Tapis rouge

Une cliente examinait un lot de robes suspendues à un portant. La cinquantaine, archétype de la grande bourgeoise persuadée de faire partie d'une élite, et qui n'avait que deux buts dans la vie, dépenser son fric et repousser l'inéluctable travail du temps sur son corps jusqu'aux frontières du possible. Malgré sa robe à mille boules, ses crèmes, son régime vegan, son aqua-gym et ses injections régulières de botox, la sénescence poursuivait son œuvre. Des ridules persistaient au coin des lèvres et aux plis de ses yeux, ses cheveux perdaient de leur éclat, sa peau tirait vers le bas, et ses yeux, jadis en amande, n'étaient plus que deux fentes rougies par la fatigue. Mais pas question de lâcher prise, de s'avouer vaincue, elle s'accrochait.
Philippe Hauret - Je suis un guépard
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Aucune terre n'est promise
Écrivain de polar et de fantasy ayant connu un succès modéré, Lior Tirosh fuit les ruines de son mariage ...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

mercredi 12 mai

Contenu

Roman - Thriller

Tapis rouge

Tueur en série - Artistique MAJ mercredi 26 février 2014

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22 €

James Patterson & Marshall Karp
NYPD Red - 2012
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Philippine Voltarino
Paris : Archipel, janvier 2014
332 p. ; 24 x 16 cm
ISBN 978-2-8098-1375-3
Coll. "Suspense"

Écran noir et nuits blanches

On l'a déjà dit, James Patterson est un peu le Mickey Spillane d'aujourd'hui : un auteur médiocre qui a su toucher une fibre du zeitgeist pour arriver à des sommets auxquels peuvent juste rêver d'autres plus doués (encore que, dans le cas de James Patterson, il s'agisse de marketing ciblé plus que d'autre chose). Si les produits Patterson, James constituent un genre en eux-mêmes au point qu'on ne peut les comparer qu'aux autres produits James, Patterson (ce qui explique que ce soit toujours votre humble chroniqueur polaromane qui s'y colle pour la plus grande gloire de k-libre, bien fait, il ne fallait pas mettre le doigt dans l'engrenage), ce nouveau roman est nettement dans le haut du pavé. On y retrouve donc la marque de fabrique faite de chapitres courts et de mélange de première et troisième personne avec évacuation de tout ce qui ressemble de près ou de loin à la littérature (oui, comme à l'époque de Black Mask). Les dialogues sont omniprésents pour plaire aux lecteurs formatés par les mauvaises séries TV et s'y ajoute un zeste de romance pour conquérir le public féminin. Mais là, est-ce la faute du co-auteur Marshall Karp, l'ensemble fonctionne mieux qu'à l'habitude. Il faut dire que les milieux du cinéma sont propices à la satire, et à travers ce récit de vengeance d'un éternel figurant tournant "son " film avec des morts bien réelles (ce qui, on en conviendra, n'est pas d'une originalité folle), le Septième Art en prend pour son grade, respectant les clichés de réalisateurs cocaïnés, de producteurs véreux et d'acteurs divas, mais avec quelques détails véristes qui offrent une valeur ajoutée inattendue. L'histoire avance à toute allure malgré quelques redondances et un ton plus décontracté qu'à l'habitude jusqu'à l'inévitable grande scène finale. Pas de doutes, en présumant que le lecteur curieux ou passager sache ce qu'il vient y trouver, le contrat est tenu : ça se lit sans déplaisir au hasard d'un voyage en train, et s'abandonne sans remords dans le soufflet une fois arrivé. Pas plus, mais pas moins non plus...

Citation

Lucy n'était pourtant pas la dernière des connes. Quatre années d'affilée parmi les meilleurs éléments de l'Université de Californie du Sud. Mais à ce point obsédée par les horoscopes, les potins d'Hollywood, le chat sur Internet et autres débilités que son cerveau préfère rester sur pause.

Rédacteur: Thomas Bauduret mercredi 26 février 2014
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page