Ton avant-dernier nom de guerre

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Roman - Noir

Ton avant-dernier nom de guerre

Politique - Complot MAJ mercredi 01 octobre 2014

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 7,65 €

Raúl Argemí
Penúltimo nombre de guerra - 2004
Traduit de l'espagnol (Argentine) par Alexandra Carrasco-Rahal
Paris : Rivages, octobre 2013
158 p. ; 17 x 11 cm
ISBN 978-2-7436-2630-3
Coll. "Noir", 929

Histoires d'hôpital

Raul Argemí est un romancier talentueux argentin à l'aise dans la concision à l'heure où certains auteurs bien moins talentueux tentent vainement de cacher un artisanat besogneux derrière des centaines de pages pour narrer une intrigue bancale. Pourtant, l'intrigue de ce roman est fouillée, les ramifications nombreuses et le regard sur l'héritage de la dictature sur la société de son pays est froid. À la décharge des autres auteurs, et pour abonder dans le sens de Jean-Pierre Mocky, il faut souffrir pour être talentueux. Le terreau de la dictature argentine s'y prête, et ce huis-clos proposé dans une chambre d'hôpital est terrible. Dans cette chambre sont réunis deux accidentés de la route, le journaliste Manuel Carraspique et Marquez, un indien Mapuche, qui ne vont pas se quitter pendant un peu plus de cent cinquante pages. Le premier a perdu un pan de sa mémoire alors que le deuxième délire la nuit derrière un paravent qui en dit long sur son état de santé. Mais le plus surprenant reste la visite quotidienne de policiers. Carraspique, piqué au vif par les délires de son voisin de chambre, commence à (re)découvrir l'histoire du Caméléon, un sinistre homme capable de multiplier les identités et surtout de commettre les pires exactions. Un homme qui dans les derniers jours d'une dictature acculée a férocement tué pour s'en sortir indemne - y compris ses plus proches collaborateurs. Raul Argemí propose alors dans ce court roman où les récits s'enchevêtrent et où la vérité tout le temps se déforme une course contre la mort à la recherche de cette vérité qui se concentre dans un univers aseptisé foulé par des bottes noires. Le tout sans haine, avec la précision d'un chirurgien maniant son scalpel (normal) mais sans aucune anesthésie, coupant et recoupant dans la peau d'un passé qui ne peut se décider à cicatriser.

Citation

Le policier s'est approché un instant de mon lit et a scruté d'un œil froid ce qui restait de mon visage, tel le Huron choisissant sa victime.

Rédacteur: Julien Védrenne mercredi 11 décembre 2013
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