Mauvaises fréquentations

Un nouveau condamné est allongé sur le ventre, les mains et les pieds liés. Il présente des marques de piqûres dans le dos. Il se tord de douleur et semble supplier d'être achevé. Si seulement l'infiltré avait le pouvoir de mettre fin à son agonie comme à celle des autres, il le ferait sans hésiter. À leur place, c'est ce qu'il voudrait.
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mardi 06 juin

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Roman - Thriller

Mauvaises fréquentations

MAJ mercredi 31 octobre 2012

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 0 €

Marcia Clark
Guilt by association - 2011
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Guillaume Marlière
Paris : Albin Michel, octobre 2012
434 p. ; 23 x 15 cm
ISBN 978-2-226-24132-0
Coll. "Spécial suspense"

Mauvais stéréotypes

Marcia Clark, procureure aux USA, nous entraine avec Mauvaises fréquentations dans son univers. Habituée aux affaires criminelles, maitrisant parfaitement les prétoires et procédures, elle réinvestit son expérience dans un thriller qui jette le doute sur l'honnêteté et les méthodes de la justice américaine. Mais si la plongée dans le quotidien des tribunaux et commissariats est convaincante, on ne peut en dire autant de son intrigue.

Rachel Knight est une jeune procureure bien dans ses talons aiguilles et son environnement professionnel, et qui, malgré le sérieux de son métier, a des allures d'héroïne de chick lit. De la garde robe fournie et ajustée aux légumes bouillis, elle jongle entre un emploi du temps surchargé et des soirées entre filles arrosées, le tout sur fond de vie amoureuse en berne. Ses collègues sont également ses meilleures amies, et puisqu'elle n'a pas le temps de sortir, c'est dans leur environnement professionnel qu'elle y fait ses rencontres amoureuses. Mais où est le thriller vous demandez-vous ? Il y a en effet de quoi se poser la question.
Les deux affaires sur lesquelles travaille Rachel passent en effet au second plan. Ce sont pourtant d'authentiques drames : le viol dans sa propre chambre de la jeune Susan, fille d'un riche médecin qui a l'oreille du supérieur de la jeune femme, amplifiant l'urgence de résoudre le cas ; et la mort de Jake, collègue et ami, retrouvé mort dans une sordide chambre de motel avec un jeune homme mineur, connu des services de police pour prostitution, et qu'elle souhaite laver des soupçons de pédophilie et de corruption qui émergent de l'enquête. Deux affaires qui n'ont rien de bien original mais qui auraient pu fonctionner s'il n'y avait ces constantes références au régime alimentaire de Rachel, à ses préoccupations vestimentaires ou encore à ses aventures amoureuses et à celles de Toni et Bailey, amies et collègues avec lesquelles elle boit un verre tous les soirs pour oublier la journée... et ce qu'augure lendemain. Stéréotype quand tu nous tiens... Ajoutons à cela que Rachel est profondément marquée par la disparition de sa sœur alors qu'elles étaient enfants, disparition dont elle se sent responsable et pour laquelle elle continue de voir un psychologue, et nous tombons définitivement dans le lieu commun.

Le suspense insoutenable annoncé en quatrième de couverture est inefficace, le sens de l'humour présenté comme la valeur ajoutée de l'écriture de l'auteure est peu cohérent avec l'étiquette "thriller" revendiquée. Le mélange des genres ne fonctionne pas et entraine des décalages désagréables entre situations dramatiques ou angoissantes, et propos et préoccupations stéréotypées des personnages. Marcia Clark semble ne pas avoir pu choisir entre différents genres littéraires pour écrire une intrigue croisées mille fois - et c'est bien dommage.

Citation

J'avais des envies simples : le violeur de Susan derrière les barreaux, un suspect pour le meurtre de Jake et Kit, et une bonne douche. Pour le moment, j'allais devoir me contenter de la dernière.

Rédacteur: Catherine Thiéry samedi 27 octobre 2012
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