Je pars demain pour une destination inconnue

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Roman - Noir

Je pars demain pour une destination inconnue

Historique MAJ mercredi 05 septembre 2012

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19,94 €

Maud Tabachnik
Paris : Archipel, septembre 2012
300 p. ; 24 x 16 cm
ISBN 978-2-8098-0770-7
Coll. "Cœur noir"

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    Les éditions de L'Archipel aiment le thriller. Elles publient ainsi annuellement des auteurs à succès parmi lesquels on ne peut s'empêcher de citer James Patterson. Aussi est-il surprenant d'apprendre qu'elles se lancent dans le roman social historique en créant à la rentrée la collection "Cœur noir" sous la direction de Noël Simsolo en mêlant événements historiques du XXe siècle et fiction. Cela n'est pas sans rappeler d'ailleurs la collection "Polarchive" initiée par Gérard Streiff aux éditions Baleine au début des années 2000. Actualité oblige, c'est François Thomazeau qui sort la plume le premier avec Les Anneaux de la honte le 29 août. Il revient sur un événement qui a récemment inspiré Philip Kerr dans Hôtel Adlon, les jeux Olympiques de 1936 à Berlin en plein IIIe Reich. Il sera très vite suivi le 5 septembre par Maud Tabachnik avec Je pars demain pour une destination inconnue, qui tentera d'interpeller le lecteur sur le périple de l'Exodus en 1947. Quatre titres sont d'ores et déjà prévus en 2013 avec des auteurs et des sujets de qualité : Didier Daeninckx (la Corse en 1941), Noël Simsolo (Paris en 1944), Roger Facon (le suicide de Roger Salengro) et Michel Quint (la mort de Guillaume Apollinaire). on remarque que tous ces auteurs sont des habitués de la littérature noire et sociale. Qu'ils sont marqués par l'emprise de la mémoire. Heureusement cependant que Roger Facon et Michel Quint s'écartent des sentiers moult fois battus de la Seconde Guerre mondiale et ses conséquences. En attendant, la naissance d'une collection est une bonne nouvelle. Bien meilleure que celle d'un autodafé...
    Liens : Hôtel Adlon |Les Anneaux de la honte |Philip Kerr |Didier Daeninckx |Roger Facon |Michel Quint |Maud Tabachnik |James Patterson |François Thomazeau |Gérard Streiff

Terre promise, terre dûe

Les romanciers ont parfois des idées étranges. L'odyssée de l'Exodus, un bateau rempli de juifs, pour la plupart anciens déportés, qui essaye de gagner la Palestine a déjà été racontée dans des versions romancées, historiques et cinématographiques. Ce qui devient important dans ce travail, déjà largement balisé, c'est donc l'angle d'attaque que peut utiliser un auteur qui est important. Maud Tabachnik, avec Je pars demain pour une destination inconnue, va donc se concentrer sur différents aspects. Elle embarque son action sur l'avant et l'après (évitant ainsi les grandes scènes de pathos du voyage-même). Elle démonte avec soin les efforts de l'autorité juive naissante pour préparer et équiper le bateau, pour lutter contre des arabes et des voyous qui essayent d'empêcher le départ. Puis elle développe tout le retour lorsque l'émigration aura échoué. Elle ajoute un agent secret anglais et des rencontres politiques (le cabinet anglais, les ministres français, une réunion à l'Onu), qui lui permettent de mieux présenter les enjeux autres que ceux des humains embarqués dans cette galère. Enfin, elle incarne son histoire en des personnages emblématiques mais caricaturaux (une jeune juive courageuse, un espion qui doute, un arabe fourbe, des truands mesquins). Les truands qui interviennent apparaissent également comme des anciens collaborateurs ce qui montre les limites et peut-être l'éventuelle polémique qui pourrait surgir : les traits sont très marqués et de nombreuses fois l'auteur esquisse un parallèle entre la politique coloniale anglaise et le sort des juifs sous le Troisième Reich, ajoutant même que la répression qui s'abat sur eux est souvent le fait de gens avec lesquels ils luttèrent contre les armées allemandes. De même, les arabes ou Palestiniens apparaissant sous des jours peu sympathiques (y compris à l'Onu où ils refusent de saluer les juifs qui leur tendent la main). Ce parti-pris assumé de manière consciente revient donc avec force sur un épisode connu de l'immédiate après-guerre en lui donnant de la vie et du relief, en lui offrant à travers une intrigue romancée centrée en grande partie sur la France et sur des personnages romantiques et idéalistes, une chance de rencontrer un public peu féru au courant des subtilités de l'histoire contemporaine, et peu farouche vis-à-vis de la subjectivité d'un premier récit dans une collection qui voulait s'appuyer sur une certaine véracité.

Citation

Où va-t-on les parquer, ceux là qui portent encore dans leur chair les barbelés des camps nazis ?

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 23 juillet 2012
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