Un cri sur le parking

Javek était un type borné qui prétendait vivre ses rêves dans un monde où seul le réalisme pragmatique vous autorise quelque chance de succès. Javek était de la race des dinosaures. Fabien se défendait de le trouver sympathique. Il savait que par un effet miroir Javek lui renvoyait sa propre image : celle de l'obsolescence programmée. Ils étaient tous les deux d'un autre temps, inadaptés, cherchant désespérément à garder leur place dans un monde qui les refusait.
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mercredi 20 octobre

Contenu

Roman - Policier

Un cri sur le parking

Social - Vengeance - Urbain MAJ samedi 19 décembre 2020

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22,7 €

Bernadette Potier
Saint-Maur-des-Fossés : Jets d'encre, décembre 2020
298 p. ; 23 x 16 cm
ISBN 978-2-35523-375-3
Coll. "Polar"

Attention un crime (nouveau) peut en cacher un autre (plus ancien)

Dan Valoni est un jeune policier, qui vit dans une petite ville de province et doit à présent faire ses preuves. Au début de ce premier roman de Bernadette Potier, il est appelé sur les lieux d'un accident : lors d'une manifestation, un toit provisoire s'est écroulé, et le maire a eu le malheur d'être en dessous. Mais l'autopsie révèle qu'il a été empoisonné. Les soupçons peuvent porter sur de nombreuses personnes car en tant que maire il s'est forcément fait des ennemis, et ce d'autant plus qu'il n'était pas toujours honnête. Les choses se compliquent lorsqu'un notable local est lui aussi attaqué, et sa famille menacée, ce qui va pousser le jeune policier à vivre dans leur maison pour les protéger et peut-être aussi les surveiller. Et tout se déglingue encore plus quand une jeune femme disparait et que la bijouterie locale est dévalisée. Le notable en question et le maire semblaient être liés à une vieille histoire dont il ne reste mystérieusement aucune trace y compris dans les archives policières et judiciaires de la ville. Une histoire signalée par le titre du roman de Bernadette Potier : des années plus tôt, un cri sur le parking d'une boîte de nuit a été entendu, une femme criant au viol, et visiblement l'affaire a été étouffée par les notables, la police et la justice locale. Tous les fils de l'histoire vont se dénouer et se recouper, parfois de matière rapide. Au final, tout est résolu de manière satisfaisante, même si l'on peut être surpris par certaines solutions, un peu tirées par les cheveux (la façon dont le fait divers original est traité ou la vision de la province des notables et leur capacité à cacher les choses). L'ensemble, cependant, virevolte entre une intrigue qui ouvre sur une autre, qui décale ensuite, mais tout en revenant ou restant au sein d'une histoire claire et précise, avec des personnages construits de manière intéressante. Sans être un chef d'œuvre impérissable, ce premier roman de facture classique de Bernadette Potier se lit sans déplaisir.

Citation

Elle n'était jamais allé à l'école. Le grand-père Lanvin avait peur de s'attirer des ennuis en inscrivant cette petite fille sortie de nulle part, dont on avait changé le nom. Il estimait que le fait d'avoir accueilli et protégé cette famille était à lui seul un acte de bravoure.

Rédacteur: Laurent Greusard samedi 19 décembre 2020
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