Les Boiteux

Chaque centimètre des murs de la "pièce interdite" était gribouillé, annoté, non par des graffitis, la première interprétation qui lui vint à l'esprit, mais bien par une écriture rédigée à l'encre de chine à en juger par l'amoncellement d'encriers vides qui traînaient un peu partout sur le plancher.
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Contenu

Roman - Policier

Les Boiteux

Infiltration - Urbain - Procédure MAJ vendredi 13 novembre 2020

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

Frédéric L'Homme
Rodez : Le Rouergue, octobre 2020
268 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-8126-2064-5
Coll. "Noir"

Flic ou espion ?

Dans ces années 1980 qui n'ont jamais existé, la police de sûreté et de surveillance, dont les locaux se trouvent boulevard Soult, centre son action sur la lutte antiterroriste et échappe donc aux lois ordinaires comme au regard des juges. Or la guerre couve entre la police judiciaire et le boulevard Soult, ceux que l'on appelle "les boiteux", en défaveur depuis qu'ils ont accordé leur soutien à une tentative de coup d'État. Ce qui ne les empêche pas de toujours sillonner Paris dans leurs Alpines de fonction... La policière Louise est rompue aux manœuvres d'infiltration : sous l'identité de Nadia, elle a vécu plusieurs mois avec l'Union des Combattants Prolétariens, un groupe d'activistes marxistes, opération qui donna lieu à un certain nombre d'arrestations qui ont quelque peu redoré l'image de ces boiteux. Mais à trente-trois ans, elle commence à en avoir assez de cette vie... C'est alors que l'inspecteur Perrin est mis sur l'affaire de deux meurtres d'anciens agents des boiteux, manifestement commis par le même homme. Louise sera officiellement sa subordonnée, mais ses supérieurs lui donnent une mission officieuse : examiner la façon dont Perrin mène l'enquête. En effet, il est soupçonné de saboter l'action des boiteux, lui qui s'avère extrêmement critique envers sa hiérarchie. Est-il possible qu'il soit un sous-marin de la PJ, les renseignant par le biais de ses amis du Quai des Orfèvres ? Et il apparaît vite que le tueur est lui aussi un ancien de la maison...
On retrouve dans ce premier roman certains tropes à la mode : présentation sommaire des protagonistes dans l'action, nombreux personnages secondaires, flou artistique sur la narration aux articulations un peu lâche (en gros, comment on passe du point A au point B). Alors, le syndrome série TV aurait-il encore frappé ? A priori non car l'influence de Frédéric L'Homme serait plutôt à chercher du côté du roman d'espionnage, même si le tout concerne des services de police – car l'élimination des membres d'un réseau par un assassin est aussi un des grands ressorts de l'espionnage. Cette évocation d'une époque qui n'a jamais existé par mille petits détails disséminés dans le récit et d'événements qu'on ne fait qu'évoquer, puisqu'ils font partie du quotidien des personnages, crée cette impression de vertige propre au genre. Du coup, les défauts en deviennent presque des qualités ! N'empêche, un peu plus de clarté n'aurait pas nui à ce premier roman à l'écriture très efficace. Ce sera certainement pour le prochain, puisque la fin semble annoncer une série (prometteuse)...

Citation

Il y avait toujours un ratio à établir, quand les balles commençaient à siffler, entre l'élaboration d'une stratégie et le temps qu'on pouvait se permettre d'y consacrer.

Rédacteur: Thomas Bauduret vendredi 13 novembre 2020
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