacrer tous les habitants de sa petite ville. C'est un peu ce à quoi fait penser ce court roman ou longue nouvelle de Jean-Luc Luciani, se déroulant dans ce quart monde à la Erskine Caldwell qu'adorent les salonnards, du moment qu'il est (très) loin. L'auteur ne situe pas vraiment l'action de son texte, ce qui permet de penser qu'il s'agit autant d'un cauchemar gothique que d'une réalité. Le narrateur a-t-il vraiment commis toutes ces horreurs ? Car rien n'explique pourquoi cet "enfant qui tue les gens" s'évertue à assassiner son prochain dans ce village isolé où rien se passe d'intéressant. Est-ce simplement un jeu pervers qu'il nous décrit ? À chacun de se faire son idée. C'est aussi l'occasion de dresser une galerie de monstres ordinaires grotesques au sens premier, prompt à faire ressortir ce qu'il y a de pire en l'être humain. Il n'y aurait là que du classique s'il n'y avait cette écriture simple, acide et d'une efficacité rare, qui fait que ce petit texte se lit en apnée jusqu'à une conclusion certes courue, mais d'une logique implacable. Un exercice de style qui réussit à dépasser le simple exercice, ce n'est pas courant... Un auteur à suivre de près !

Nominations :
Prix marseillais du polar 2013

Citation

Je ne tue jamais le dimanche. Le dimanche, c'est le jour où l'on prie le Dieu de nous tous, alors c'est péché de taper avec les pierres sur la tête des autres enfants.

Rédacteur: Thomas Bauduret vendredi 13 juillet 2012
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page