Les Nuits de San Francisco

Un siècle plus tôt, des kilomètres de canaux serpentaient entre les rues de Venice, creusés par le magnat du tabac Abbot Kinney pour rappeler la célèbre ville italienne. À présent, les canaux où des gondoliers promenaient autrefois les habitants étaient comblés et bordés de salles de sport dopées aux stéroïdes, de stands graillonneux et de boutiques de T-shirt branchés.
Dustin Thomason - 12.21
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Roman - Noir

Les Nuits de San Francisco

Road Movie - Drogue - Urbain MAJ mercredi 15 février 2023

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 10 €

Caryl Férey
Paris : Arthaud, mai 2014
120 p. ; 18 x 13 cm
ISBN 978-2-08-132475-6
Coll. "Les Nuits"

Western nocturne

À San Francisco la nuit appartient aux épaves de la vie, et plus particulièrement à Sam et à Jane. Leurs trajectoires opposées vont pourtant se réunir et sous la plume de Caryl Férey s'associer en une apothéose explosive. Lui est un Indien Lakota sans domicile fixe, qui fait des petits boulots quand il ne boit pas, et qui cause souvent à son meilleur ami : lui-même. Le tout en rêvant à un passé ancestral et à des lendemains qui chantent. Elle, c'est une survivante malgré elle qui a tout perdu lors d'un accident et dont le moindre mal est une jambe coupée, témoin inoubliable d'un acte inoubliable. Alors elle erre dans les rues de San Francisco et se drogue parce qu'elle ne sait pas faire autrement. C'est cette histoire à deux voix qui peu à peu se dessine et se complète que Caryl Férey d'une écriture quelque peu atone, nous raconte. Il y a certes beaucoup de pathos, mais l'auteur s'ingénie à montrer deux épaves ordinaires, sans que ce terme soit dépravant. Il n'est pas question d'amour, encore moins de sexe, mais de destins qui vont se confronter et se subir. Peut-être y a-t-il un fond de mensonge chez Jane puisqu'elle va embarquer Sam malgré elle dans son délire salvateur. Peut-être y a-t-il un accord tacite chez Sam puisqu'il semble parfaitement comprendre le désespoir morbide et mortifère de quelqu'une à qui on ne peut plus rien retirer. Toujours est-il que Caryl Férey propose deux personnages finement peints issus de générations disparates dont l'une est originaire du continent et l'autre l'a un peu trop rapidement absorbé. Une nuit américaine, une histoire avec fin : une diapositive en noir et blanc d'un cauchemar sans climatiseur (relisez Henri Miller) faite d'images dans un style métaphorique.

Citation

Ce n'était pas un violeur en maraude mais un sans-abri à la peau cuivrée vêtu de guenilles, portant un sac de toile élimée à l'épaule. Il avança jusqu'à elle, pataud, visiblement intimidé.

Rédacteur: Julien Védrenne mardi 05 août 2014
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