Les Grandes affaires criminelles de Lorraine

Darkus regarda son assiette, troublé. Après le tourbillon d'événements qu'avait représenté leur première aventure, il avait bêtement cru que son père avait fini par le considérer comme un partenaire à égalité, digne de confiance et sur lequel il pouvait compter. Mais en réalité, le monde était retourné en arrière, remontant le temps jusqu'aux jours sombres où son père le considérait tout au plus comme un objet de curiosité.
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Essai - Policier

Les Grandes affaires criminelles de Lorraine

Assassinat - Faits divers MAJ mercredi 03 décembre 2014

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 26 €

Arnaud Vauthier, Emmanuelle de Rosa, Frédérique Volot, Alain Fisnot & François Moulin
Riom : De Borée, novembre 2014
440 p. ; 25 x 17 cm
ISBN 978-2-8129-1313-6
Coll. "Histoire et documents"

Croix de Lorraine

Grâce soit rendue aux banques, leurs livrets et leurs compte-chèques : la vie de bien des veuves et autres vieux paysans aura été épargnée. Car, à la lecture des anciens faits divers, on ne peut être qu'horrifié par les malandrins rôdant dans les hameaux, coupant les gorges pour trouver les planques des pauvres économies. Ainsi en est-il de Jean Dauga, dit "l'homme à la pèlerine", exécuté en 1890 pour une bonne demi-douzaine de meurtres. Il en est de même avec le jeune "monstre nommé Leclerc" décapité en 1903 ou avec Émile Thouvenin en 1908. Parfois, c'est le parricide. Émile Chartier ne se contente pas de tuer son père, sa belle-mère et son jeune beau-frère, il les coupe en morceaux pour les faire mieux brûler dans son four à pain, tandis qu'André V. perpétue l'histoire en 1969 en assassinant sa mère puis son père qui voulaient qu'il "régularise" sa situation de géniteur d'un bébé à venir alors qu'il aimait une autre fille.
Les viols sont nombreux et tragiques. L'un des auteurs, Frédéric Volot, en fait d'ailleurs un peu trop : "Il arrache sa culotte avec frénésie, souffle comme une bête en rut et se loge entre les cuisses menues et roses. Il contemple le petit corps nu avec un large rictus de satisfaction, puis il se vautre sur et dans la petite." Suivent moult détails gratuits (forcément crédibles) sur dix-huit lignes finalement très complaisantes. Ainsi Georges Gérard à la petite Hélène après avoir joui : "Hou ! Qu'ça fait du bien ! fanfaronne-t-il, s'essuyant le visage en nage d'un revers de manche. Qu'est-ce que t'en dis, ma jolie ? J'suis sûr qu'ça t'as fait le plus grand bien, rajoute-t-il en ricanant." La novélisation a des limites.
Des détails curieux de certaines affaires retiennent l'attention : l'artificier Salvador, en 1924, qui fait exploser les lieux, à quelques années d'intervalle, pour faire passer ses meurtres pour des accidents ; les résistants qui font l'épuration eux-mêmes à coups de rafales de mitraillette. Quant au viol et meurtre d'une petite fille dans les toilettes d'un cinéma, en 1953, le coupable n'était pas un "arabe", mais le placier ! Pour le classique meurtre du mari, l'amant échoue à faire basculer la Traction dans le vide parce qu'elle pèse une tonne. Détails qui tuent dans la description des aciéries en 1912 au début de l'affaire "du satyre de Pompey" en 1912 par Frédéric Volot : "Combien de pères, de frères, de jeunes mariés, sont tombés dans le métal en fusion ? Pour abréger leurs souffrances, leurs camarades devaient passer outre leurs sentiments et les achever en les enfonçant dans le magma à l'aide d'un ringard, une longue perche munie d'un crochet permettant le brossage du métal à chaud ! C'était la règle. Au final, on rendait un lingot de métal à la veuve, à la mère, à la sœur. Seul souvenir d'un être aimé qui trônait sur la cheminée ou le buffet..."
Trois célèbres grandes affaires émergent de ce tome régional : Jeanne Weber l'Ogresse de la Goutte d'Or, dont les pulsions vont la conduire a étouffer un énième enfant (1908) ; Guy Denoyer, curé d'Uruffe, tombeur de jeunes filles, qui abat, en décembre 1956, celle qui ne voulait pas accoucher sous X, l'éventre, sort son enfant vivant, le baptise, le poignarde dans le cœur et le défigure à coups de couteau. Frédéric Volot signe une épouvantable description de l'assassinat et s'insurge au final de la mansuétude de la peine. Enfin, l'affaire Grégory (1984) est racontée par François Moulin avec un angle très intéressant : celui du procès en 1993 de Jean-Marie Villemin qui a abattu son cousin Bernard Laroche qu'il accusait d'être le corbeau et l'assassin de son fils.

Citation

Même les fossoyeurs sont chavirés face à tant de douleur.

Rédacteur: Michel Amelin mercredi 03 décembre 2014
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