Nuuk

Étrange société que celle où l'on rejette la notion d'intimité, de vie privée, de solitude. De déroutante manière, les gens en venaient à payer pour fliquer ou être fliqués, dans chaque aspect, à chaque seconde de leur vie. Nul besoin d'un pouvoir coercitif pour l'imposer. Tous le réclamaient, le mettaient en place. Aucune civilisation antérieure n'était parvenue à ce résultat sans provoquer de puissants mouvements de rejet, de résistance ou de rébellion.
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Contenu

Roman - Policier

Nuuk

Ethnologique - Tueur en série - Insulaire MAJ samedi 30 mai 2020

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20,9 €

Mo Malo
Paris : La Martinière, mai 2020
404 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-7324-9223-0

Des mythes anciens aux tueurs modernes

Voici donc la nouvelle aventure de Qaanaaq Adriensen, un policier atypique, dans un environnement particulier. En effet, ce policier est chargé de s'occuper des enquêtes au Groenland, terre difficile pour les hommes, et où les traditions locales oscillent avec les nouveaux comportements de la jeunesse. Suite à un problème avec sa hiérarchie, le policier doit à la fois suivre une thérapie, faire le tour des différents postes de police de l'île pour renouer avec l'ensemble des policiers, et éviter de conduire des enquêtes. Cela s'avère difficile pour lui d'autant plus qu'un mystérieux tueur vient de lui envoyer la main d'une victime et qu'il entame dans la foulée un jeu effrayant avec lui en s'inspirant d'un roman écrit par le père adoptif du dit Qaanaaq.
Troisième volet axé autour de son enquêteur et concocté par le romancier français Mo Malo, Nuuk zigzague entre une certaine routine classique des séries avec des personnages bien ancrés et qui se comportent un peu comme on les attend, ce qui en fait un charme, d'ailleurs, et des éléments plus novateurs. C'est tout d'abord l'utilisation des décors et des mentalités locales qui donnent un cadre intéressant (on apprend des choses sur cette région étrange, que l'on pourrait croire entrée dans le monde occidental et qui reste encore largement à part, ne serait-ce qu'à cause d'une minorité Inuit en décalage tel avec la civilisation moderne que ses membres vivent souvent hors de leur famille, dans des centres spécialisés ou se suicident beaucoup, sans doute à la manière dont survivent les Indiens américains dans les réserves), et la description de traditions ancestrales et d'aspects mythologiques qui servent ici à expliciter, de manière faussée et détournée, les crimes d'un tueur en série très particulier. L'aspect policier qui permet ces descriptions donne au roman un rythme rapide, une histoire bien menée, centrée sur un policier, qui, comme souvent maintenant, est un bon enquêteur mais toujours aux marges de la légalité, exemple frappant de cette dichotomie, puisqu'il est lui-même un indigène, adopté par des parents danois.

Citation

Si le corps découpé demeurait une énigme, un autre puzzle se recomposait peu à peu. Celui qui avait conduit à l'envoi des divers membres. Au moins la main et le bras. Quant aux viscères...

Rédacteur: Laurent Greusard samedi 30 mai 2020
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