Les Grandes affaires criminelles élucidées par la police scientifique

Au moment de l'accident, la gourde de plastique était remplie de Fanta orange. Le Commis reçut une giclée sucrée en plein visage, sans que l'on puisse dire si cela avait adouci son agonie, au demeurant fort brève.
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Essai - Policier

Les Grandes affaires criminelles élucidées par la police scientifique

Médical - Procédure - Scientifique MAJ mercredi 20 mars 2013

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 28 €

David Owen
Hidden Evidence, Fifty True Crimes And How Forensic Science Helped Solve Them - 2009
Préface de Kathy Reichs
Thomas Noguchi (avant-propos)
Traduit de l'anglais par Chantal Mitjaville
Dinan : Terre de brume, février 2013
288 p. ; illustrations en couleur ; 26 x 18 cm
ISBN 978-2-35530-158-2

Résidus de l'instant criminel

Étrange que ce beau livre de vulgarisation de médecine légale, à la couverture semi-rigide à rabats, soit publié dans une sous-collection de De Borée entre "La Pêche de papa, Soupes et Potages, et une centaine d'autres titres sur les animaux familiers, les voitures de collections, ou le jardinage. Cette somme est due à David Owen, "diplômé en ingénierie, qui a délaissé l'industrie aéronautique pour se consacrer à l'écriture et au journalisme scientifique". Un peu effaré devant la liste de ses éditions sur les plate-formes comme Amazon, le lecteur se rend compte que l'auteur a de nombreux homonymes tous plus spécialisés les uns que les autres et dont les titres se mélangent joyeusement dans une sorte d'universalité du savoir. Pourtant, à force de recoupement, on se rend compte que le David Owen qui nous intéresse est un redoutable vulgarisateur scientifique à la palette criminelle très large couvrant non seulement l'expertise médico-légale mais aussi l'espionnage (Espions : les grandes affaires et les méthodes des professionnels,Acropole, 2008), l'escroquerie (Comprendre les cinquante plus grandes escroqueries - dont l'affaire Strauss Kahn ! aux éditions Contre-Dires en 2012), les accidents d'avions et de sous-marins ainsi que la désinformation militaire et l'étude des grandes batailles. Ouf ! Reste à savoir si l'expert en Alfa Roméo et Ferrari est notre homme. David Owen est, de plus, un remarquable commercial. Notre Britannique qui travaille aussi pour la BBC et les plus grands journaux, publie aux USA et au Canada ses ouvrages sous des titres différents. De plus, il les réactualise. Ainsi, celui que publie Terres éditions est-il une nouvelle version d'un titre paru en 2002 qui ne contenait que quarante affaires. Bien vu : la médecine légale étant en perpétuelle évolution, ce genre d'ouvrage n'est jamais dépassé puisqu'il repose sur l'histoire de cette science. David Owen cosigne aussi d'autres ouvrages. Dunod a fait paraître La Police mène l'enquête, 50 crimes élucidés par la science écrit en collaboration avec Steven A. Koehler et Peter Moore.
Beaucoup de cas sont les mêmes dans les deux livres, et ils illustrent forcément les mêmes chapitres. Si le titre de Dunod apparaît plus rigoureux avec ses chapitres calibrés et ses interviews de spécialistes, celui de Terres éditions est plus exhaustif quant aux examens. Ainsi, au chapitre "Poisons", l'auteur ne se contente-t-il pas de détailler la nature et les effets des habituels arsenic, aconitine, atropine, strychnine, thallium, antimoine, cyanure, amanite phalloïde et ricine (seul cas d'empoisonnement recensé : celui du dissident bulgare Georgi Markov), il ajoute les drogues et hallucinogènes (opium-laudanum, hyoscine, morphine, héroïne, codéine, propoxyphène, méthadone), les dépresseurs (phénobarbital, sécobarbital, pentobarbital, amobarbital, chlorpromazine et autres substances chimiques contenues dans les colles ou les laques), les stimulants (cocaïne, amphétamines, crack) et les hallucinogènes (alcool, marijuana et son concentré le haschich avec son ingrédient actif le THC ou tétrahydrocannabinol, les drogues de synthèse comme le LSD, le PCP, la MDMA dite Ecstasy).
Les fiches de cas célèbres anglo-saxons qui suivent sont aussi présentes dans le livre de Dunod : l'Australienne Caroline Grills (soixante-trois ans) qui empoisonna au thallium dans les années 1940 plusieurs membres de sa famille ; le docteur Crippen qui utilisa l'hyoscine sur sa femme avant de s'enfuir en bateau avec sa maîtresse en 1910, et un autre dentiste chic, le docteur Warren qui empoisonna, en 1916, sa belle-mère avec des germes de diphtérie, puis son beau-père avec un spray nasal bourré de germes de tuberculose et d'arsenic pour faire bonne mesure.
Après les "Poisons", les chapitres "Couteaux et instruments contondants", "Strangulation et suffocation", "Noyade et brûlure", "Armes à feu", "Incendies et explosifs" constituent la partie Armes des criminels. Celle qui suit : Démasquer le criminel fait la part belle aux expertises et là, David Owen nous fait prendre conscience que la trace n'est pas seulement l'empreinte digitale ou le sang mais aussi la fibre, la graine, la terre, la larve, l'empreinte de pas, de voix, et toutes les micro-traces comme les peintures de voiture, le ticket ou l'écriture.
Au final, voilà un tour d'horizon en plan large, très bien illustré par des documents avec cinquante cas époustouflants décrits un peu sèchement car toujours dans l'axe de l'expertise. Il s'achève sur l'ADN et sa fantastique capacité à défier le temps et donc les générations car on peut désormais identifier un assassin par le patrimoine génétique de ses parents ou descendants.
Après tout ça, on se demande comment on peut encore décemment penser à assassiner quelqu'un.

Citation

Dans la ferme du serial-killer Robert Pickton qui tua probablement une cinquantaine de femmes et les fit manger par ses porcs 'les recherches se poursuivirent durant près de deux ans, jusqu'à la découverte d'un demi-million de fragments, constituant autant de preuves potentielles.'

Rédacteur: Michel Amelin vendredi 15 mars 2013
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